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Evenements de Tamassint

Manifestation à NADOR le 26 MAI 2005   

Séisme d'Al Hoceima : La grande colère des sinistrés d'Al Hoceima
    le 6/6/2005 19:38:14

Un an après le tremblement de terre, l'indemnisation traîne

Après l'AMDH (Association marocaine des droits humains), c'est au tour de l'OMDH (Organisation marocaine des droits de l'Homme) de se rendre à Tamassint. A 30 km d'Al Hoceima, les 15000 habitants de Tamassint et des douars dispersés dans les montagnes (Zaouiat Sidi Issa, Aghlide, Idadouchen, Aït Aziz, Aït El Cadi,...) vivent encore sous le choc du tremblement de terre qui a secoué la région du Rif le 24 février 2004. Le manque d'infrastructures, route, eau, électricité fait de cette région une enclave difficile d'accès. Les populations n'ont pas bénéficié de l'aide d'urgence car elle est difficile à acheminer.


Pour se défendre, les habitants de la région, dont la plupart des jeunes, se sont organisés en association pour demander de l'aide et la reconstruction par l'Etat de logements décents. Dans une pétition signée par 2000 personnes, toutes victimes du séisme, l'accent a été mis sur le refus de l'aide de 30.000 dirhams accordée aux sinistrés considérée insuffisante pour la reconstruction. Elles ont également demandé le recensement de l'ensemble des maisons sinistrées.
En dépit des sit-in et mouvements de protestation, le dialogue avec les autorités locales fait encore défaut. L'association Tamassint, créée à cet effet, est interdite et ses sit-in constamment sous haute surveillance.

Le 14 avril 2005, a été organisée une marche de protestation en direction d'Ajdir. Le 11 mai, Moatassim Ghalbzouri, coordinateur de l'Association Tamassint, est arrêté avec deux autres de ses amis pour atteinte à la dignité d'un fonctionnaire en exercice de ses fonctions, incitation à la transgression de la loi et de l'ordre public. Le 19 du même mois, la population organise une marche de protestation vers Al Hoceima, qui n'a pu se poursuivre suite à une intervention des forces de l'ordre.

Le bras de fer annoncé, tard dans la nuit, il a été procédé aux tirs des balles à blanc. A cela, les manifestants ripostaient par des jets de pierre. De nombreux blessés sont dénombrés, des voitures et camionnettes des corps mobiles, endommagées. La gendarmerie, rapportent des témoins avait lancé des bombes lacrymogènes par hélicoptère.

Deux membres de la section de l'AMDH (Association marocaine des droits humains) à Al Hoceima (Omar Lamalem et Saïd Aachir) sont maltraités avant d'être relâchés. Jusqu'à une heure tardive, la population était pratiquement assiégée. Le lendemain, la région était coupée du monde : pas de transport, pas d'école, cafés et commerces fermés. En vue de débloquer la situation, l'AMDH appelle, le 21 à un nouveau sit-in à Al Hoceima. Entre temps, plusieurs manifestants, de peur d'être arrêtés, prennent le maquis dans les montagnes avoisinantes.

Le bilan de ces journées reste incertain : parmi les 35 arrestations, 9 personnes sont toujours détenues.
Un communiqué résume les doléances des contestataires dans quatre points :
- le droit à la reconstruction par l'Etat de logements décents
- le recensement de tous les logements sinistrés n'ayant pas bénéficié de l'aide de l'Etat
- la libération de tous les détenus
- l'arrêt des poursuites judiciaires contre les manifestants du 19 mai 2005.
Le jeudi 26 mai, 300 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Nador à l'occasion du procès des membres de l'association.

Deux jours plus tard, une manifestation est interdite et un rassemblement devant le siège de l'AMDH est quadrillé par les autorités.

Le dimanche 29 mai, dès 9h du matin, une caravane de soutien est arrivée à El Hoceima pour se diriger ensuite vers Tamassint, jour de souk dans cette commune.
A 12 km d'Imzouren, en arrivant à 10h 45 à Tamassint, un groupe de manifestants était déjà sur les lieux.

Quelques milliers de personnes ont manifesté durant 3 heures en scandant des slogans qui réclamaient le droit à l'habitat, la libération des détenus, le désenclavement de la commune, et la satisfaction des revendications des sinistrés.

Dans une région quasi désertique, les maisons sont encore en chantier. Un an et demi après le tremblement de terre, les tentes distribuées sont encore dressées et les gendarmes continuent de pointer devant l'unique épicerie, là où les affrontements du 19 mai ont éclaté.

En dépit de la tension qui prévaut dans la région, les membres de la caravane ont été accueillis par des activistes qui scandaient des slogans, dont notamment :
" Tamassint résiste, vive la solidarité ".
Les cadres de l'association toujours recherchés et réfugiés dans les montagnes arrivent encadrés d'enfants. " Si le tremblement de terre est une catastrophe naturelle, notre marginalisation est un choix politique ", disent-ils.
La marche fait le tour du village jusqu'au souk. Elle rassemble, selon l'AMDH, environ 3000 personnes puis rejoint le centre du village.

