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LES TOUAREGS  DE KIDAL SE REBELLENT

l'intégralité des revendications des Touaregs de kidal.
 

 
 

Mali-Touaregs : Quand l’hypocrisie de l’Etat hypothèque l’avenir du pays !

 


La conscience touarègue restera plus forte, et la marche de l’Histoire lui donne déjà raison.
 
 


Les graves événements qui se déroulent dans le Nord du Mali aujourd’hui interpellent à plus d’un titre. Les manœuvres actuelles du gouvernement malien pour détruire les Communautés maure et touarègue en les opposant relèvent d’une stratégie déjà éprouvée par le passé.
 
Déjà au début des années 90
Dans les années 90, l’État malien, faute d’avoir réussi sur le terrain militaire avait créé la Milice Gandakoye pour faire diversion et chercher à dénaturer le conflit qui l’opposait aux Mouvements de l’Azawad. Cette diversion avait pour objectif de présenter cette question comme un conflit inter ethnique et dégager ainsi la responsabilité politique et pénale des dirigeants de l’État. Cette manœuvre a été facilitée par certains cadres Touaregs dont la jugeote politique n’a, à l’évidence, pas été à la hauteur des espoirs qui avaient été placés en eux.
 
L’État malien et ses dirigeants ont pu ainsi échapper à la justice internationale grâce à la bienveillance de certains pays qui ont préféré fermer les yeux en espérant étouffer la question et empêcher son internationalisation. Pour mémoire, et surtout pour ceux qui n’auraient pas bien suivi les événements de cette époque, il faut rappeler que l’armée malienne avait, selon les estimations, massacré plusieurs milliers de civils Touaregs et Maures dans les trois régions de Gao, Tombouctou et Kidal. Ces massacres, dans leur ampleur et les méthodes utilisées, ont montré que les gouvernants maliens ne combattaient pas une rébellion mais cherchaient à affaiblir ces Communautés qui étaient visées en tant que telles. Déjà à l’époque, certains leaders touaregs avaient prêté main forte aux autorités de Bamako contre leurs frères. Aujourd’hui nous pouvons affirmer qu’ils avaient eu tort de croire que les dirigeants maliens les différenciaient de ceux qui étaient présentés, alors, comme les ennemis.
 
A l’époque, déjà, l’association Survie Touarègue-Temoust avait dénoncé la naïveté politique de ces leaders qui devenaient, de fait, des valets d’un système politique malien dont certains responsables et la presse appelaient ouvertement à l’extermination des Touaregs, sans distinction de tribus ou des Régions. Pour ceux que cela intéresse, une importante documentation existe sur cette période encore trop proche pour n’appartenir qu’à l’Histoire.
 
L’impunité incite à la récidive
En effet, il suffit d’une rapide analyse de la situation actuelle, pour comprendre que l’objectif visé est d’affaiblir le mouvement touareg en jouant sur les faiblesses connues de certains leaders incapables de sortir de leurs schémas archaïques qui aveuglent leur action politique. Le Mali ne montre aucune volonté de considérer la communauté touarègue comme une communauté susceptible de participer de manière équitable à la gestion des affaires de l’État. En effet, les tenants du pouvoir gèrent celui-ci toujours en confondant les intérêts de leurs propres communautés avec ce qui devrait être ceux de l’État malien dans sa diversité.
 
Ces gouvernants cherchent encore à opposer les Touaregs entre eux en faisant croire à certains qu’il existe une République malienne digne d’être défendue par tous ses fils. Mais l’État malien dans son fonctionnement aujourd’hui ne remplit pas les conditions nécessaires pour que l’ensemble de ses citoyens puissent le défendre sans donner l’impression de participer à leur auto-destruction. En instituant l’impunité comme règle de base dans sa gestion de la question du Nord, le Mali se discrédite et perd toute légitimité en indexant ses opposants dans leurs luttes pour le changement.
 
