LA RESISTANCE DES CULTURES     

 

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Pour decoloniser Tamazgha de l'ideologie arabo-islamiste

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 - Amazigh Tu Redeviendras  

 

      

LA FEMME   BERBERE

Tamattût d-imal n w-aryaz - La femme est l'avenir de l'homme

 

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8 Mars 2010

JOURNEE DE LA FEMME

 http://www.doctissimo. 

 

FADHMA N'SUMMER              

 L'Histoire d"une heroine berbere falsifiee par la television algerienne

L'indignation des descendants de notre heroine

HhAD'HUM N'Th'fughalt

les femmes berberes d'Algerie ( dont LA KAHINA  ou DIHIA )

La femme kabyle traditionnelle

La femme amazigh et droits culturels

La femme Amazigh doublement piegee  par Maryem DEMNATI

Transhumance avec les femmes berberes (exposition photos Bruxelles sous l'egide de

 

 

                         http://www.amnestyinternational.be/doc/article2324.html#auteur_bas90

 

 

              

  les arts des femmes berberes

  Zefra Sahraoui poetesse amazigh

  Chadia DERKAOUI recomponsee au trophee khmissa

 Fatima SADIQI linguiste-chercheure

 ►Samiya Saad-Buzefran  auteur lexique informatique amazigh

  MISS KABYLIE 2009; 2008 et 2005    http://www.misskabylie.net/:

  Maroc: reforme code nationalite: la mere marocaine peut transmettre sa nationalite a ses enfants quelque soit sa situation ( état ) civile ( 30/07/05 )

 Fatna "Aryaz " ou " Mohand Aryaz "

  Fatma Tazoughert des Aures

 ► la femme touareg

 ► Lettre ouverte a une mere amazighe  ( ma mere est tamazight, tamazight est ma mere )

  Maroc: CODE DE LA FAMILLE  EN MULTIMEDIA  Video et audio

 ► La violence contre les femmes représente le plus grand scandale de notre époque en matière   de droits humains.

 ► Yamina  Mechakra     http://www.aures.new.fr/

 ►  Nora BOUDOU a la tete de deux associations berberes

   NAIT SID Kamira interview  

   KOUDACHE Lynda  auteur

   Le statut des femmes kabyles autochtones de l'Algerie. ( memoire maitrise en sociologie universite du quebec par BOUZAZA Karima www.archipel.uqam.ca/1974/01/M10654.pdf

   La fondation Européenne des femmes Amazigh (EAWF)

   DURBAN 2  CONTRE LES FEMMES

 
 

 

 

   

Le "Voyage de Nadia" projeté à Montréal le 28 octobre 2006

Un documentaire courageux mettant en lumière l’obscurantisme qui perdure en ce début de 21e siècle en Kabylie. Il traite de l’enfermement des femmes dans leur maison et de la cruauté des coutumes qui encadrent la condition féminine (...) kabyle.com   désolé le lien a cette page a été supprimé par kabyle.com

La condition de la femme kabyle. Islam, lois et traditions 

L'Islam, la Femme et le 8 Mars

http://www.ripostelaique.com/

  

La Femme amazigh rurale

 au four et au moulin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dessin Amhil 07  

 http://www.monde-berbere.net/amhil1.htm

 

 

 

 

 

   http://www.un.org/french/events/women/iwd/2006/decision-making.html

     http://www.u-blog.net/femmeamazigh 

     http://www.azetta-tamazight.org/xhome.php3?id_secteur=110

   Tilawin.com : le premier webzine féminin et kabyle     

 

   JOURNEE DE LA FEMME   http://www.amnestyinternational.be/doc/article10044.html

 

   www.timazighin.nl

 

   terrafemina.com« un réseau de femmes méditerranéennes a été mis en place pour dialoguer autour de sujets tels que l’éducation, la culture, la diversité ou encore le développement durable »

 

FEMMES BERBERES chleuh ,kabyle ,rif ,chawi,touareg,mzab,berber united culture berber - kewego
FEMMES BERBERES chleuh ,kabyle ,rif ,chawi,touareg,mzab,berber united culture berber - kewego

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FEMMES BERBERES chleuh ,kabyle ,rif ,chawi,touareg,mzab,berber united culture berber - kewego
Our history millennium testifies. The amazigh people cannot be domesticated nor docilisé by force, dread and the repression. In spite of the marginalization which it endured, it always refused to be allowed to deceive by the lie of the illuminated clairvoyants, demagogy and the manipulation...

Notre histoire millénaire témoigne. Le peuple amazigh ne peut être domestiqué ni docilisé par la contrainte, le terreur et la repression. En dépit de la marginalisation qu'il a endurée, il a toujours refusé de se laisser berner par le mensonge des prophètes illuminés, la démagogie et la manipulation idéologique. Il aspire à être guidé par l'exemple et l'équité. les traces laissées dans l'histoire par sa volonté inébranlable de continuer à vivre debout sont éloquentes.

