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rachidyahou on 5/7/2005 22:03:40
mi-reservée, mi-spontannée, samia benzai est très intelligente
et possède des potentialités qu'elle exploite sans cesse.elle a
ainsi admirablement contribué à la réalisation du film
berbère "adrar en baya" (la montagne de baya) du regrétté
azzedine meddour, ravi aux siens un
certain 14 mai 2000.c'est ainsi qu'elle a bien voulu répondre
aux questions posées, sans hésitation aucune. écoutons la :
ry : comment vous voyez vous en tant qu'artiste?
samia benzai : j'aime mettre en pratique toute
idée et j'attache une grande importance donc à
son application sur le terrain.en toute modestie,
j'ai une vue assez large.
ry : et en dehors du cinéma?
s.b. : j'ai fait du théatre et l'art plastique, j'ai
aussi un don que je n'ai pas exploité jusqu'à ce jour.j'aime
chanter, en kabyle bien évidement.
ry : vos débuts remontent à quand exactement?
s.b. : en 1993, dans le film berbère "la colline oubliée"
de abderrahmane bouguermouh, un film tiré du livre portant le
même titre, un livre
produit par le célèbre écrivain-poète mouloud mammeri. ensuite
j'ai eu un autre rôle dans "adrar en baya". ces deux films ont
eu un large écho, appréçiable bien entendu. en plus d'un sport
publicitaire pour le compte de l'entreprise qui produit "isis",
détergents, j'ai aussi eu droit à un passage dans un vidéo-clip
de amar tizi. enfin, lors des événements qui ont secoué la
kabylie à la suite de l'assassinat du regrétté chanteur berbère
matoub lounès, j'ai tourné en
collaboration avec akli metref.
ry : parlons des films veux-tu?
s.b. : je demeure profondément touchée par une séquence
du film "adrar en baya". lors de l'enterrement de la petite
décédée à la suite d'une épidémie. c'était la fille de
l'illustre linguiste berbere abdenour abdeslam.
ry : ce qui vous a plus aussi?
s.b. : le décor ainsi que le plateau. nous avons eu droit
à un passage merveilleux puisque le film était tourné sur la
"main du juif", située en pleine montagne, le djurdjura. d'autre
part je ne peux omettre la prestation et le talent de
bouguermouh abderrahmane. complet et mystérieux à la fois, ils
ne transigeait pas sur ses
principes, rejettant la demi-mesure, il refusait toute
concession. j'ai beaucoup de respect pour lui car il a été à la
hauteur de sa tâche. ce qui m'impréssionne beaucoup en lui,
c'est la difficulté de pénétrer son imagination.
ry : parlez nous de adrar en baya (ou la montagne de
baya).
s.b. : je suis attristée par la disparition de azeddine
medour qui nous a quitté, faisant de nous ses orphelins.
ry : vous devez avoir un bon souvenir.
s.b. : curieusement, je n'en ai aucun.
ry : pourquoi donc?
s.b. : même si j'en avais, je n'y attacherai aucune
importance. ceci est probablement dû à une certaine perte de
sentiment. même mon ami très cher, faiki a failli y passer. je
dédie ma pensée à qui de droit. je ne peux être clair car c'est
trop profond. le message est donc lançé en direction de ceux qui
se reconnaitront aisément. malgrès tout, je garde e mémoir la
réussite totale du tournage du film, "adrar en baya". même si je
reste encore sous le choc de l'explosion accidentelle survenue
le 1er décembre 1995 et qui nous a ravi onze des notres. deux
mois plus tard, je fus à nouveau par le déçès de mon paternel,
que dieu ait son âme. je ne m'attendais nullement à subir deux
deuils successifs(larmes...).
ry : vos rôles dans ces deux films. dites-nous en quelque
chose.
s.b. : dans "la colline oubliée", j'ai eu droit à une
figuration intelligente : lors du mariage de davda , la célèbre
actrice samia abtout, qui est berbère comme nous tous. je dansai
et disai à sa mère :
"ithemlah thesslith, ksewthass ahayek"" qui veut dire "qu'elle
est belle la mariée. otez lui vite son voile".vous conviendrez
qu'à travers cette phrase, je devinais la beauté angélique que
cachait ce voile.si vous me le permettez, j'aimerai aussi vous
parler des préparatifs avant le tournage du film "adrar en
baya". en effet, nous avions suivi un stage avec abdennour
fellag, le frère du célèbre humouristique kabyle mohamed fellag
et ce durant six longs mois. nous avions fait un autre stage
avec el-hadi chérifa aussi pendant deux mois.ce dernier, célèbre
dans le domaine artistique nous enseignait l'expréssion
corporelle qui consistait à dialoguer avec son corps sans pour
celà dire un mot.
ry : vous avez mentionné le théatre tout à l'heure.
s.b. : en réalité, j'en ai fait lorque j'étai enfant, au
sein d'une troupe de scouts. mais je ne me rappelle pas
éxactement à quelle époque.
ry : dans le film, vous vous exprimez parfaitement en
kabyle.
s.b. : effectivement, je parle très bien la langue
kabyle. je suis de la région de tiaret et suis berbèrophone.
chez moi, tout le monde supporte l'équipe de foot ball, la
j.s.kabylie et mange le couscous par terre (rires...). vous
savez, je suis émerveillée par la richesse que reçèle la langue
berbère.enfin je parle très bien le français.
ry : avez vous des projets?
s.b. : j'ai deux scénarios en vue. j'attend qu'on me
fasse appel.
ry : quel rôle aimeriez-vous jouer?
s.b. : incerner l'héroine fadhma n'soumer mais avec la
disparition terrible de azeddine meddour, j'ai des hésitations.
ry : à qui revient le mérite de votre parcours
artistique?
s.b. : à mon regrétté père auquel je ne cesse de rendre
hommage, car il m'y a enouragée à devenir ce que je suis à
présent.je suis également reconnaissante à abderrahmane debiane
qui m'a aussi aidé énormément. à ce propos, il a joué comme il
se doit le rôle d'"idir" dans "la colline oubliée" et "djendel"dans
"adrar en baya".je profite de cette occasion pour lui souhaiter
plus de réussites.
ry : le mot de la fin.
s.b. : je rend à nouveau homage à mon défunt père, au
regrétté matoub lounès, à azzedine meddour ainsi qu'à mes amis
que j'ai perdu dans des conditions atroces le 1er décembre 1995,
entres autres, boualem, abed, "zembla", akli, djamal, souad
(pleurs...). je vous remerçie pour m'avoir accorder cette
importance en vous souhaitant à vous et à votre journal une
longue vie. j'espère que je lirai cette entretien dans les
colonnes du journal
" LE RACHID YAHOU "
source: lechleuhs.com