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TINGHIR : poursuites judiciaires
contre BAHOU Hussein |
| Tinghir : Tinghir:
Poursuite judiciaire contre Bahou Hussein |
Posté par
awalinoo le
12/5/2005 21:14:47
Souvenez-vous ! M. Bahou Hussein, agent de
service au collège Zaid Ou Hmad à Tinghir, en province de
Ouarzazate, au Sud-Est du Maroc, a été victime, le 29 avril 2004,
d’une grave atteinte au droit à l’intégrité physique et à la
sécurité personnelle, au commissariat de police, à Tinghir, par
trois policiers, Chaabaoui Bouazza (commandant), Midaoui Abdelghani
et Bourki Younès (inspecteurs).
Rappelons que la victime s’est présentée au commissariat pour
déposer une plainte contre le commandant Chaabaoui qui lui avait
infligé le jour même, des traitements dégradants et l’avait menacé
de lui faire payer très cher l’audace de s’attaquer à un enfant de
policier. Le matin de ce jour-là, la victime avait surpris le fils
du policier en train de détériorer et voler des robinets aux
toilettes de l’institution.
Rappelons aussi que la violation avait occasionné à M. Bahou une
perte de connaissance d’une demie heure et lui avait valu un
certificat médico-légal attestant de 21 jours d’ITT. D’autre part,
La violation a soulevé l’indignation de tous les citoyens à Tinghir
et leurs forces vives qui ont organisé une grève générale, ainsi
qu’un sit-in, à l’initiative de la CDT, à Tinghir et auquel
l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) à Errachidia a
participé en la personne de son président.
Celui-ci a également rendu visite à la victime dans son domicile et
a constaté la violation et ses conséquences. L’AMDH à Errachidia a
aussi écrit aux ministres de la Justice et de l’Intérieur, ainsi
qu’au directeur général de la Sûreté nationale, revendiquant que la
loi soit appliquée contre les responsables de cette violation et cet
abus d’autorité, et que justice soit rendue à M. Bahou.
Il est à rappeler également, que la victime a adressé, le 5 mai
2004, une plainte au procureur général auprès du tribunal d’appel à
Ouarzazate, autrement, six jours après la violation. Ce qui aurait,
dans un Etat du droit, donné promptement suite à des procédures
judiciaires en mesure de rétablir la loi et rendre justice à la
victime, en l’occurrence l’ouverture d’une enquête approfondie
permettant d’élucider les faits, ainsi que l’engagement d’une
poursuite contre les responsables de la violation.
Or, ce qui justement nous fait cruellement défaut, est un Etat du
droit. D’où le risque de voir, non seulement triompher l’impunité
encore une fois, mais aussi de condamner la victime. En effet, la
section de l’AMDH à Errachidia a reçu dernièrement, un message du
procureur du roi auprès du tribunal de première instance à
Ouarzazate, l’informant qu’une poursuite judiciaire est engagée
contre M. Bahou, pour délit d’outrages et violences à un
fonctionnaire public dans l’exercice de ses fonctions, conformément
à l’article 267 du code pénal, et contre les policiers, pour délit
de coups et blessures, conformément aux articles 231 et 401 de même
code.
Et ce, suite aux plaintes déposées respectivement, par M. Bahou
contre les auteurs de la violation dont il a été victime, et par
l’un de ceux-ci, l’inspecteur Midaoui, contre la victime. Ainsi, non
seulement les responsables de la violation contre M. Bahou ont
bénéficié jusqu’à présent, de l’impunité, la victime se retrouve
aujourd’hui au banc des accusés, pour un délit qu’elle n’a pas
commis : l’éternel délit d’outrages et violences à fonctionnaire
public dans l’exercice de ses fonctions ; véritable épée de Damoclès
à l’affût de tout malheureux citoyen, tombé sous les griffes d’un
fonctionnaire public sans scrupules.
Les précédents judiciaires à Errachidia consistant à la poursuite
judiciaire des victimes d’abus de pouvoir et atteintes à l’intégrité
physique et à la sécurité personnelle, par des fonctionnaires
publics, pour délit d’outrages et violences à fonctionnaire public
dans l’exercice de ses fonctions et leur condamnation, nous donnent
de fortes raisons de s’alarmer. En voici le cas le plus récent :
condamnation, en cour d’appel à Errachidia, de M. Arji Lahcen,
conducteur du transport urbain à Goulmima, à six mois
d’emprisonnement ferme, avec amende.
M.Arji a été victime d’atteinte à l’intégrité physique et sécurité
personnelle, ainsi que traitements dégradants, devant ses collègues
et de nombreux citoyens, le 6 juin 2004, par le caïd de
Ghéris-Goulmima, à la gare routière de Goulmima, en province d’Errachidia.
La condamnation de la victime - et d’autres victimes dans d’autres
cas - a été possible suite au certificat médico-légal de vingt-cinq
jours d’ITT, remis au fonctionnaire public « victime d’outrages et
violences ».
Ce qui constitue une violation à l’éthique médicale par certains
médecins. Par ailleurs, la situation de la justice dans la région de
Ouarzazate n’a rien à envier à la situation de celle d’Errachidia,
réputée parmi les plus déplorables du pays et son système, l’un des
plus corrompus (Rappelons le cas le plus récent et le plus édifiant
consistant dans procès des travailleurs des mines d’Imini à
Ouarzazate et leur condamnation).
Tenant compte de tous ces faits, l’AMDH à Errachidia revendique la
suspension immédiate de la poursuite judiciaire contre M. Bahou, la
garantie de son droit à une réparation pleine et rapide du préjudice
qu’il a subi et la sanction des responsables de ce préjudice.
le 11 mai 2005
Association Marocaine section Errachidia Des Droits Humains
Organisation non gouvernementale - Constituée en juin 1979
Membre de la FIDH - membre de l’OADH –
membre de l’UADH Errachidia
E-mail :
amdhrachidia@yahoo.fr
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