 

 

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Solidarité - Femme - Intégrisme
Isabelle Adjani dénonce l’intégrisme et la langue de bois

 Les femmes sont-elles aujourd’hui vulnérables, plus vulnérables ? Plus les femmes sont vulnérables, plus l’intégrisme met en danger leurs droits, leur intégrité, leur dignité ! Au regard de la loi, il semblerait pourtant que tout est aujourd’hui en place pour assurer aux femmes l’égalité des droits et la préservation de leur dignité et de leur intégrité... Reste que tous les journaux, les sites d’informations, regorgent de faits divers (...)

www.afrique_du_nord.com   4/03/2008

                       

 

extrait forum  Pourquoi vous n'avez pas Taqrfiyte au Souss? de amazighweb.com  29/10/2005

 

Azwoo a écrit :
Comme je suis originaire d'une des trois tribu du sud est à moeurs liberales (Ait Hdidou,Ait Atta, Ait Morghad), nous avions vecu notre adolescence et jeunesse en contact avec les filles. Nous avons une tradition qui s'appele Taqrfiyte et qui permet aux jeunes de sexe opposés de discuter, bavarder, deconner, en duo ou en groupe, en toute liberté et sans que sa choque personne. Nous pratiquons taqrfiyte les apres midi dans les champs ou durant les fetes de mariage. On peut parler à n'importe quelle fille et meme des fois au vu de ses parents et tout ca est naturel. Taqrfiyte est dans un cadre oral et toute transgression n'est pas toleré. On dit "Sawl s immi ttafd afous", parle avec la bouche et retiens les mains. Pour vous dire que le code d'honneur est tout de meme respecté.

Je me pose la question pourquoi cette tradition est inconcevable chez les Ait souss? Pourquoi parler avec une jeune fille en tete à tete est si honteux?

Voici Deux jeune Ait hdidou en pleine séance de Taqrfiyte, installés confortablement au soleil dos au mur. Je vous laisse imaginer le dialogue entre ces deux jeunes...

cliquez sur la photo pour l'agrandir

http://blog.ma/ikan/

 

                   

   
 

    l FADHMA N'SUMMER l HhAD'HUM l femme kabyle l femmes d'Algerie l droits culturels l doublement piegee l

  l Zefra Sahraoui  l Chadia DERKAOUI l Fatima Sadiqi l Fatma Tazoughert l

 

          

 - 1 - EN ALGERIE: FADHMA N'SUMMER

 

                

   Cliquez sur le lien  FADHMA NSUMMER

 

            

  - 2 - AU MAROC:  L'EXEMPLE DE HhAD'HUM حدهوم    

  LA CHEF DE GUERRE

 

    

              En 1952 mon grand-père maternel Moh Berrabeh, m'a raconté l' histoire d'une femme berbère Hhad'Hum qui était chef de guerre , chef de tribu. Elle a vécu a la fin du 19e siècle debut 20e. Sa tribu ou ensemble de Tribus se situaient dans les Beni-IZnassen ( Ayt IZNASSEN ) dans la vallee du ZEG-ZEL ( Thazaghine)  entre Thafughalt ( Taforalt ) et  Berkane  ( Aber-hchane ).Je ne me rappelle pas du nom exact de cette" federation" de tribus , mais sa tribu s'appelait Ouled Lahbil (tharwa e Lahbil ) qui ont combattu les "incursions" coloniales au Maroc, dans sa partie nord-est, perpetrees par la France et l'Espagne venant d'Algerie et de Melillia.(1).             

          

               Beaucoup de combattants de ces tribus dont mon grand-pere ( originaire de la tribu des Iqaninen ) ont participe aux batailles contre l'Espagne durant  la guerre du RIf         ( 1920-1925 ); Et pendant la guerre , quand les hommes sont partis ,  les jeunes  femmes participent a la defense de la tribu , et a cette epoque chaque famille de cette region possedait au minimum un fusil  ( à 2 coups ou semi-automatique )

Berrabeh est un nom berbere et juif qu'on retrouve dans plusieurs pays de Tamazgha ( Maroc, Algerie, Tunisie...)

 Pour la petite histoire, un des descendants de notre heroine est devenu officier dans l'armee francaise ( grand blesse de guerre ) , Pacha de la ville de  Sefrou juste avant l'independance. Ensuite apres ses prises de position contre la destitution du Roi Mohamed V par la France ( petition signee adressee au resident general francais ) , il devint le 1er president du conseil du 1er gouvernement de l'independance.du Maroc.

