Ahmed Adghirni, avocat à Rabat et secrétaire général du Parti
Démocratique Amazigh du Maroc (PDAM) a été victime le 5 octobre 2006,
d’une grave agression qui a failli lui coûter la vie. Dans l’après-midi de
cette journée, Maitre Adghirni circulait à bord de son véhicule dans les
environs de Rabat, lorsque, aux abords d’une forêt, la voiture qui le
suivait l’a violemment percuté, le propulsant hors de la route, le faisant
tomber dans un précipice. Maitre Adghirni qui par miracle n’a pas été
blessé, est parvenu à s’extraire rapidement de son véhicule et a couru
rejoindre la route afin d’échapper à deux hommes qui s’approchaient de
lui.
Une fois sur la route il retrouve des témoins qui ont
vu la scène et 3 gendarmes. Le plus gradé se met à l’insulter, le traitant
de " chelha " avant d’ordonner aux 2 autres gendarmes de faire un rapport
dans lequel il mentionneraient qu’il ne s’était rien passé. Un 4ème
gendarme d’un grade supérieur arrive ensuite dans une voiture de service
et profère des menaces à l’encontre de Maitre Adghirni, affirmant que même
s’il avait été tué, cela n’aurait eu aucune suite.
Les gendarmes ont ensuite ordonné aux auteurs de
l’agression de rentrer chez eux sans qu’aucun procès verbal concernant
l’accident n’ait été rédigé et ont obligé la victime à payer sur le champ
la somme de 500 DH pour le règlement de la facture de dépannage de son
véhicule.
Maitre Adghirni a ensuite porté plainte auprès du
Procureur général de Rabat et tente de se remettre de ce qu’il considère
comme une véritable tentative de meurtre.
Le Congrès Mondial Amazigh dénonce et condamne avec la
plus grande fermeté ce lâche acte d’agression et exprime à Maitre Adghirni
toute sa sympathie et sa solidarité.
Le CMA a de sérieuses raisons de croire que cet acte
maffieux est en relation directe avec les activités politiques de Maitre
Adghirni, en sa qualité de SG du Parti Démocratique Amazigh, un parti qui
s’installe progressivement dans toutes les régions du Maroc et qui dérange
de plus en plus les tenants de l’ordre établi.
En tout état de cause, le CMA demande instamment aux
autorités marocaines de diligenter une enquête dans les plus brefs délais
afin d’identifier les auteurs de l’attentat et de les faire condamner.
Toute la lumière devra également être faite sur le comportement
inacceptable des gendarmes, coupables non seulement de non-assistance à
personne en danger, mais aussi de traitement dégradant envers un citoyen
et de probable complicité dans l’acte d’agression.
Nous attendons des sanctions rapides et exemplaires
afin que la loi de la force et de la violence ne remplacent jamais le
nécessaire débat d’idées et la liberté d’opinion et d’expression.
Paris, le 8 octobre 2006
Le Bureau du CMA.
Copies adressées à :
- M. le chef du gouvernement marocain
- M. le ministre de la justice
- Aux organes pertinents des Nations Unies
Congrès Mondial Amazigh
BP 124 – 108 rue Damremont
75018 Paris, France