Pour un front
national unifié
Par:
Ben Hemmou Hassan, militant du MEA / MCA
«La friction historique, culturelle
et civilisationnelle a été d’un grand apport inéluctable pour le
peuple amazigh, car elle a contribué à puiser son âme vivante depuis
des millénaires, et à cristalliser son identité en tant que nation
intègre, brave et courageuse, nation d’homme libres et nobles, de
guerriers indomptables, de montagnards, de chaouis nomades, rudes et
rigoureux; ces africains, ayant fait face aux différentes formes de
conquêtes et d’invasions étrangères: phénicienne, grecque,
carthaginoise, égyptienne, romaine, vandale, ibérique, étrusque,
normande, byzantine, arabe, turque, française, espagnole, italienne…
sont les mêmes qui, aujourd’hui encore, sous la houlette du mouvement
amazigh (marocain, algérien, libyen, canarien et touareg) font face
aux différentes formes de génocide linguistique, d’extermination
culturelle, de liquidation identitaire, de marginalisation, de
dégénérescence, de falsification de l’histoire, et ce par des régimes
panarabes, monocratiques, voulant par tous les moyens faire de nous un
peuple bâtard, un peuple sans âme, sans esprit, sans identité et
culture, sans langue et histoire, sans mœurs et us, et même un peuple
sans pays ».
C’est dans ce contexte historique
de résurrection que le phénix a pu renaître de ses cendres criant haut
et fort que l’homme bleu du désert est toujours là, que l’amazigh
montagnard est toujours là, et qu’il est impossible de le décimer.
Chers frères, camarades, le MEA est
un rassemblement estudiantin marocain qui a émergé au sein de
l’université marocaine pour exprimer à l’intérieur de son enceinte les
aspirations de notre peuple et sa soif à se voir enfin libérer du joug
des panarabes établis en Afrique du nord «tamazegha», voulant tout
effacer et anéantir. C’est un mouvement qui est né aux alentours des
années 1980 qui ont coïncidé avec le printemps berbère du 20 avril
1980, à l’occasion des exactions commises à l’égard de nos
compatriotes en Kabylie par le régime fasciste et raciste panarabe
algérien, ainsi qu’avec la compagne d’incarcérations arbitraires menée
par le régime panarabe marocain au sein des milieux militants
marocains: «Ali Sedki Azaykou». ce sont ces multiples événements qui
ont impulsé les étudiants amazighs marocains à Rabat «EMI: école
mohammadia des ingénieurs» et à Fès «faculté des lettres», à commencer
à penser à la cause amazighe dans le cadre de la gauche nationale dite
la gauche berbère; ce processus s’est consolidé à partir du début des
années 1990 avec l’apparition au sein des universités de Rabat, de
Fès, d’Oujda, de Casablanca, de Marrakech… des premières ébauches d’un
mouvement estudiantin amazigh MEA, organisé sous le sigle de MCA :
mouvement culturel amazigh.
Ce mouvement, qui a pris la charge
de sensibiliser les milieux estudiantins marocains de la gravité des
politiques makhzaniennes d’exclusion et de marginalisation d’une
grande partie du pays et de sa population de tous les programmes de
développement concernant leur langue et leur culture, ainsi que des
politiques de falsification de l’histoire et de destruction
identitaire intentionnelle, préméditée et programmée de tous les
symboles de notre identité «langue, culture, art, us, mœurs,
histoire…», est un mouvement politique, une force sociale et
sociétale, nationale et nationaliste, une force idéologique et
philosophique, une force de changement issue des bases profondes de la
société marocaine; ce mouvement connu sous le sigle de MCA /MEA est
composé de trois tendances :
*les étudiants de tendance
laïque
*les étudiants de tendance
islamique modérée
*les étudiants de tendance
marxiste léniniste
Le MEA est une structure politique
propre aux étudiants marocains militants de la cause amazigh, et par
le fait même militants de toutes les causes légitimes et justes de
notre peuple marocain pour sa libération du carcan idéologique
panarabe qui fait de notre pays de civilisation millénaire, une simple
petite province sous tutelle de l’orient arabe, du sous développement
imposé à notre pays, de l’ignorance, de la pauvreté et de la misère…
Le MEA est un mouvement
indépendant, autonome à l’égard de toutes les formations politiques
régimistes et non régimistes; une structure politique estudiantine qui
n’a rien à voir avec les associations culturelles amazighes (mouvement
culturaliste semi makhzanisé, vulnérable, stérile et traversé par des
groupes de petits arrivistes, de petits pions et marchands de la cause
amazighe); le MEA qui s’oppose, et au makhzen, et aux différents
partis politiques panarabes au Maroc, forme une entité dont le cadre
référentiel n’est autre que la pensée amazighe forgée par imazighen
depuis l’aube de l’histoire jusqu’à nos jours, pensée combinant entre
nos valeurs ancestrales, celles de l’islam et celles de toutes la
pensée humaine; ce cadre philosophique et idéologique fait du MEA un
front national unifié «FNU» autour des principes d’acal, awal, umdan,
principes de tamazighet, tugdut, tililli.
