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Akkaf : « la musique amazighe doit être préservée »

9 juillet 2005
 

Belaïd Akkaf.La musique amazighe s’est enrichie de multiples influences. Le musicologue et compositeur Belaïd Akkaf fait partie de ceux qui ont fait de ce style une raison d’être. Dans cet entretien, il explique sur les caractéristiques de cette musique.
 

ALM : En tant que musicien et chercheur à l’Institut Royal de la culture amazighe, quelles sont, selon vous, les principales spécificités de la musique amazigh ?

Belaïd Akkaf : Premièrement, il faudrait savoir que la musique amazighe regroupe trois régions du Maroc : le Moyen Atlas, le Rif et le Souss. Chacune de ces régions possède ses caractéristiques qui la distinguent. Ces caractéristiques se situent d’abord sur le plan de l’échelle musicale. La musique du Rif, par exemple, se construit sur l’échelle 7. Elle regroupe un total de sept notes. Dans ce sens, elle possède les mêmes caractéristiques que la musique universelle. Par contre, la musique amazighe du Souss se situe sur l’échelle 5 tout comme le Jazz. Elle possède trois gammes musicales propres à elle et qui n’existent pas dans d’autres musiques. Ces trois gammes sont : « Lel Maaha », « Ashelhi » et enfin « Agnaoui ». La musique du Moyen Atlas a, quand à elle, des influences orientales. On retrouve les mêmes gammes dites « maquamat » en arabe dans la musique syrienne par exemple. La musique du Moyen Atlas repose, elle aussi, sur trois gammes : « Bayati », « Sabah » et enfin « Rast ». Cette musique privilégie le quart de ton.

Pensez-vous que la musique amazighe est appréciée à sa juste valeur ?

Cette musique avait atteint une certaine apogée dans les années 70 Mais petit à petit nous avons assisté au phénomène de sa folklorisation. Elle a commencé à être marginalisée et au lieu de s’attacher à ses racines et à sa tradition, elle est devenue presque un outil de simple distraction. Or, comme tout le monde le sait, les chanteurs amazighs sont avant tout des poètes, ce sont des artistes engagés. L’Institut royal de la culture amazighe a essayé de remettre en valeur la musique amazighe en engageant des recherches scientifiques et en organisant des spectacles. C’est une façon pour qu’elle cesse d’être marginalisée et de la sortir de l’ombre.

Mais pour quelle raison, la musique amazighe s’est-elle à un certain moment dénaturée ?

En fait, il y a deux principales raisons. D’abord, il y a des intérêts. Il existe certains musiciens qui suivent le côté commercial, et ne font guère attention à la qualité de leur production. C’est ainsi que cette musique a versé en quelque sorte vers le folklore. Aussi, il y a de jeunes groupes qui, en essayant d’introduire de nouveaux instruments, sortent du registre initial. Mais le défaut c’est qu’ils ne gardent pas l’originalité de la musique. C’est ainsi qu’elle se dénature.

Y a-t-il, selon vous, des efforts qui sont faits pour protéger les textes de la musique amazighe et pour éviter leur déperdition ?

La meilleure façon de protéger cette musique c’est de continuer à l’enregistrer. C’est de cette façon qu’elle pourra être diffusée et que les textes seront préservés. Mais, ceci dit, il faudrait qu’il y’est une inspection des œuvres musicales qui sont distribuées et vendues.

Par : Qods Chabâa

Source : Aujourdhui.ma

 

 

 

 "Le patrimoine musical kabyle est menacé de disparition"

selon Mehenna Mahfoufi

 
 

Azul
Ce qui menace de disparition le patrimoine musicale kabyle c'est plutot le fait que personne n'a pense a ecrire cette musique ( en solfege ). Aller chercher une page ecrite de n'importe quelle chanson kabyle: le resultat est vide!
Quand aux pratiques culturelles des Kabyles au niveau des chants et musiques, juste comme toute societe en evolution, elles changent mais tant que cette richesse culturelle est  repertoriee, enregistree, ecrite,  elle reste eternelle.