Aucun Touareg sérieux, et soucieux de l’avenir de sa communauté et du Mali ne peut se satisfaire de la manière dont l’État a toujours traité cette question. Avec un minimum de lucidité et de sincérité, on ne peut pas traiter Ibrahim Ag Bahanga de bandit ou d’ennemi du Mali, tant que ATT n’est pas traduit devant un tribunal pénal international et condamné pour les crimes commis sous sa responsabilité. Les défenseurs du système politique malien actuel devraient recouvrer leurs esprits, car, en refusant le débat sur le fond de la question du Nord, ils perpétuent l’hégémonie de certaines communautés sur d’autres et, par là-même, menacent la stabilité du pays. En effet, les Touaregs et les Maures aspirent aux mêmes droits que les Bambaras, les Peuls…
 
La communauté internationale ne peut éternellement fermer les yeux sur le déni de justice qui est fait à la communauté touarègue du Mali. Les criminels, politiques et militaires, répondront un jour de leurs forfaits devant une juridiction internationale. Les tenants de l’ordre mondial savent que la stabilité de la région et l’avènement de la Démocratie passent forcement par la prise en compte des intérêts et des droits de l’ensemble des peuples en présence.
En effet, le gouvernement malien fort de cette impunité, utilise les mêmes méthodes en créant des milices supplétives de l’armée dont le rôle est de commettre les pires exactions contre les populations civiles touarègues. Le fait que ces milices recrutent parmi les Touaregs ne constitue aucunement un alibi et n’enlève rien à la responsabilité politique et pénale des acteurs et commanditaires de ces crimes.
 
Le jour où le Mali jugera les criminels responsables des massacres des année 60 et 90 et où les Touaregs seront réellement des citoyens maliens respectés dans leur identité et dans leurs droits fondamentaux, alors des Touaregs seront légitimés à défendre leur pays. Aujourd’hui, le Mali ne respecte pas sa communauté touarègue. Les cadres touaregs qui sont terrorisés à l’idée d’être soupçonnés de sympathie pour leur peuple en viennent à soutenir la diabolisation de ceux qui essaient de dénoncer les injustices indiscutables qu’ils subissent. Ces cadres sont plus installés dans le fatalisme et le désespoir que dans la réelle conviction qu’ils sont maliens comme les autres !!! Il suffit de constater leur silence et leur absence d’initiative pour contribuer à la résolution d’une question dont ils ne peuvent pas nier l’ampleur et la dimension ethnique.
 
Les veuves, les orphelins et tous ceux qui ont été endeuillés par les actions de l’État malien ne pourront jamais avoir confiance dans cet État tant que la vérité n’a pas éclatée et les victimes réhabilitées. La construction d’un État de droit passe par cette vérité et cette justice. Plus on tarde à l’accepter plus on hypothèque la possibilité de voir rapidement la paix nécessaire au développement du pays s’installer. Car la paix ne se décrète pas et ne s’impose pas durablement par la force. Elle s’installe par l’effet conjugué d’une justice impartiale et d’un État capable d’assumer pleinement les missions qui sont sa raison d’être.
 
En s’auto-amnistiant, les criminels des années 90 n’ont fait qu’aggraver l’injustice et éloigner davantage les perspectives d’une réconciliation entre les Touaregs et l’Etat. La fracture ainsi entretenue empêchera toujours l’avènement d’une paix durable et donc l’amorce d’une véritable vie démocratique.
 
Instrumentaliser l’idée de Démocratie pour empêcher le débat
Aucune phraséologie sur la Démocratie ne peut tromper sur la nature réelle du système politique malien, Car avant de se poser la question de la Démocratie, il faut d’abord résoudre celle du projet national et de la volonté des différentes communautés maliennes à construire, dans leur diversité, un État dans lequel elles pourront toutes se reconnaître. Aujourd’hui, on en est très loin. Tant que les élites ne sont pas sorties de l’hypocrisie actuelle, rien de durable ne pourra être construit. Trop de Maliens, y compris parmi la classe politique, n’acceptent pas les Touaregs comme des concitoyens ordinaires. Et ce sentiment est entretenu par la politique de l’État qui voit cette communauté uniquement comme une menace perpétuelle. Comme si certains Maliens ont du mal à croire en l’unité de leur pays et en leur capacité à le construire ensemble. Comment expliquer autrement l’alignement systématique de toute la classe politique malienne sur les méthodes du gouvernement même quand celui-ci monte les communautés les unes contres les autres et envoie son armée et ses milices massacrer des populations civiles. Ni les patriotes, ni les démocrates maliens n’arrivent à dépasser leur propre ethnocentrisme et à considérer les Touaregs comme ils auraient voulu que leurs propres communautés soient considérées.
 