________________________

 

( 1 )  Lyautey qui etait colonel en Algerie ,qui lui meme a dirigé des incursions depuis Ain-Sefra, soutenait à partir de 1904 la these que l'Algerie" francaise" devrait s'etendre ( expansion coloniale )  jusqu'à la Moulouya au Maroc;( cette these etait contrecarrée,  jusqu'aux traités de 1906 et 1911, par d'autres puissances europeennes: Angleterre , Allemagne ...etc ) voir "Lyautey" par  Andre Maurois Plon paris 1935

E.M.M

  DIHYA REINE BERBERE

MAROC Berbere  Eternel

photo 1930

 

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- 3 -  Les femmes berberes d'Algerie dans l'Histoire Berbere

 

 

 

Kateb Yacine : Parce que c’est une femme

 Attaché à "montrer à quel point la femme a pu être libre dans le passé", Kateb Yacine s’indignait de ce que "la liberté pour nous est au passé au lieu d’être à l’avenir". Parce que c’est une femme s’ouvre sur un entretien inédit avec l’écrivain, réalisé en 1972 et censuré en raison de ses prises de position sur le statut des femmes, la question des langues et l’écriture de l’histoire

 

Le livre réunit en outre trois pièces de son théâtre de la libération des peuples qui éclairent des figures de femmes.

La première, La Kahina ou Dihya, fut une fameuse guerrière du VIIè siècle. A la tête des tribus berbères (Imazighen) et d’un vaste territoire, elle a organisé la résistance contre les armées arabes en dévastant villes, villages et cultures, avant d’être défaite.

Habile négociatrice de paix au XIIIè siècle, Saout Ennissa (litt., la voix des femmes) est la mère de Yaghmoracen, le fondateur du royaume des Zianides qui a libéré le Maghreb central de la tutelle des Almohades. Saout Ennissa met en scène un épisode essentiel de l’émergence de l’Algérie, celui du second et interminable siège de Tlemcen (1299-1307), mené depuis la cité voisine de Mansourah par la dynastie des Mérinides arrivés de Fès. La pièce se déploie autour de la légende de Aïcha, qui a engraissé un veau en pleine famine pour tromper l’adversaire, et surtout de Saout Ennissa, la mère de Yaghmoracen qui grâce à sa sagesse et à sa lucidité a négocié elle-même la paix.

           Soucieux de "faire entendre aux Algériens leur histoire" au moyen du théâtre, Kateb veut aussi leur faire découvrir des expériences d’autres peuples "qui relativisent la "fatalité" de leur histoire, écrit Zebeida Chergui, créent une communauté solidaire et brisent l’isolement de leur pays". Avec Louise Michel et la Nouvelle Calédonie, Kateb fait revivre la "Vierge rouge" de la Commune de Paris en 1871.

               Née l’année de la conquête française de l’Algérie, Louise Michel (1830-1905) a été condamnée à la déportation au bagne en Nouvelle Calédonie où elle prendra le parti des révoltés canaques et où elle fera la rencontre d’un autre fameux déporté, El Mokrani, le chef de l’insurrection de 1871 en Kabylie.

               Déjà "avec Nedjma, confiait Kateb Yacine dans l’entretien accordé à El Hassar Benali, quand j’ai voulu camper le personnage, je me suis rendu compte à quel point nous ignorons pratiquement tout de nos femmes, de nos propres sœurs. Et avec la mère, la rupture a lieu dès l’enfance. Ce monde des femmes reste une grande inconnue et il est temps de le mettre en lumière. Evidemment, la première chose est l’histoire. Elle, l’histoire, remonte au passé. Elle éclaire déjà une grande partie du vécu, on arrive à l’actualité à travers elle, et là, on peut y voir un peu plus clair".

Parce que c’est une femme de Kateb Yacine Entretien inédit réalisé par El Hassar Benali Préface de Zebeïda Chergui Suivi de La Kahina ou Dihya, Saout Ennissa/La Voix des Femmes, Louise Michel et la Nouvelle-Calédonie (Paris, Editions des femmes, 2004)

 

  VOIR AUSSI Kateb Yacine et l'identite berbere

 

 

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- 4 - LA FEMME KABYLE TRADITIONNELLE

 

Azul fellawen

 

J’ai trouvé cette excellent texte dans la revue TIZIRI, de Juillet 2004. Cette revue remarquable

est la publication de l’association n’Imazighen, une association dont le siége est à Itrre en Belgique.

 

Si quelqu’un le souhaite, je peux vous fournir les coordonnées du responsable de la revue et son E-mail.

 

Cordialement

Michel.Behagle@wanadoo.fr

 

En voici le plan :

 

LA PLACE CENTRALE DE LA FEMME KABYLE DANS LA SOCIÉTÉ TRADITIONNELLE.