Le MEA est un mouvement rassembleur
et unificateur autour de la question démocratique, identitaire,
culturelle et linguistique; c’est une force politique populaire et
révolutionnaire, un mouvement de masse, qui accepte en son sein tous
les marocains militants, et pour la cause démocratique, et pour la
cause amazighe, et ce, sans discrimination aucune; c’est un mouvement
politique d’obédience nationaliste qui travaille et lutte, non
seulement pour la consécration institutionnelle et constitutionnelle
de tamazighet comme langue nationale et officielle du Maroc, mais
aussi pour la réalisation du changement politique, économique et
socioculturel au niveau de toutes les structures du pays; c’est ainsi
que le MEA aspire militer auprès de toutes les forces vives du pays
pour réaliser ce changement radical auquel aspire la société marocaine
et maghrébine; un changement ayant pour but l’établissement de vrais
États démocratiques fondés sur un régime fédéral, la justice, le
respect des droits de l’homme, la reconsidération de l’identité
nationale amazighe, le partage des ressources politiques et
économiques… et ce, pour rectifier les erreurs du passé et sortir nos
pays de la misère et du sous développement.
Le MEA marocain en tant que
formation sociopolitique et culturelle, par sa nature démocratique,
n’est ni chauvin, ni passéiste, au contraire, il est sans complexe
aucun, partisan de l’ouverture sur toutes les dimensions de la culture
nationale, maghrébine et universelle…Le MEA est un mouvement
nationaliste, un mouvement de gauche issu de la masse populaire qui
s’inspire pour ses idées de l’ensemble de notre héritage culturel et
civilisationnel amazigh, de l’islam, et de toute la pensée humaine; il
croit à la diversité et à la différence; il n’abolit aucune dimension
de toutes celles qui fondent notre identité: amazighité, africanité,
islamité, universalité; c’est un mouvement non raciste ou xénophobe,
qui ne fait pas de discrimination au sein de la société marocaine
entre arabe et amazigh; cette approche n’a pas de place dans la pensée
nationaliste amazighe, car pour le MEA, et suite à des données
historiques objectives, nous sommes tous imazighen, nous sommes tous
des marocains.
Le paradigme axe pivot sur lequel
repose cette formation est la démocratie; celle-ci est comprise dans
un champ sociétal orné de diversité, de tolérance, de respect de soi
et des autres, un champ de transparence loin de toute forme de
pourriture, de corruption et d’arbitraire...
Il n’y a pas de démocratie sans
pluralisme; le MEA inscrit son action dans le cadre de cette
philosophie; d’ailleurs, c’est en sa qualité de mouvement national et
nationaliste, autonome et démocratique, qu’il est ouvert à tous les
marocains et marocaines amazighophones et arabophones; il constitue le
prolongement effectif du mouvement de résistance nationale de 1900 à
1960 dont les leaders oubliés par l’histoire officielle, constituent
la personne modèle de lutte et de résistance; c’est ainsi que le MEA
ne ménagera aucun effort pour réaliser la démocratisation
inconditionnelle de la vie politique, économique et socioculturelle;
son action vise à changer et instaurer un vrai État démocratique loin
de toute forme d’autoritarisme, d’exclusion et de marginalisation.