L’État malien a montré son incapacité à imaginer des solutions politiques sérieuses pour régler définitivement le conflit qui l’oppose à la communauté touarègue. Mais a-t–il seulement la volonté de le faire ? Ceux qui estiment que les rébellions n’ont aucune raison d’être n’ont, à ma connaissance, rien proposé pour régler les problèmes qui sont posés. Attiser la haine entre les communautés et utiliser les moyens de l’État contre ses propres citoyens, à cause de leur appartenance ethnique, constituent des forfaits qui vont à l’encontre des intérêts d’un Mali unique et démocratique.
 
Le Pacte national et les accords d’Alger auraient pu servir de base à une large réconciliation entre l’État malien et sa communauté touarègue. Mais ces différents accords n’ont, à l’évidence, jamais été pris au sérieux par les autorités maliennes. Pour elles, le seul objectif a toujours été de désarmer les combattants touaregs. Or dans ce genre de conflit le désarmement, s’il devait se faire, n’intervient que quand les raisons du conflit ont disparu ou que la confiance est suffisamment revenue pour garantir l’application de ce qui a fait l’objet d’accords.
 
Que les dirigeants maliens ne s’y trompent pas. La lutte du peuple Touareg pour ses droits et ses intérêts ne dépend pas d’une personne ou d’un groupe d’individus. Le désarmement d’un groupe ou son « intégration » n’empêcheront jamais la poursuite de cette lutte tant que les injustices actuelles perdurent. S’il y a une chose qui fait l’unanimité, c’est bien la conscience qu’ont tous les Touaregs de cette injustice et de leur détermination à la combattre par les moyens qui s’imposent à eux.
 
Le contexte géopolitique a évolué
Le contexte géopolitique actuel dans la région sahélo-saharienne fait que les choses sont susceptibles d’évoluer plus rapidement qu’on ne pourrait l’imaginer. Ce qui paraissait impensable hier deviendra possible demain. Les enjeux en présence font que rien n’est immuable, et que seuls les intérêts de ceux qui décident commandent l’évolution des choses. Les petites manipulations d’ATT et sa gestion ethnique d’une question qui intéresse de plus en plus de monde risquent finalement de se retourner contre lui et de profiter à ceux qu’il traite aujourd’hui comme des ennemis. Les acteurs intéressés par cette région du monde commencent à reconnaître le rôle déterminant des Touaregs pour en assurer la sécurité et la stabilité.
 
Les rivalités et les rancœurs sont compréhensibles, les divisions sont injustifiables au regard de la situation actuelle et des enjeux auxquels fait face le peuple touareg
Les responsables touaregs qui sont tentés par les démons de la division font preuve de naïveté et manquent manifestement de discernement sur la réalité de leur pays et des affaires du monde. Autrement, ils auraient compris qu’ils renforcent les ennemis de leur peuple. C’est-à-dire ceux qui ne veulent pas des Touaregs comme citoyens et qui continuent à perpétuer la domination de certaines communautés sur d’autres.
 
Les officiers et responsables politiques touaregs qui sont encore dominés par des sentiments compréhensibles liés aux vicissitudes du passé doivent se ressaisir et garder leur lucidité sur la marche politique de l’Histoire. Nous avons vu par le passé que, quand l’État s’en prend aux Touaregs, il ne fait jamais la différence entre les tribus. Les auxiliaires du système ont souvent connu le même sort que ceux qui sont taxés d’ennemis par les tenants du pouvoir. L’Histoire récente est riche d’enseignements en la matière.
 
