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Au Maroc / Le mouvement Amazigh n'a plus confiance dans le pouvoir arabiste

 

 
     - 1 -  Les Imazighen quittent l' IRCAM

     - 2  -  Les Imazighen et le Makhzen

  

 

Par N'Ait Slimane Hddou 

Point de vue

 

IRCAM: LE SURSAUT DES HOMMES LIBRES !

L'aquarium monarchique implose

 

 

          Ni coup de cœur, ni coup de gueule. Il s'agit d'un acte responsable, réfléchi et pesé. Le retrait de sept membre du Conseil d'administration de l'Institut Royal de la Culture amazighe de cette institution constitue une secousse tellurique dont les effets ont déstabilisé les responsables du dossier amazighe dans les hautes sphères du pouvoir. Particulièrement Abdelhaq Lemrini et Meziane Belfqih l'artisan de la COSEF et de la réforme de l'enseignement et promoteur de l'intégration de l'amazighe comme auxiliaire de l'apprentissage de la langue des arabes enseignée aux amazighes.

Les motifs invoqués par les sept membres dans un communiqué repris par la presse et les agences de presse soulignent la continuité de la politique arabiste et la négation systématisée de l'amazighité et son exclusion du paysage médiatique et institutionnel national.

Voici donc que la question amazighe retourne à sa case de départ. La réponse apportée par le pouvoir aux revendications identitaires amazighes il y a trois années s'évapore. Ce fut une pure manœuvre dilatoire, une supercherie «mijotée» au cœur des arcanes du pouvoir par la caste araboandalouse qui a estimé opportun de solutionner la question amazighe, non par l'acide, mais par sa domestication pour pouvoir la vider de son sens. C'est, en fait, sous-estimer la détermination des amazighes qui ont choisi de contribuer, de manière civilisationnelle et pacifique, pour tourner une page de notre histoire faites de palaies, de cicatrices, de blessures, d‘humiliations, de brimades, de mépris, d'exclusion et de marginalisation programmée. Un choix fait pour maintenir la stabilité du pays. Un geste fait avec stoïcisme.

La réponse du pouvoir s'avère une manipulation, une mascarade politique, un feu d'artifice, un leurre. Désormais nos décideurs sont acculés. Leur volonté politique fait défaut. Ils se retrouvent face à leur responsabilité. Leur crédibilité s'écroule car leurs actions s'inscrivent toujours dans le cadre d'une politique ethnocidaire : la prostitution, la folklorisation et la destruction de l'identité amazighe. Ils s'accrochent à leur hypothèse idéologique : le Maroc est un pays arabe, ses habitants sont arabes, son passé, son présent et son avenir sont arabes. Hors de l'arabité, point de salut.

Que va donc encore nous raconter M. Belfekih et ses acolytes ? Que va proposer ce conseiller royal aux sept membres du Conseil d'administration qui se sont retirés et qu'il rencontrera le lundi 28 février 2005 ? Et ne disposant d'aucune marche de manœuvre, ni d'un quelconque pouvoir de décision, comment va-t-il appréhender les revendications formulées par les « démissionnaires » ? Usera-t-il de l'intimidation, des menaces ? Une perspective à ne pas exclure, mais dont les conséquences risquent de, définitivement,entériner la rupture entre le pouvoir et la mouvance amazighe et ouvrir une confrontation directe qui reste à la faveur des amazighes qui continuent, sur leur propre terre, dans leur pays, à subir la politique d'une caste qui se dit venir d'ailleurs – d'Arabie ou d'Andalousie-, des a mazighes qui vivent sous une forme de colonisation aux couleurs nationales.

M. Belfkih n'est qu'un conseiller. Il endosse entièrement la responsabilité de la crise qui secoue l'IRCAM. Son départ avec d'autres têtes, aiderait, probablement à rétablir un minimum de confiance. C'est un changement inévitable qui témoignerait d'une réelle volonté de changement. Autrement, la crise s'enlisera. Les amazighes ne pourront pas croire à un changement émanant de personnes qui ont orchestré le sabotage, qui ont œuvré à la paralysie de l'IRCAM, qui ont pensé pouvoir acheter les hommes libres, troquer leur identité contre quelques privilèges. Non.

