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La lutte contre le trafic de pièces archéologiques

 - La Tribune - H.Gherab -13 février 2006
 

Plus de 120 pièces archéologiques ont été récemment saisies dans un local commercial à Ouargla par la cellule de protection des biens culturels de la gendarmerie nationale de cette ville, rapporte l’APS citant un communiqué du commandement de la gendarmerie. Cette opération qui a été montée suite à des informations recueillies par les éléments de cette cellule a ciblé un local de téléphones publics situé à la cité Brahmia (Ouargla). La perquisition a permis aux gendarmes de découvrir 66 pièces de monnaie romaines, 7 pointes de flèche, 2 lanternes en argile, 45 fossiles, un morceau de bois fossilisé, une statue en cuivre de Tin Hinan, femme qu’on désigne comme la reine des Touareg et dont le tombeau est à Abalessa, au nord de Tamanrasset, et une autre statue en cuivre de Néfertiti.

Ces pièces ont été remises au service archéologique à la wilaya d’Ouargla et une enquête a été ouverte par le procureur de la République près le tribunal d’Ouargla pour découvrir tous les éléments m êlés à ce trafic, les complicités qui ont aidé à la mise en place de ce réseau, ses pourvoyeurs et ses acheteurs. Mais l’importance de cette opération n’est pas dans la prise. Elle est en fait dans la qualité de l’institution qui l’a menée : la gendarmerie, qui, faut-il le souligner, s’est dotée de cellules de protection des biens culturels, une première illustrant la place accordée à la protection du patrimoine au sein de ce corps. Hormis Ouargla, la gendarmerie nationale a aussi mis en place des cellules régionales spécialisées au niveau d’autres régions archéologiques, notamment Tamanrasset, Constantine et Oran. En coopération avec le ministère de la Culture, une douzaine de sous-officiers de la gendarmerie nationale ont été formés dans le domaine de la protection des biens culturels.

A l’instar de la gendarmerie, la police a créé un service spécialisé dans la lutte contre le trafic d’objets d’art qui travaille en étroite collaboration avec la direction du patrimoine du ministère de la Culture.

Ce service, bien que nouvellement installé et n’ayant guère d’expérience dans le domaine, a cependant réussi à faire échouer de nombreuses tentatives d’exportation de pièces archéologiques. Quant aux Douanes, elles sont dans la même voie et, en collaboration avec le ministère de la Culture, projettent de faire encadrer des douaniers par des spécialistes pour la création de brigades de contrôle spécialisées.

Evidemment, ces trois corps travaillent en étroite collaboration avec le ministère de la Culture et ses différents démembrements. C’est ainsi que la direction du parc national de l’Ahaggar a pu mettre en place un programme de formation avec les services des Douanes qui permettrait la constitution de brigades mixtes.

En juillet dernier, le ministre de la Culture avait lancé un appel aux services de la gendarmerie nationale, de la Sûreté nationale et des Douanes en vue de « coordonner leurs efforts » pour « constituer un front commun » contre « le vol et le trafic illicite des biens culturels ». Ce front est, semble-t-il, en train de se former et enregistre même des résultats plus que positifs. Il reste à protéger le patrimoine d’autres attaques contre lesquelles ces corps ne peuvent rien faire.

 

 

 

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