Dans l’Histoire des peuples, ceux qui jouent contre leurs « groupes naturels » finissent toujours par être marginalisés, voire éliminés, y compris par ceux qui les ont utilisés. Le manipulateur a rarement de la considération pour celui qui se prête à ce jeu !!! Aucun fondement juridique ou politique ne justifie que des Touaregs acceptent de combattre leurs frères pour préserver un système qui les a toujours marginalisés et massacrés sans discernement !!!
En envoyant des Touaregs combattre d’autres Touaregs, le Mali reconnaît son incapacité à sécuriser et administrer l’Azawad. Il appartiendra demain aux Touaregs qui se combattent aujourd’hui d’élaborer ensemble la stratégie de survie qui leur permettra d’être identifiés comme des acteurs crédibles et capables d’assumer de manière libre leurs responsabilités historiques envers leur peuple.
 
Pour rappel : l’État malien a massacré au cours des années 90 plus de 10 000 Touaregs et Maures sur le million que compte le pays. C’est comme s’il massacrait 100 000 Maliens toutes ethnies confondues. Ou que l’État français massacrait 600 000 de ses citoyens !!!!!
 
Février 2009
Abdoulahi ATTAYOUB Temoust Lyon (France)

 

Date:  Thu, 12 Feb 2009 11:58:49 +0100
De:  "Abdoulahi A."
À:  Touaregs Yahoogroupes <touaregs@yahoogroupes.fr>
Objet:  [touaregs] Mali-Touaregs : Quand l’hypocrisie de l’Etat hypothèque l’avenir du pays !
 
 
  30 juin 2006   derniere heure        Les Touareg renoncent à un statut spécial 
      RFI - 30 juin 17 h 55

      Des hommes sont assis devant les magasins fermés de Kidal (Mali), cible de la rébellion touareg en mai dernier. (Photo : AFP)    Les Touareg abandonnent le reve d'autonomie qui a valu des affrontements sanglants au Mali dans les années soixante et quatre-vingt-dix.

 

posté par Azzedine Ait KHALIFA     30 Mai 2006


    Pour un statut particulier de la région de kidal.
                                    http://www.kidal.info/docs/statut-particulier.rtf

    Mali : vers une nouvelle rebellion Touareg ?
                               http://cyberkabyle.blogspot.com/2006/05/mali-vers-une-nouvelle-rebellion.html#links      


   Le jeu trouble de Tripoli  par Hassane Zerrouky ( L'Humanite )


 

 

 

    Mali :Pour un statut particulier de la région de kidal.

 Vers une nouvelle rebellion Touareg ?

             

    29 mai 2006

     Plusieurs centaines d'ex-rebelles touaregs intégrés dans l'armée ou en rupture de ban ont repris le chemin du maquis à la suite de la prise mardi de deux camps militaires maliens vidés de leurs armes et de leurs munitions à Kidal (nord-est).

      Les premières manifestations de cette nouvelle rébellion touarègue remontent à la mi-février lorsque le lieutenant-colonel Hassan Fagaga, un ex-combattant rebelle touareg incorporé à l'armée, a repris le chemin du maquis avec une poignée d'hommes armés. Il exigeait notamment des mesures en faveur de la région de Kidal et des ex-rebelles intégrés dans l'armée à la suite des accords de paix de 1996.

Iyad Ag Agali, une figure emblématique de la rébellion touarègue des années 90, s'est rallié ces derniers jours à la nouvelle rébellion et en est devenu « le chef » selon Erlass Ag Aguida, un des porte-parole du mouvement.

La nouvelle rébellion se constitue en effet autour des anciens membres du Mouvement populaire de l'Azawad (MPA, ex-rébellion touarègue), dont M. Agali était le chef, et plusieurs dizaines d'anciens combattants du MPA, intégrés à l'armée régulière, ont déserté pour rejoindre les forces rebelles ces derniers jours.

Dans un document intitulé « Pour un Statut Particulier de la région de Kidal », tout en apportant leur soutien au pacte national signé le 11 avril 1992 entre le gouvernement du Mali et les mouvements et fronts unifiés de l’Azawad, les insurgés attirent « l’attention des autorités sur les spécificités de la région de Kidal ».