Et comment pourront-ils avoir confiance en un pouvoir qui honore leurs bourreaux, ceux qui les insultent au su et au vu de tout le monde, comme Abdelhaq Lemrini, directeur du protocole royal qui garde toujours sa fonction et continue à narguer la mouvance amazighe par des insanités publiées dans la presse moyen orientale ? Ou encore, des responsables politiques et des fonctionnaires du Ministère de l'Intérieure ainsi que l'actuel Ministre de la Communication qui ont signé la pétition publiée par le journal La Vérité accusant les amazighes de racistes ? Ou le Ministre de la culture Mohamed Achâri qui a arnaqué les artistes amazighes et a déclaré la capitale des alaouites, capitale de la culture arabe ? Ou une apprenti sorcière du cinéma, Narjis Najjar, qui a fait des tribues amazighes des Ayt Sokhmane et de s Ayt Abdi, des hommes débauchés et des femmes prostituées ? Ou Mustapha El Alaoui qui distille son racisme antiamazighe dans son torchon hebdomadaire ? Ou les Gouverneurs et les Walis, comme un certain El Madkouri, qui appliquent la loi du far west dans le villages et bourgades amazighes, avec la complicité et les instructions du pouvoir ?...Et un certain Abdelwahab Belmensour, un charlatan de l'histoire, qui a établi les fameuses listes des prénoms qui mettent sous scellés les prénoms amazighes? Et les fonctionnaires de l'Etat civil, au Maroc et dans les Consulats et Ambassades du Royaume, qui empêchent les amazighes de donner des prénoms amazighes à leurs enfants ? Et comment comprendre que l'IRCAM n'est pas doté d'un siège deux ans après sa constitution?

Comment les amazighes feront-ils confiance à un pouvoir qui coptent tous les conseillers du Roi parmi la caste des araboandalouses, les Qabbaj, Naciri, Jirari et consorts ? N'existe-il pas d'amazighes dignes d'être conseiller auprès de Sa Majesté ? Les critères du choix des conseillers du Roi sont-ils des critères andalous ? arabes ?...Et que dire du Ministère des Affaires Etrangères qui fonctionnent comme une entreprise de la famille des Fassi, Slaoui et autres andalous ?

Et que pense M. Belfekih des terres amazighes spoliées aux tribus par le colonisateur et mise sous tutelle du Ministre de l'Intérieur qui les distribue comme dons aux arabo-andaloux ? Et Que va-t-il nous raconter sur la constitutionnalisation de l'amazighe ? De l'Institut d'arabisation financé par l'argent des amazighe ? Des Bureaux et autres organismes de l'arabisme hébergés par notre capitale pour la destruction des valeurs civilisationnelles amazighes ? Et des deux chaînes de télévision dont se sont emparés les araboandalous pour faire de leur «culture» et « valeurs » arabes des éponymes et des modèles de référence nationaux ?...Le pouvoir, ira-t-il jusqu'à proposer la construction d'une nouvelle Tazmammart pour y foutre les sept démissionnaires de l'IRCAM et leur faire subir le sort des officiers amazighes mêlés aux événement des années 70?

M. Belfekih, peut-il répondre à toutes ces questions? Nous dire s'il envisage de faire du tarbouch turco-ottoman un symbole national ? Et de la musique andalouse un patrimoine sacré ? Et des Arabes le peuple élu de Dieu ? Et des amazighes les descendants de la Zaouïa dilaiya considérée comme ennemi juré de la dynastie alaouite?

Les «démissionnaires» ont fait un choix conforme aux valeurs amazighes : la transparence, la dignité, la clarté, l'honnêteté, l'intégrité. Ils ne veulent pas rendre de compte à l'histoire. Ils ont cru en la bonne volonté du pouvoir. Ils ont pensé que les décisions du Roi tiennent lieu de lois d'autant plus qu'elle rétablissent une injustice, et invitent les marocains à renouer avec leur histoire, la vraie, pas l'histoire concoctée par des historiographes charlatans et démagogues. Non, l'histoire de notre pays dont les amazighes, depuis des millénaires sont les acteurs.