Le MEA en tant que courant
philosophique, nationale et nationaliste, fait de l’idéologie panarabe
sa bête noire; c’est cette idéologie raciste et fasciste étrange qu’il
rejette catégoriquement; c’est à elle qu’il s’oppose car elle est
introduite de l’étranger dans notre pays; cette idéologie fondée sur
le racisme arabe; le mythe de la nation arabe supérieure… est une
idéologie qui se situe à l’antipode de la philosophie nationaliste
amazighe; le MEA ne s’oppose ni à la langue arabe en tant que langue
parmi d’autres, ni à l’islam en tant que religion de 99% des
marocains, mais refuse la politique d’arabisation programmée et forcée
visant à faire des marocains des arabes de 2e
degré tout en effaçant leur propre identité et en tuant la langue
tamazighet via son exclusion du système éducatif national et la
marginalisation socioéconomique des régions amazighes.
Le MEA est un mouvement de masse
qui pense que le fond de la crise, du drame marocain est le flagrant
paradoxe entre l’ensemble du peuple marocain paupérisé et le système
makhzanien, régime féodal, théocratique, réactionnaire; le conflit
sociohistorique oppose ces deux parties et ne peut être résolu que par
la victoire des forces nationales et nationalistes marocaines.
Le statut de la masse est
désastreux; les partis politiques au Maroc sont des partis créés et
soutenus par le makhzen; qu’ils soient de gauche, de droite ou du
centre, ils ne constituent qu’une seule famille dont le but est de
maintenir le statu-quo et graver les racines du new-makhzen; ce sont
des partis makhzen, des partis faibles, réformistes, responsables de
tous les malheurs de notre peuple; ces partis panarabes, oligarchiques
et racistes à l’égard de tout ce qui est amazigh, sont incapables de
guider le militantisme des masses. En outre, la politique du régime
est dictée par le FMI et la banque mondiale; c’est une politique non
nationale qui accroît la paupérisation de notre peuple avec la
suppression des subventions publiques aux différents services
publiques défaillants «tout est devenu payable». La privatisation des
biens publics est faite et se fait dans l’intérêt de la des
familles-makhzen; alors que le peuple crève de faim dans des ceintures
de bidonvilles d’habitats insalubres, dans des montagnes isolées…
La lutte/ la résistance est un mot
d’ordre lancé à tous les activistes amazighs pour préparer le terrain
à la réalisation du grand changement radical auquel aspire le Maroc
d’aujourd’hui; c’est ainsi qu’il est demandé aux militants amazighs
de:
1- sensibiliser tous les citoyens
de leurs droits et devoirs envers la nation et la patrie, et ce à
travers des relations de proximité avec la population;
2- réactiver les valeurs
d’autosuffisance, d’autogestion...
3- diffuser la culture de la
citoyenneté, du sens civique, des droits de l’homme et des libertés
publiques ;
4- favoriser la concertation et le
rapprochement entre toutes les formations politiques nationales non
panarabes;
5- renforcer les rangs des ONG et
dynamiser le rôle des associations culturelles, de développement et de
défense des droits de l’homme;
6- s’organiser dans le cadre de
groupes d’action, d’organisations politiques qui partagent les mêmes
idées que ceux du MEA (FNU);
7- réfléchir sur les différents
modes d’action permettant de réhabiliter tamazight et de sortir notre
peuple du sous-développement
Le MEA (FNU) en tant que force
politique marocaine inscrit son combat dans la perspective
démocratique et invite toutes les forces vives de la nation à se
pencher sur l’élaboration d’un projet de société tourné vers la
modernité et le développement dans le cadre de l’amazighité.
1- sur le plan politique:
*revendiquer une constitution
démocratique pour le Maroc;
*œuvrer pour établir un
régime parlementaire à l’image du régime espagnol et britannique où la
monarchie ne joue qu’un rôle symbolique;
*structurer le Maroc sous
forme d’un État fédéral
2- sur le plan économique:
*se pencher sur les possibilités
de mise en place d’un système communautaire combinant entre la
propriété privée et la propriété commune des moyens de production;
*équiper le pays en
infrastructures nécessaires pour son développement socioéconomique,
technique et culturel…
* renforcer les relations de
coopération avec l’Afrique, l’Europe et le reste du monde;
3- sur le plan culturel:
* encourager l’éducation,
l’enseignement et la formation ;
*construire les écoles et
les équiper en matériels et ressources nécessaires pour la recherche
scientifique
*donner une grande place à
la première langue du Maroc: tamazighet, ainsi qu’à l’arabe, le
français et l’anglais dans le système éducatif national…
tels sont quelques chantiers sur
lesquels il faut se pencher pour un avenir meilleur...
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