Ce document présente tous les aspects de la gestion et de la vie économique, administrative. Ainsi il est rappelé que Kidal est la région « la plus pauvre du Mali avec un taux pauvreté de 92% », qu'elle est « la plus enclavée elle n'a aucun accès fluvial, ni goudron ni aéroport », qu'elle est « située dans une zone entièrement désertique » et qu'elle est « la seule région à avoir subi de plein fouet les conséquences de deux grandes sécheresses (1973 et 1984) et deux rébellions (1963 et 1990) ».

Ce document est assorti de propositions. La problématique de la self-gouvernance en est la pricipale: comment développer sinon administrer les régions nomades de la région de Kidal, « après un lourd cumul de retards, en gardant pour seul modèle le mode de vie sédentaire qui reste par essence l’opposé du mode de vie nomade? ».

Selon le document, « il importe d’adopter une stratégie pragmatique, flexible, respectueuse des us et coutumes des populations autochtones dans le cadre institutionnel réglementé » par une législation adaptée aux conditions de ceux qui sont concernés.

« Entre l’intransigeance sur la souveraineté nationale par laquelle pourrait être tenté l’Etat malien et la volonté de l’affirmation de l’identité des touareg de la région de Kidal, il nous semble que seul un statut particulier dûment réfléchi, accompagné d’une réelle volonté nationale de résorber le retard accumulé par les populations autochtones et le déséquilibre de développement entre la région de Kidal et le reste du pays, pourra intégrer la minorité touareg dans la construction d’un état unitaire, moderne et démocratique », conclut le document.


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Lire l'intégralité des revendications des Touaregs de kidal.

Pour un Statut Particulier de la région de Kidal


Désireux d'aboutir à une solution pacifique négociée, juste et définitive des différents problèmes qui surgissent de façon récurrente dans la région de Kidal, une solution qui tienne compte des diversités culturelles, géographiques et socio-économiques qui existent dans la République du Mali et, en même temps, une solution qui tende à la consolidation de l'unité et de l'intégrité nationales.

Réaffirmant leur attachement à la Constitution de la République du Mali en date du 12 janvier 1992,

Soulignant les dispositions de la Constitution de la République du Mali par lesquelles elle souscrit à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948 et à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples du 27 juin 1981, et proclame sa détermination à défendre les droits de la femme et de l'enfant ainsi que la diversité culturelle et linguistique de la Communauté Nationale,

Considérant le pacte national signé le 11 avril 1992 entre le Gouvernement du Mali et les Mouvements et Fronts Unifiés de l'Azawad et ses difficultés d'application,

Nous attirons l'attention des autorités sur les spécificités de la région de Kidal:

La Région de Kidal

La région de Kidal s'étend sur une superficie de 260 000 km2 et occupe 21.27% de la superficie totale du pays.
. C'est la région la plus pauvre du Mali avec un taux pauvreté de 92%
. C'est la moins peuplée du pays et est occupée par une minorité.
. Elle est la plus enclavée elle n'a aucun accès fluvial, ni goudron ni aéroport.

. Elle est située dans une zone entièrement désertique
. Elle est la dernière née des régions du Mali (1993)
. Elle est la seule région à avoir subi de plein fouet les conséquences de deux grandes sécheresses (1973 et 1984) et deux rébellions (1963 et 1990)
. Elle est la seule à vivre exclusivement de l'élevage
. Elle est la plus éloignée du centre de décisions nationales (1600 Km).

 

1. Le    pouvoir traditionnel

 

Nous avons toujours eu un pouvoir traditionnel fort qui gère la région de façon consensuelle. Il est important que l'état le reconnaisse et qu'il mette à sa disposition les moyens nécessaires à l'exercice de son autorité sur son territoire.

 

2. De l'administration

 

La bonne gouvernance ne doit pas être considérée que sous l’angle de la finalité économique mais aussi sous l’angle social. « La réduction des inégalités devrait être aussi un élément constitutif de la bonne gouvernance ». Afin de réparer ces inégalités, les administrations comme celle des Etats Unis d’Amérique ont procédé à « la discrimination positive » des minorités touchées, et d’autres comme la France ont adopté « un statut particulier » pour les régions concernées.

