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le pouvoir algerien persecute: Proces, livres saisis, conferences interdites, haro sur les mvts citoyens

    

 

              Procès, livres saisis, conférences interdites…  Haro sur les mouvements citoyens !  L'acquittement de Abla Chérif et de Mohamed Benchicou, prononcé le 7 décembre, suite au procès intenté contre eux par le MDN pour leurs dénonciations des tortures subies à T'kout par les manifestants dans l'enceinte de la brigade de gendarmerie du village, n'a pas rendu sa liberté au directeur du Matin. Comme beaucoup de membres de la profession, dont les caricaturistes Hic et Dilem, il croule sous une avalanche de procès alors que son état de santé nécessite des soins hospitaliers urgents. Quant aux mouvements de protestation des citoyens à l'échelle nationale, les pouvoirs publics en sont toujours à la répression et aux peines arbitraires.  C'est ainsi que les délégués du «Mouvement citoyen du sud pour la justice», incarcérés en juin dernier suite à leur conclave de Ouargla, se sont vu confirmer en appel leurs peines de prison prononcées le 25 octobre. Arrêtés pour «activité dans une association non agréée et distribution de tracts pouvant nuire aux intérêts nationaux», les détenus de Ouargla déclarent que le texte incriminé n'est autre que «la version finale des revendications citoyennes après les émeutes de février dernier». Parmi eux Ahmed Ghoul, arrêté lors du procès de son frère Hafnaoui, y purge une peine de 6 mois.  Une grève de la faim est envisagée par les 12 détenus de Ghardaïa (lire reportage de novembre). Arrêtés suite à la grève des commerçants du 11 octobre, ils attendent toujours de comparaître en criminelle.  Parmi eux Kameldine Fekhar, militant de la LADDH et du FFS, dont le frère Hamoudi, interrogé à ce propos, a témoigné qu'«à l'intérieur de la prison, on interdit aux détenus de se rencontrer, on a diminué leurs rations et on les oblige à rester dans la cour sous la pluie et le froid». Cinq mandats d'arrêt ont été émis contre les autres membres de la section FFS de Ghardaïa.  Les manifestants  de l'Algérois  Le 15 décembre, comparaissent au tribunal de Aïn-Benian 7 personnes de Staouéli, Aïn-Benian et Zéralda. Tous du mouvement citoyen de l'Algérois, sous le chef d'inculpation d'«attroupement non armé». Parmi eux, Hamid Farhi, qui a plusieurs affaires en cours, est également membre de la direction du MDS et du «Comité Benchicou pour les libertés».  Par ailleurs, le tribunal d'El Oued a condamné 34 personnes à des peines de prison, suite aux manifestations revendiquant la réalisation d'un nouveau lycée au quartier sud de leur commune. Suite à ces condamnations, la coordination des quartiers sud a publié un communiqué dans lequel elle accorde une semaine aux autorités pour honorer leurs engagements. Sinon, elle menace de «déclencher des manifestations pacifiques populaires et une grève des écoliers» et demande à l'Etat l'envoi d'une commission d'enquête sur le terrain. Le 9 décembre, lors de la tenue des 5e perspectives citoyennes du MDS à Alger, la police confisque des exemplaires du livre de Mohamed Benchicou, et Farid Harchaoui, militant du mouvement, est interpellé. La veille, à la maison de la culture de Tizi-Ouzou, une conférence de maître Ali Yahia Abdennour, président de la LADDH, sur la situation des droits de l'homme en Algérie, a été interdite !  Un conclave dédié  à Mohia  C'est dans ce contexte qu'au conclave extraordinaire de la CADC tenu à Fréha le 9 décembre, les représentants de 28 communes de la wilaya de Tizi-Ouzou ont fait leur bilan et décidé d'actions à venir.  Ce conclave dédié à Mohia s'est ouvert sur la douloureuse question des martyrs et victimes du printemps noir (dont certaines sont handicapées à vie). «Nous avons perdu nos enfants et nous avons perdu nos droits… Mais nous gardons la tête haute, notre fierté et notre dignité malgré le cœur blessé» a déclaré M. Guermah Khaled, père du premier martyr de 2001. «Nous sommes tous des parents de martyrs, le combat continue, mazal ur ifukara», a renchéri le délégué Rachid Allouache, dont le frère Hakim a été assassiné à la veille de l'élection présidentielle. En rappelant que le mouvement citoyen est né pour arrêter l'effusion de sang, que chaque année tombent des jeunes et que les «auteurs, ordonnateurs et commanditaires» des crimes sont encore impunis, les participants ont décidé de saisir prochainement les instances internationales dont l'ONU et la cour pénale internationale. Concernant les activités à venir, c'est la journée de grève des commerçants de Tizi-Ouzou prévue pour le 20 décembre qui a fait l'unanimité entre les délégués du mouvement et ceux des commerçants lors de deux assemblées générales tenues récemment. Cette grève a comme objectif l'application d'un des points du protocole d'accord Arouch-Ouyahia concernant l'exonération fiscale des commerçants de Kabylie fortement pénalisés depuis 2001, exonération non respectée dans la wilaya de Tizi-Ouzou.  Par ailleurs, des activités commémoratives en l'honneur de Mohand Arab Bessaoud, militant de l'amazighité et fondateur de l'Académie berbère de Paris en 1967, auront lieu le 12 janvier 2005, lors d'une grève générale. Une marche à pied jusqu'à Alger a également été décidée pour le 13 janvier.  Les participants ont adopté une déclaration qui dénonce «la violation grave et multiforme des droits humains les plus fondamentaux et ciblant surtout les porte-parole des mouvements citoyens et de la société civile, les journalistes et les militants des droits de l'homme» et qui appelle à la libération immédiate et à la réhabilitation de tous les détenus d'opinion, incarcérés ou menacés de l'être. Le rendez-vous étant pris pour le prochain conclave de l'inter-wilaya le 23 décembre. Ainsi, un peu partout sur le territoire, si l'heure semble être à la répression, elle l'est également à la riposte organisée des citoyens jaloux de leurs libertés et de leur dignité.  Baya Cheikh Ettayeb    

alger rep  

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En 2002-2003 , des militants, Amar Amenouche, Djaffar Ben Mesbah et Rachid Ouali, ont été enlevés et torturés par les services de l’État algérien.


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