Leur choix rompt avec les valeurs du sérail et de la caste araboandalouse qui cultive les amalgames et les ambiguïtés, fonde le népotisme, le clanisme, la tartufferie, la démagogie, l'hypocrisie et le je-m'en-foutisme…Un choix qui met a nu les mercenaires de l'arabo-stalinisme et les adeptes de l'idéologie marxiste, révolutionnaire, progressiste et antimonarchiste que le pouvoir a réussi a soudoyer et à acheter en les enfermant dans des institutions dont les budgets échappent à tous contrôle : Instance Justice et Equité, Conseil Consultatif des Droits de l'Homme…N'est-ce pas messieurs Benzekri et autre Herzenni !

Sept membres de l'IRCAM ont dit non, préférer vivre debout donc. Ils auraient pu être, selon des sources sûres, plus de quinze. Les contacts n'ont pas porté leurs fruits. Ceux qui ont préféré ne pas se retirer tiennent à leur indemnités et privilèges. D'autres ont peur des mirages. Et quelques uns ont même dénoncé cet acte. Qu'importe. La mouvance amazighe en sort gagnante : elle sait qui est qui et peut désormais procéder à l'évaluation, estimer à leur juste valeur tous ces fanfarons qui se sont érigés en défenseurs inconditionnels de l'IRCAM et ses responsables, ceux qui partout disent que l'IRCAM est la solution miracle. Les militants amazighes peuvent maintenant se faire une vraie idée sur les profiteurs, les opportunistes qui ont refusé de se retirer et ont troqué les principes et la cause contre quelques mill iers de dihams.

Côté chercheurs, on s'achemine vers une démission collective touchant plus de la moitié du personnel. C'est du moins ce qui se dessine. Et là encore, il y aura ceux qui choisiront les principes et ceux qui voudrait sauvegarder les quelques primes misérables qu'ils perçoivent d'une institution gérée  comme un commissariat de police, digne des années Basri.

Coté interne, rappelons également le sort de trois chercheurs renvoyés arbitrairement vers leurs administrations d'origines. Evoquons aussi la dilapidation du fonds des œuvres sociales géré par l'administration : plus de cinq millions de dirhams. M.Belfkih n'est-il pas au courant?

Depuis la publication du communiqué des sept membres du Conseil d'administration de l'IRCAM par la presse nationale et les sites web amazighes, moulte tentatives ont été initiées pour étouffer le scandale qui a éclaboussé ceux qui veillent sur la destinée des amazighes. Le ministre de l'Education a été convoqué en catastrophe au palais royal et l'administration de l'IRCAM a publié un communiqué (démagogique) sur une rencontre avec ce même ministre le mardi prochain (01/03/05). Ce dernier s'est aussitôt précipité à la télévision pour nous parler de programme audiovisuel sur l'amazighe « arabisé » dans la chaîne de télévision que lance son ministère. Le ministre de la Communication fait des déclarations à droite et à gauche pour nous parler de programme audiovisuels en amazighe parrainés par l'arabe, les respons able du journal de Allal Al Fassi AL ALAM se sont déplacés vers l'IRCAM (le 24/02/05) pour prendre des photos avec les responsables et témoigner leur bonne fois quant à la sauvegarde d'Al Barbariya. Toutes ces démarches qui sont de la poudre aux yeux émanent de la secousse tellurique provoquée par les « démissionnaires ». Mais on ne peut plus leurrer personne. La suite est à venir.