La marginalisation des nomades est ressentie comme un désintéressement de l’administration à leur sort. Les administrateurs sont dans la plupart des cadres sédentaires et ne se rendent pas chez les nomades, ces derniers méfiants évitent l’administration. Il est difficile d’administrer les nomades à partir d’un bureau. Faire chercher les nomades quand on a besoin d’eux n’est pas la solution, un proverbe touareg dit : “ awa tarhed itart awa wartarhed soutart ”. Pourquoi ne pas insérer dans les tâches mensuelles des administrateurs une tournée obligatoire dans les campements d’au moins quelques jours pour mieux connaître le territoire et les populations qu’ils administrent ?

Les administrateurs civils sont formés pour administrer les sédentaires et non les nomades donc les autochtones sont mieux placés pour comprendre, appuyer et conseiller les nomades. Les critères de diplômes doivent être considérés au même titre que ceux de l'expérience dans le milieu.

Aussi la représentation des touaregs de la région de Kidal, en tant que minorité visible et peuple autochtone, dans le gouvernement et tous ses démembrements, garantie par la constitution de façon irréversible, est une revendication légitime.

3. Système électoral

Faut-il repenser le système électoral en zone nomade ? Il est difficile d'accéder aux nomades, par leurs occupations, le système classique d'élections ne leur est pas accessible. Les élections en milieu nomade impliquent plus de charges qu'en milieu sédentaire. Les bureaux de vote itinérants supprimés lors des dernières élections législatives de 2002 par la cour constitutionnelle sont très adaptés à la région et au mode de vie nomade.

4. Du développement

La région de Kidal n'a pas toujours bénéficié d'investissements à la mesure de sa spécificité; ni de priorité dans l'allocation des ressources. La politique nationale d'investissement héritée de la colonisation a continué de privilégier et de fonder la localisation des activités économiques sur le potentiel naturel, d'où une tendance à investir dans les zones à fortes potentialités électorales du sud.

Lors de la table ronde des bailleurs de fonds de Tombouctou, il a été fait le constat suivant :

- * A    aujourd'hui il est reconnu qu'une des causes fondamentales de la rébellion au Nord est la mauvaise gouvernance et l'insuffisance des actions de développement dans ces régions considérées comme déshéritées.* De sorte qu'aujourd'hui, à la problématique immédiate de l'éradication des causes profondes du conflit du Nord, s'ajoute celle, plus latente, de la réhabilitation du développement économique de ces régions. Autrement formulée, cette problématique a une double nature:

 - celle, économique d'une meilleure coordination entre partenaires en vue de la relance économique des régions du Nord;

            - celle, institutionnelle, de la recherche de formules adaptées de programmation et de financement des actions de réhabilitation de développement dans le cadre de la décentralisation.

Pour les planificateurs centraux, en disposant d’une enveloppe financière qui peut sauver soit 100 enfants d’un village ou 20 enfants nomades, la décision à prendre va pour le grand nombre. Cependant, la faible densité, les longues distances entre les différents campements et leur dispersion font qu’il est difficile de gérer une fraction nomade comme un village, sans tenir compte des spécificités et des particularités du mode de vie nomade dans le domaine de la santé publique et de l’éducation. Dans la région de Kidal, jusqu’à présent, certaines personnes vulnérables font plus de 200 kilomètres pour recevoir les premiers soins.

La soif tue des citoyens chaque année dans la région et la barrique d'eau de 200l coûte 1000FCFA en moyenne dans la ville de Kidal.

La quasi-totalité des produits de première nécessité nous viennent de façon informelle du pays voisin, avec lequel aucune garantie par les accords trans- frontaliers n'est assurée.

La rentabilité économique est aussi importante que la rentabilité sociale car l’exclusion est la source de conflits.

- Pastoralisme

Au Mali le pastoralisme, victime de la législation est sans cesse repoussé par l’agriculture vers des zones peu productives. Il est couramment admis que toute terre non cultivée est vacante de sorte que pour peu qu’un agriculteur plante quelques tiges de mil quelque part, la terre lui revient et il pourra y exercer un droit foncier. Quant à l’éleveur, ses territoires de pâturage ainsi que celles de ses ancêtres ne lui étaient reconnus par aucun texte juridique.

