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Saïd Zerouali, une voix de l’espoir et de la
liberté...
Dans le sillage de Walid Mimoun et de Khalid Izri, Saïd Zerouali, jeune
chanteur talentueux d’Aberkan, a suivi la pente ascendante de la chanson
amazighe contestataire. Saïd, 35 ans, vient de sortir son premier album "Mayemmi"
(pourquoi ?) : un hommage à la lutte des Imazighen pour la liberté et la
dignité.

Saïd : "J’avais troqué la radio familiale contre
une guitare !"
L’histoire de Saïd avec la musique remonte à son enfance. Né à Aberkan dans
le Rif, ce jeune troubadour de la chanson amazighe moderne a appris la
musique dans la rue. "Je n’ai pas appris dans un conservatoire, mais en
jouant avec mes amis dans les rues d’Aberkan. On se débrouillait pour faire
les photocopies des notes de musique" disait Saïd. La guitare est
l’instrument le plus fréquent dans cette ville méditerranéenne, comme elle
l’est dans tout le Rif. La posséder était pour Saïd une obsession.
Cet enfant rêveur finit par acquérir sa propre guitare. Il a tout simplement
troqué la radio familiale contre cet instrument magique. Depuis, la guitare
ne l’abandonnera jamais. Cet instrument sera son meilleur compagnon.
Sage révolté
Appelé dans tout le Rif "le chanteur-siffleur", Saïd a réussi au cours des
années à s’imposer sur la scène artistique amazighe par son engagement, sa
persévérance et son travail sérieux. Il participe à la quasi-totalité des
activités culturelles et artistiques organisées à travers Tamazgha
occidentale. Partout où il va, il apporte la bonne parole aux épris de
justice et de liberté. Ses chansons remettent le couteau dans les plaies du
peuple amazigh. Il chante la trahison, Abdelkrim, la femme amazighe et la
souffrance de tout un peuple.
Voix douce, des textes affûtés comme des couteaux, Saïd dresse une
implacable critique de la situation de la langue et de la culture amazighes.
Simples et directes, ses chansons ne s’écartent pas de la revendication
politique. Il n’a pas ménagé ses critiques vis-à-vis des partis politiques
issus du "mouvement national" qu’il accuse de "massacrer" l’identité du
peuple amazigh au nom de l’unité (Une seule langue, une seule religion,...).
"Gan-anegh tacmamt s yisem n lweh’da" (on nous a trahi
au nom de l’unité), chante Saïd. Il fustige également le désespoir des
jeunes (Mayemmi ?) et le regard porté par l’islam sur
les femmes perçues comme des machines à reproduction (Yelli/ma
fille).
Cet album, six titres, fruit de plusieurs années de travail, est un hommage
à la lutte des Imazighen pour la liberté et les droits humains.
Parcours du combattant
Pour sortir son album, Saïd a eu à contacter des éditeurs dans plusieurs
villes du Rif dont Aberkane et Nador. Mais son nouveau style les dissuade.
"Les producteurs favorisent la musique jetable et aiment la musique rythmée
qui les fait danser. Les éditeurs ont peur, ils préfèrent ne pas avoir
affaire à la chanson politisée" affirme Saïd. Cette peur frise parfois le
ridicule. "Dans l’oriental, raconte l’artiste, les éditeurs testent les
échantillons des chansons en dansant. L’éditeur rassemble deux ou trois
personnes, met la cassette en marche et demande leur avis. Si la musique les
fait danser, il la considère valable, sinon il l’a rejette".
Homme libre et déterminé, Saïd refuse de se plier à la bêtise et à la loi
des producteurs. Il prépare déjà un autre album plus élaboré.
A. Yafelman
Source: tamazgha.fr
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