 

N'Aït Slimane Hddou

 source : amazighworld.org

 
   

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Point de vue

 imazighen et le mahkzen
 Par: Ben Hemmou Hassan

 

 

            Pourquoi imazighen doivent tendre la main au makhzen comme disaient certains? Est ce que imazighen sont contraints, voire obligés de tendre la main au makhzen arabiste et andalous? Certes, il est difficile de cerner la nature des rapports makhzen /imazighen  sans comprendre la portée et la teneur de chacune de ces deux notions qui font référence à deux réalités opposées: une foncièrement liée à un appareil de domination, alors que l’autre fait plutôt référence à une réalité anthropologique, historique, nationale et identitaire; il s’agit d’une relation entre un monde connu pour son usage incongru de la force contre ses adversaires, et un monde où des hommes libres luttent pour leur droit à l’existence; d’où cette opposition radicale, voire inconciliable entre les deux parties.
           Si la notion de makhzen fait référence à un pouvoir central et centralisé, d’origine andalouse et omeyyade, défini comme étant un appareil de domination et de soumission du petit peuple par une autorité dont les tentacules cernent toute la société marocaine à travers des réseaux multiples et divers (police, gendarmerie, armée, la direction de la surveillance du territoire dst, administration centrale et locale…), La notion d’imazighen quant à elle est difficile à saisir; car dans le sens large du terme, elle désigne l’ensemble d’imazighen, c’est-à-dire peuple autochtone de l’Afrique du Nord, excepté l’Egypte «berbérophones et arabophones»; alors que dans le sens strict du terme, elle désigne «les militants amazighs», ceux qui militent pour les droits légitimes d’imazighen sur leur propre terre, dont le droit primordial est celui du «droit à l’autodétermination identitaire» face à des régimes panarabes et antiamazighs.
              C’est dans ce sens du «droit à l’autodétermination identitaire» que se définissent imazighen en tant que militants pour une cause patriotique légitime qui concerne imazighen partout où ils sont (Afrique du nord et reste du monde); sauf intention maniacodépressive développée par les petits abrutis soumis au lavage idéologique des cerveaux mis en œuvre au sein des pays du Maghreb depuis l’âge des indépendances formelles des États maghrébins, toute forme d’amnésie est cultivée de façon préméditée et programmée par de petits démoniaques qui ne cessent de rêver de ce qu’ils appellent la nation arabe, le monde arabe, le destin arabe à construire sur le territoire de peuples non arabes. Ce discours narcissique est affirmé par les petits chefs et émirs dits arabes au cours du sommet d’Alger de ladite ligue arabe, organisation qui prône la race et la pureté du sang.
                C’est sur la base de ce principe du «droit à l’autodétermination identitaire» que se définissent les autres droits inaliénables de notre peuple amazigh qui doit avoir conscience de soi même, de son identité et de sa différence par rapport aux autres peuples du monde. Cette conscience n’implique en rien du racisme ou du chauvinisme, mais une affirmation de soi sur l’échiquier des nations du monde. Or les régimes politiques arabistes établis au Maghreb ne cessent d’activer la dégénérescence de notre peuple, aujourd’hui fortement déraciné; ce, se manifeste dans l’absence chez nos jeunes et petits intellects d’un background  identitaire national auquel ils peuvent se référer; ce, développe la haine de la patrie et l’absence du sens civique chez ceux qui haïssent la patrie; ce, est le résultat de la politique d’éducation des États panarabes maghrébins qui ont déraciné notre peuple.