Quelque soit la richesse d'un éleveur, son cheptel ne lui sert d'aucune garantie contrairement au cultivateur pour son lopin de terre, au niveau des institutions financières.

Pourquoi ne pas créer des secteurs d’éleveurs, au niveau de chaque commune rurale nomade, reconnus par la législation et consacrant l’appropriation de l’espace pastorale par ses utilisateurs ? Ces secteurs pourront être dirigés dans la plus part des cas par des chefs de fractions influents, ce qui fera le compromis entre l’organisation traditionnelle autochtone de la société et la nécessité moderne de l’exigence démocratique et de développement décentralisé.

- Education et Culture

Le système éducatif national n'est pas adapté au mode de vie et aux besoins des populations de la région. De religion musulmane et de culture arabo-berbère , les touareg préfèrent être scolarisés dans les trois langues ( Français, arabe et tamazight). Jusqu'à présent l'handicap majeur pour la scolarisation des enfants est le manque d'éducation islamique à l'école et la séparation des garçons et des filles.

Le Tifinagh est l'écriture authentique des touaregs. Il est regrettable que le pays s'investi dans de vastes projets d'alphabétisation fonctionnelle utilisant les caractères latins au bénéfice d'un peuple qui possède sa propre écriture! “ Il est certain qu'une telle politique ne fera que contribuer, à long terme au déclin et à la disparition du Tifinagh ”.

La promotion de la culture régionale n'est pas faite par l'état à travers ses médias. Les populations ne font que subir les agressions des autres cultures.

- Santé

La région est la seule à n'avoir aucune structure sanitaire fiable (hôpital, laboratoire, pharmacie…). Elle ne dispose que de 4 centres de santé, c'est-à-dire 1 pour 60 000 km2. Le système de santé doit être adapté au mode de vie des populations par des équipes mobiles d'intervention en milieu nomade.

- Emploi

Le principal malaise ressenti par les populations est le chômage. Environ 70% des jeunes sont en chômage. Les conditions de recrutement sont identiques pour le nord et pour le sud, sans tenir compte du retard socio-éducatif accumulé par la région depuis plus de 40 ans.

5. De la sécurité

Les services techniques classiques chargés de la sécurité intérieure ont montré leurs limites opérationnelles dans les zones nomades. De sorte que la nature ayant horreur du vide, certains leaders ont prouvé leur efficacité dans des contrés d'accès difficile et éloignés. Pourquoi ne pas intégrer ces ressources humaines disponibles et responsables dans le dispositif sécuritaire de la région en leur donnant les moyens matériels et financiers pour mener à bien leurs missions?

Le système sécuritaire au niveau de la région est à reformuler, compte tenu de l'étendue du territoire, la dispersion des populations et la porosité des frontières.

6. De la Justice

Les différents litiges sont réglés par le qadi et en dernier recours l'autorité traditionnelle selon la jurisprudence islamique.

7. Conclusion

Pendant la dernière décennie, le Mali a connu des grands changements dans son environnement sociopolitique et économique dus à des réformes tendant à une plus large vision de la démocratie, de la décentralisation et une réflexion qui se veut participative pour l’élaboration d’une stratégie nationale de développement durable. Ainsi la pauvreté, la santé, l’éducation et la justice ont été autant de thèmes qui impliquent désormais des acteurs à la base pour une gestion saine et équitable des affaires publiques. La cheville ouvrière de toute cette chaîne demeure les collectivités territoriales décentralisées qu’il faut absolument préparer aux rôles qui leurs sont dévolus et renforcer leurs capacités à travers une société civile forte pour réussir la mise en œuvre de tout le processus de décentralisation et du développement.

Dans ce contexte comment développer sinon administrer les régions nomades de la région de Kidal, après un lourd cumul de retards, en gardant pour seul modèle le mode de vie sédentaire qui reste par essence l’opposé du mode de vie nomade?

