TUNIS (AP) - Une trentaine d'avocates ont observé mercredi une greve de la
faim pour protester contre les "agressions" dont plusieurs d'entre elles
affirment été l'objet de la part d'agents de police, selon un communiqué
publié par les grévistes.
Dans ce communiqué, 32 avocates dénoncent "la violence physique et
verbale" dont leurs consoeurs ont été victimes, notamment Me Leïla Ben
Debba. Elles demandent l'ouverture d'une enquête et des poursuites contre
les auteurs de ces actes.
Selon les signataires, ces incidents ont eu lieu dimanche devant la Maison
du barreau à Tunis où des avocats poursuivent un sit-in depuis 10 jours
pour protester contre un projet de loi adopté la semaine dernière par la
chambre des députés portant création d'un institut supérieur du barreau.
Le conseil national de l'Ordre des avocats (CNOA) conteste ce texte qui,
selon le bâtonnier Abdessattar Ben Moussa, "porte atteinte à
l'indépendance de la profession" et n'a pas pris en compte les requêtes
formulées par le CNOA.
Le ministre de la Justice, Béchir Tekkari, avance quant à lui que le
projet a été mis au point avec la participation de "toutes les parties
concernées, y compris l'Ordre des avocats".
Lors d'une conférence de presse, il a fait part de la disposition de son
ministère au dialogue avec les avocats, tout en affichant son refus de
certaines revendications du CNOA, citant notamment le financement de
l'institut par des parties étrangères et la proportion "excessive" de 80%
de représentativité au conseil scientifique de l'institut exigée, selon
lui, par les avocats. AP
bb/pyr