                 Si le reste des nations du monde parviennent à s’affirmer sur l’échiquier des nations, notre peuple est invité à agir de même à travers la création d’États amazighs dans tout le territoire de tamazgha (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie, nord du mali, nord du Niger, nord du Burkina-Faso, îles canaries); le droit à l’autodétermination identitaire doit s’exprimer de la sorte tout en mettant en relief les autres droits: une histoire nationale authentique, une identité amazighe propre, une culture propre, une civilisation propre, un projet de construction d’une société nationale démocratique, la libération de l’idéologie raciste et fasciste dite le panarabisme….. Or, imazighen doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas faire aboutir leur projet sans une nouvelle stratégie d’action qui combine entre l’action interne et internationale, «implication des organisations internationales, des États européens et américains, manifestations devant les ambassades et consulats des États maghrébins à l’étranger….». imazighen doivent comprendre une foie pour toute que les régimes arabistes au Maghreb ont fait du panarabisme et l’arabité leur religion et qu’ils ne peuvent pas céder; ce discours panarabe est affirmé par les responsables marocains et algériens lors du sommet panarabe à Alger; ces responsables n’ont cessé de parler de leur nation arabe, de leur monde arabe, de leur destin arabe, de leurs petits rêves narcissiques et utopiques…. ils sont des panarabes antiamazighs; de petits idéologues qui expriment la mentalité commune et unique de toute la classe dirigeante maghrébine.
               Imazighen, fer de lance du peuple amazigh, force sociopolitique, culturelle, nationale et nationaliste… aspirent non pas à réaliser telle ou telle revendication, telle ou telle réforme dans des pays où des régimes archaïques fonctionnent encore sur la base du rapport seigneur /serf, mais plutôt à réaliser le changement radical auquel aspire la société maghrébine; un changement qui consiste à mettre fin aux régimes arabistes etpanarabistes établis dans ces pays très sous  développés, et où la médiocrité à tous les niveaux est la norme qui structure le fonctionnement du système politique, économique, social… Imazighen dont la philosophie d’action englobe les fondements de timmuzegha, la noblesse, la liberté, la dignité, la grandeur de l’âme, et l’esprit révolutionnaire…, des valeurs qui constituent le summum et la quintessence des normes qui structurent l’être amazigh, ne sont pas des réformistes, des mendiants (imateraren) qui doivent tendre la main à quiconque pour avoir une de ses faveurs. Imazighen se définissent comme une force de changement, adversaire des autres formations panarabes et arabistes racistes, fascistes; ipso facto la nature des rapports entre imazighen et ces formations makhzaniennes ne peut être que conflictuelle jusqu’à la victoire du projet amazigh «tôt ou tard».
             Si la relation entre imazighen et le makhzen est définie comme telle, cela implique qu’imazighen  (je parle ici des hommes libres et nobles, honnêtes et sincères qui ne se laissent pas acheter par le makhzen, et non pas des petits irkamistes, petits mercantiles, commerçants de la cause de tout un peuple) ne vont jamais tendre la main au makhzen arabiste pour le supplier, ne vont jamais lui demander de réaliser une telle ou telle réforme; car pour eux ce régime arabiste est un régime anti populaire; c’est un régime qu’ils rejettent en bloc et qui doit déclarer sa faillite et son incommodité avec les réalités du Maroc amazigh.     C’est un régime, d’origine andalouse et omeyyade, qui se déclare arabe dans une terre non arabe; il doit quitter ce pays pour rejoindre ses siens à Damas et à Riad.
Historiquement parlant, si imazighen n’ont jamais vécu sous la domination du makhzen arabiste et sous sa tutelle; et s’ils n’ont jamais reconnu le makhzen comme l’histoire des fédérations tribales de Tazerwalet, d’ayt Ifelman, d’ayt Atta, d’Izenasen, d’Iweryagheln, d’ayt Saghroucchen, d’Izemmouren, d’Iskouren, d’ayt Baameran… le confirme, pourquoi imazighen d’aujourd’hui, héritiers  du legs d’Abdelkarim Al Khettabi, de Assou Ubaslan, de Muha Uhemmou Zzayani, d’Ahmed Asensal, de Zayd Uhmad, de Heddou Aqchich, de Abbas Lemsaadi, de Hemmouan Al Fatouaki, d’Ussellam Amezian…. et avant eux de Massinissa, de Jugurtha, de Dihya… doivent tendre la main au makhzen arabiste et demander une de ses faveurs; «s’il te plaît petit makhzen reconnaîs moi en tant que schelh, en tant que barbare, s’il te plait reconnaîs ma langue …». Quelles petites revendications mesquines et misérables faites par de pseudo militants amazighs à un régime arabiste et panarabiste qui détient le droit de vie et de mort sur un petit peuple qui vit à la marge de l’histoire.