Ce faisant, il importe d’adopter une stratégie pragmatique, flexible, respectueuse des us et coutumes des populations autochtones dans le cadre institutionnel réglementé par une législation adaptée aux conditions de ceux qui sont concernés.

Entre l'intransigeance sur la souveraineté nationale par laquelle pourrait être tenté l'état malien et la volonté de l'affirmation de l'indenté des touareg de la région de Kidal, il nous semble que seul un statut particulier dûment réfléchi, accompagné d’une réelle volonté nationale de résorber le retard accumulé par les populations autochtones et le déséquilibre de développement entre la région de Kidal et le reste du pays, pourra intégrer la minorité touareg dans la construction d’un état unitaire, moderne et démocratique.


 


[1] Fith forum of gouvernence in Africa, May 23 – 25, 2006, Maputo, Mozambique. "the Malian experience in combating poverty and conflict management"

[2] Les non-dits de la bonne gouvernance, Haut Conseil de la Coopération Internationale, éditions Karthala, 2001.

[3] Ce que tu veux, cherche-le, ce dont tu n’as pas besoin fait –le chercher.

[4] Pour voter, un électeur sédentaire coûte 200FCFA et un électeur nomade coûte 5000FCFA.

[5] Stratégie pour un Développement Humain Durable (DHD) dans les régions Nord- Mali. Gouvernement - PNUD. Mars 1998.

[6] Ibrahim LITNY in " Systèmes Educatifs et société Touarègue, Les Kel Adagh du Nord de Mali" Mémoire de diplôme EHSS 1992.

 

Date:  Tue, 30 May 2006 17:43:38 +0000 (GMT)
De:  Azzedine Ait Khelifa
À:  touaregs@yahoogroupes.fr
Objet:  [touaregs] l'intégralité des revendications des Touaregs de kidal : "Pour un Statut Particulier de la région de Kidal"

 

 

Le jeu trouble de Tripoli

 

30 mai 2006

 

Les récentes attaques contre trois camps militaires maliens surviennent dix-sept ans après la rébellion touareg qui avait secoué le nord du Mali.

L’attaque de trois camps militaires au nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, par des rebelles touareg, le 24 avril passé, est intervenue moins de deux semaines après l’idée d’un « grand État du Sahara » lancée par le colonel Kadhafi. Le 10 avril à Tombouctou (Mali), en présence des chefs d’État du Mali, du Niger, de Mauritanie, du Sénégal et de Sierra Leone, ainsi que du leader extrémiste américain Louis Farrakhan, le dirigeant libyen a appelé les habitants du Sahara à se réunir dans un ensemble - « le Grand Sahara » - s’étendant du Sénégal à l’Irak, pour prémunir la région du Sahel des « visées néocolonialistes ». Et d’instituer le « pacte de Tombouctou » devant donner naissance à ce projet.

Certes, la Libye se défend d’être derrière l’action des rebelles touareg de Hassan Fagaga. Mais ce dernier a été curieusement reçu par le dirigeant libyen qui, à en croire l’agence Jana (agence officielle libyenne) l’aurait dissuadé de poursuivre sa guérilla contre le régime malien. Mieux, le colonel Kadhafi, jamais en manque d’imagination, a vite dépêché une délégation à Bamako pour rassurer les dirigeants maliens et leur proposer sa médiation assortie d’une aide financière sur fond de relance d’un projet d’usines de phosphate dans la région de Gao et de plâtre au nord de Kidal, la région rebelle.

Alger, qui suit de près cette situation se déroulant à ses frontières sud, n’a pas manqué de rappeler que ces événements surviennent dix-sept ans après le soulèvement touareg de juin 1990 dans le nord du Mali, qui avait entraîné un exode de réfugiés touareg en Algérie. Une rébellion qui avait pris fin après la conclusion des accords d’Alger en 1994, réunissant les protagonistes et des bailleurs de fonds. Selon la presse algérienne, le gouvernement algérien aurait mis en garde la Libye pour son rôle dans une région où, sous prétexte de lutte contre al Qaeda, Washington est déjà à pied d’oeuvre.

Hassane Zerrouky

 

source:  l'humanité

 

 

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