Lors d'un rassemblement, les manifestants ont violemment critiqué l'irresponsabilité de l'équipe civile de reconstruction de la commune et du conseil communal en leur attribuant la responsabilité de la dégradation de la situation.
A l'issue de cet événement, les représentants des délégations de Nador, Tanger, Tétouan, Casablanca, Agadir, Tata, Targuist et la délégation de AFFA ont exprimé leur solidarité avec le mouvement de contestation.

L'association de Tamassint a, de son côté, réitéré ses doléances et annoncé sa volonté de faire du 12 juin 2005 une journée de solidarité nationale avec les sinistrés.

Source : Lematin.ma

 
 

 
Evènements de Tamassint
Protestation à Nador

         Des Rifains ont réagi à Nador et ont organisé un rassemblement  devant le tribunal de première instance le 26 mai 2005 pour protester contre l’attitude de l’Etat marocain à Tamasint. Ils ont dénoncé la violence et répression pratiquées par les autorités marocaines conte les citoyens de la région.
"Si le séisme est un phénomène naturel, la répression est un phénomène makhzénien [1] était l’un des slogans que scandaient les manifestants.
En effet, l’Etat marocain, à l’instar de ses voisins, est de nature répressive. La violence étant leur langage préféré.
On a beau fait croire que M6 était différent du père, mais les fondements de la monarchie marocaine, notamment son socle qui est l’arabo-islamisme, demeurent toujours les mêmes. Et tant que nous avons la monarchie, rien ne changera...

Nous publions quelques photos du rassemblement. Davantage de photos peuvent être consultées sur le site Nador City

la Rédaction

source: tamazgha.fr

 

 

[1] Makhzen = terme arabe qui signifierait "Trésor public" mais qui est l’équivalent de l’Etat. Là, il faut lire plutôt "Etat marocain".

source: tamazgha.fr

 

COMITE TAWIZA  :  LES EVENEMENTS DE TAMASSINT

Le Comité Tawiza pour le Soutien et l'Appui aux Victimes
des Suites du Séisme du 24 Février 2004 Nador

COMMUNIQUE

Le Comité Tawiza pour le soutien et l'appui aux victimes des suites du séisme du 24 Février 2004 créé à la suite des événements douloureux qui ont survenu dans la zone de Tamasint à Al Hoceima :

  • après avoir débattu de la situation pénible dont souffrent les sinistrés de la zone, due au fait que les autorités publiques se déchargent de leurs promesses relativement à la réparation des suites du séisme,
     

  • après s'être renseigné des arrestations aléatoires des militants de l'Association Tamasint pour le Suivie des Effets du Séisme par l'appareil répressif du régime du Makhzen, ainsi que d'un grand nombre des habitants du canton, lesquelles arrestations furent précédées et suivies de campagnes de répressions barbares où l'appareil précité se servit d'hélicoptères, de bombes lacrymogènes, de cartouches caoutchoutiques et de bergers allemands, fit irruption dans les maisons des habitants et ce par une violation nue de leurs enceintes, et couronna son processus répressif par l'installation d'un état de siège sur toute la zone,
     

  • et après avoir mentionné le black-out autant des médias officiels que de la presse partisane qui se sont adonnés à la couverture de nouvelles superflues,

Le Comité Tawiza donc déclare à l'opinion publique locale, nationale et internationale :

- qu'il dénonce le terrorisme du Makhzen pratiqué contre les habitants de Tamasint qui atteste de la continuité du comportement makhzenien ayant sévit dans la région les années 1958, 1959 et 1984 et qui contredit la volonté préconisée par l'Etat selon laquelle il voudrait finir définitivement avec sa politique passée vis-à-vis de la région,

- qu'il considère cet assaut sauvage du Makhzen contre la population de Tamasint comme faisant partie du processus d'humiliation, de marginalisation et de discrimination pratiquée historiquement contre Imazighen,

- qu'il porte son appui aux victimes du séisme du 24 Février 2004 concernant toutes leurs revendications légitimes,

- qu'il revendique la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus, et ce en annulant définitivement toute poursuite judiciaire ridicule à leur intention,

- qu'il revendique la constitution d'un comité indépendant et crédible pour s'enquérir de l'ensemble des violations qui ont été pratiquées contre les victimes du séisme et en sanctionner les coupables,

- qu'il sollicite tous les ayant foi parmi la population de la province de Nador de se solidariser avec nos frères détenus, et ce par la présence massive le jeudi 26 Mai 2005 à la séance du jugement et par la participation à la caravane de solidarité prévue pour le dimanche 29 Mai 2005.

- qu'il sollicite la société internationale d'intervenir pour mener une enquête relativement au devenir des assistances présentées aux victimes du séisme du 24 Février 2004.

Fait à Nador, le 23 Mai 2005

 

 

 
   

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