 «Imaziγen ur tetteren ca yyuwen, xesan abrid n tudert matci abrid n tdallit; ceg awmi amaziγ, mmis n Yugerten, Dihya, Kkuzilan, d Masensen tezmret ad teddut γer dat, wwer maka isewi nnec ameqweran ad ili, ceg a tilid, tudert nnec awd».
               Si nos ancêtres ont combattu le makhzen arabiste et panarabiste et n’ont jamais vécu sous sa tutelle, pourquoi nous, on doit pas faire de même? Est-ce que le Maroc est condamné à vivre éternellement sous un régime arabiste et panarabiste, monocratique et sacralisé? Est-ce que le régime arabiste et panarabiste est une fatalité pour le Maroc? Pour imazighen, héritiers d’un legs de combat et de lutte pour la liberté et l’indépendance, le régime panarabiste n’est pas une fatalité pour le Maroc, car il faut croire au changement pour démakhzanizezr le Maroc.
                 D’ailleurs, les idées développées là-dessus ne sont pas des rêves, elles sont au contraire de véritables réalités qui ont structuré l’histoire politique du Maroc; imazighen n’ont jamais vécu sous la houlette du makhzen arabiste et panarabiste; ce fait historique est remis en cause à partir de 1912 jusqu’à 1960, respectivement deux dates marquées par les grandes opérations de carnage perpétré à l’égard de notre peuple dans les Atlas et le Rif avec la liquidation pure et simple de l’armée de libération  nationale dans les zones du nord, du centre et du sud; c’est la puissance coloniale, en l’occurrence la France, qui a soumis imazighen grâce à sa politique du fer et du sang à l’autorité du makhzen traditionnel et moderne; c’est la France comme disait le kabyle  Arkoun Mohammed, qui a créé l’État nation au Maghreb; c’est-à-dire un État jacobin central et centralisé qui contrôle le territoire et la population avec une main de fer; c’est sur la base de cette nouvelle donne qu’ont été redéfinies les relations entre le makhzen et imazighen; c’est-à-dire un autre contexte d’action, de lutte et de combat du makhzen contre imazighen voulus, par ce dernier,  être arabes par la force .
                   Ce survol même superficiel de la nature des rapports imazighen/ makhzen doit nous inciter à nous interroger sur la politique berbère du makhzen, ennemi structurel de notre identité; car le makhzen arabiste moderne, fruit de la puissance coloniale française au Maroc d’après 1956, comprend bien que la seule force nationale et nationaliste qui menace son existence, est celle que représente imazighen; car prôner le fédéralisme c’est prôner le démantèlement pur et simple du makhzen; c’est le projet que rejette le makhzen car il constitue une remise en cause de la centralité de l’État makhzanien.
                  Le makhzen en tant que régime politique arabiste est un régime amazighophobe; c’est un régime qui nous a supprimé le droit à l’existence identitaire; c’est un régime panarabe qui nous traite de barbares, de minorité, de séparatistes, de collabos du sionisme et de l’impérialisme. Comment donc nous, imazighen, fils de Jugutha et de Dihya, devrons nous opérer avec un tel régime panarabiste, qui a effacé et qui efface encore l’identité de notre peuple et de notre pays? Le makhzen a une seule religion qui est l’arabité et le panarabisme, son dieu est un dieu arabe; le véritable Dieu qui a créé imazighen, les kurdes, les perses, les indiens, les arabes, les chinois…, il ne le reconnaît pas car la logique d’égalité des races, des peuples et des langues… s’accommode mal avec la logique arabiste du makhzen qui est un makhzen arabiste et panarabe, un régime archaïque et anachronique qu’il faut remettre en cause si le Maroc veut se libérer du sous-développement et du despotisme pour pouvoir réaliser sa révolution politique, économique, sociale et culturelle.