Lamara
 

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Azemz hocine  wrote:                      
  
  El Watan
  Edition du 18 décembre 2005

            
Mehenna Mahfoufi. Ethnomusicologue
" Le patrimoine musical kabyle est menacé de disparition "

Brève rencontre avec l'ethnomusicologue Mehenna Mahfoufi, l'auteur dont chaque empan de ses pérégrinations se traduit par une récole (en matière de patrimoine musical kabyle) arrachée à la patrie de la déperdition.

                
          Dans votre recherche, vous avez concentré votre intérêt sur 8 genres musicaux, sachant que le nombre de ces genres est plus conséquent. Sur quels critères vous êtes-vous basé quant au choix de ces cas d'études ?
  Ce sont en fait des contextes rituels  accompagnés de chants qui forment à leur tour des genres musicaux nommés dans la langue kabyle. Les contextes sont nommés aussi. Il y a des genres musicaux qui sont communs à deux circonstances ; c'est l'exemple de tibugharin pour la naissance d'un garçon et le mariage. Quant aux critères ayant obéi au choix de ces cas d'étude, ils se résument à la réalité culturelle de la société qui est la mienne. Un éthnomusicologue est un témoin et un observateur de la réalité culturelle de la socété.
  Quelle est la dimension espace-temps de ces chants et rites ?
  Les Kabyles ne chantent que dans un espace ritualisé. En ce qui concerne les chants collectifs, l'espace est privé (la maison) ou communautaire (tajmayt ou assemblée du village). Il y a des espaces pour chaque quartier. Le temps est celui du rite qui ponctue le rituel. Dans l'espace privé sont exécutés des chants en solo, comme la berceuse ou les chants de la  méditation.
  Chanter dans la société kabyle d'antan relève de l'opprobre. Néanmoins, on constate que cette société possède un riche répertoire musical où la femme joue un role important, cotés création et exécution. n'est-ce pas une situation paradoxale ?
  Il y a une règle sociale qui régit les comportements des individus au sein de la société. Elle se résume au mot " amsethi ", ou la relation mutuelle de respect. Dès lors ou elle est transgressée, il y a sanction. C'est relatif à toute transgression qui touche une r�gle de la même nature. Il y a certes paradoxe, mais résolu par la situation rituelle qu'autorise l'expression musicale.
  Quel est l'impact des mutations sociales sur les rituels et les genres musicaux qui les accompagnent ?
  Les mutations sociales commencent à se ressentir depuis les années 1980. Certes elles étaient en état de  balbutiements, mais ont entrainé une déperdition du volume des chants. Ainsi, les chants ayant trait aux naissances sont réduits parce que les femmes accouchent dans des hopitaux, heureusement. Et dans un hopital, il n'y a pas d'espace musical. La télévision empèche les femmes d'endormir leurs bébés en chantant et de transmettre ce répertoireའleurs filles. Aujourd'hui, lors des fêtes, on invite des artistes pour créer de l'ambiance, lesquels sont payés en conséquence. Ce qui empèche aussi la production de ces chants rituels et les menace de disparition. c'est un constat que je fais. Ce patrimoine est menacé de disparition, d'hybridation et de métissage. Il est urgent de prendre des initiatives pour sauver ces rituels et les chants qui les accompagnent. Je rends hommage aux femmes qui continuent à nous transmettre
 ces traditions musicales qui sont d'une grande richesse.

 
Date:  Sun, 18 Dec 2005 10:31:41 -0800 (PST)
From:  Dan Lamara
To:  Azemz hocine , amazigh-net@yahoogroups.com,
Subject:  Re: [Amazigh-Net] " Le patrimoine musical kabyle est menacé de disparition " selon Mehenna Mahfoufi
 
 

 

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