 Imazighen, perçus dans le cadre du mouvement amazigh marocain, prônent la fin du makhzen panarabiste qui est une structure anachronique s’adaptant mal avec les réalités actuelles du Maroc moderne et avec les aspirations de notre peuple, à plus de liberté et de démocratie; c’est un régime féodal, autoritaire très sous-développé; un régime panarabiste qui enchaîne notre identité et qui entrave sa libération et son développement: d’où la nécessité d’œuvrer pour démakhzaniser l’État marocain; c’est-à-dire créer l’institution de l’État; le Maroc, comme disait Abdellah Hemmoudi, doit se libérer de l’autoritarisme et des structures makhzaniennes archaïques, un régime théocratique basé sur la relation patriarcale et patrimoniale du seigneur /sujet; le Maroc doit se libérer de la philosophie de la peur et de la terreur, de la répression et de la soumission,  des traits caractéristiques qui structurent l’organisation et l’action du makhzen panarabiste .
              Si imazighen rejettent le makhzen arabiste en tant qu’appareil despotique en prônant le fédéralisme  et l’organisation fédérale du pays, ils rejettent aussi la philosophie de ce système qui n’est autre que le panarabisme, idéologie fasciste et raciste qui fait de nous des arabes de deuxième degré alors que nous sommes imazighen; le makhzen efface notre identité, dénigre notre langue, falsifie notre histoire, exploite nos richesses, marginalise nos régions, réprime nos militants… avec la bénédiction de son maître «la France», puissance coloniale criminelle qui a détruit imazighen pour donner le pouvoir par la suite à ses collabos et petits pions.
                L’arabétisation de notre peuple, son déracinement ne cessent de gagner du terrain, mais dans le sens du sous-développement total et absolu de notre pays et de notre peuple; cette orientation programmée, prédéfinie, préméditée et voulue stoppe et paralyse tous les efforts menés pour la libération du Maroc amazigh; or imazighen sont déterminés à aller plus loin dans leur projet de libération identitaire du Maroc. C’est ainsi qu’ils oeuvrent pour:
*la création d’un État fédéral au Maroc;
*le retrait immédiat du Maroc de la ligue arabe «organisation raciste»;
*l’arrêt immédiat de l’arabétisation;
*la mise en place d’une assemblée nationale constituante 
 pour rédiger une constitution démocratique  pour le Maroc de demain;
*la libération des territoires occupés au nord par l’Espagne «Ceuta, Mlila, Tura»;
*la récupération du sahara annexé a l’Algérie «Touat, Tindouf…»
*la mise en place d’un projet de développement national de toutes les régions du Maroc et surtout des régions amazighes marginalisées par le makhzen;
*la répartition juste et équitable des richesses économiques, des terres agricoles, des richesses minières et halieutiques;
*l’équipement du pays en infrastructures: ports, aéroports, routes, autoroutes, chemins de fer, hôpitaux, écoles….   
*La lutte sans relâche contre la corruption, le détournement des deniers publics;
*La démakhzanisation de la société et de l’État.
          Or ce projet national et nationaliste ne peut être atteint que grâce à la conjugaison des efforts de tous les nationalistes marocains prédisposés et prédéterminés à œuvrer dans ce sens.
        En guise de conclusion, ayyuz d ameghnas pour nos compatriotes imazighen qui ont quitté l’institution mirage dite l’IRKAM, institution makhzanienne mise en place pour camoufler la nouvelle politique berbère du makhzen; politique d’assimilation et d’étouffement  de toute forme de contestation d’imazighen contre le makhzen. Or imazighen ont allaité les valeurs de timmuzegha «A TERREZ ULA TEKWENA», et tôt ou tard ils vont restaurer l’identité amazighe du Maroc qu’ils libéreront de sa vassalité à l’orient arabe. Nos félicitations vont aussi au peuple kurde d’Irak qui a pu réaliser sa libération historique du régime fasciste, raciste et sanguinaire du parti baat, parti nazi par excellence dont les filiales sont implantées au Maroc avec les partis panarabistes. Ayyuz pour le peuple kurde qui a pu imposer sa langue et faire de son chef  Jalal Talbani le premier président non arabe, élu démocratiquement dans un Irak multiracial, multilingues et multi confessionnel .
           Notre Afrique du Nord, Afrique berbère doit se libérer du panarabisme, doit rompre avec l’orient arabe, doit quitter l’organisation raciste dite la ligue arabe, doit surtout se libérer des régimes totalitaires et féodaux qui bloquent toute forme de développement. Alors oeuvrons nous pour notre droit à l’autodétermination identitaire. 

(Ben Hemmou Hassan, MEA/ FNU, Avril 2005)
 source: tawiza.net ou ( journal No 98 juin 2005 )

 

 

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