 

   1. LA VIE RITUALISEE DE LA FEMME KABYLE ET LA METHODE CYCLIOUE

I.1. Les rites de la naissance: L’accouchement en Kabylie est une affaire femme

    2. LA 1ére PHASE DE LA VIE D’UNE FEMME : L’ENFANCE

2 1. La quête de la future épouses

2 2 Le rituel du mariage kabyle

   3. LA 2éme PHASK : LA FEMME ENCEINTE OU LA POTlERE DE L’ENFANT

3.L La femme fécondée ou la terre - mère du genre humain

3.2 Le rituel collectif de l’accouchement

   4. LA 3éme PHASE : LA MERE ET SON ENFANT

4.1. Les quarante jours après l’accouchement et la naissance de l’enfant

4.2 La Femme - Mère: Terre nourricière du genre humain

   5. LA 4éme PHASE : LA GRANDMERE TISSEUSE DES LIENS HUMAINS

   6. LE RETOUR A LA TERRE AVEC LA MORT DE LA « VIEILLE »

   7. CONCLUSION

   8. BIBLIOGRAPHIE:

 

en voici le texte:  CLIQUEZ ICI

 

   source;  yahoo.amazighnews

 

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I amazigh tu redeviendras I Histoire berbère I 1 vue de l'histoire I prénoms berbères I Le Roi et Imazighen I Judeo-Berbères I

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 - 5 - Femme amazighe et droits culturels
 

 

Par: Said Anarouz             source: tawiza.net


         Dans l’article intitulé «Femme amazighe et développement», publié dans le numéro précédent de Tawiza, on a vu comment la femme amazighe participe intensément à la vie symbolique de sa communauté: fêtes, cérémonies de noces, de mariage, de funérailles… tissage à travers lequel elle exprime sa personnalité, ses aspirations et ses déceptions. La femme occupe donc une place cardinale dans la sauvegarde et la reproduction de notre culture amazighe. S’il en est ainsi, la femme amazighe jouit-elle de droits qui lui permettent de s’épanouir dans son environnement culturel et social et contribuer à son développement?
        La notion de droits culturels est aussi ambiguë qu’imprécise puisqu’elle évoque la notion même de culture qui est vague et diffuse dans la vie sociale et trouve sa concrétisation dans tout ce qui se rapporte à la société: Organisation et rapports sociaux, organisation politique, économique, militaire… Tout comportement, individuel ou collectif soit-il, puise sa force et sa légitimité dans la culture où il s’enracine.
        L’individu se nourrit depuis son bas-âge de légendes, de coutumes, des us et des habitus de sa culture maternelle pour faire face à soi-même, aux autres et au monde.D’ailleurs, on parle de culture ou de langue maternelle pour mettre l’accent sur le rôle prépondérant de la mère dans la formation et la construction de l’identité de ses enfants Ceux-ci se détachent progressivement de leur mère (rupture du cordon ombilical,sevrage…) sans pour autant donner lieu à un sevrage culturel. L’histoire et la culture maternelle se prolongent organiquement dans l’expérience des générations futures marquant ainsi la continuité et la cohérence de cette culture. Le patrimoine maternel reste donc le socle primordial qui constitue la pièce maîtresse dans l’édifice de la personnalité de l’homme amazigh. Ce socle n’est pas définitif mais s’enrichit avec de nouvelles expériences et de nouvelles histoires personnelles.
        Le premier regard qu’on jette sur le monde qui nous entoure est imprégné par l’héritage maternel. L’enfant passe par ce que Jaque Lacan appelle «le stade du miroir» ou le corps de cet enfant est, dans la tête de celui-ci, encore en fusion avec celui de sa mère. A cet âge l’enfant ne prend pas conscience de son indépendance physique. De cette fusion et de ce contact charnel symbolique avec la mère, résulte une influence concrète et évidente sur la conduite, le comportement et la personnalité de l’enfant. La mère, de ce fait, joue un rôle prépondérant dans la transmission des significations qu’elle donne aux choses du monde à son enfant. Celui-ci puise donc sa force et son énergie dans le patrimoine maternel.
          La femme dans  sa dimension maternelle assume une fonction historique qui consiste à prendre en charge la préservation de la culture qu’elle transmet à ses enfants dans ses différentes manifestations. La femme dans notre société amazighe est porteuse de nos valeurs et notre âme dans son acceptation anthropologique. Elle est de ce fait, gardienne des repères identitaires. Reproduction et production de nouveaux modèles et de nouvelles formes d’existence est le lot principal de la femme amazighe à travers sa présence effective dans les scènes quotidiennes de notre vie symbolique. Source d’amour et d’inspiration, la femme amazighe œuvre pour sauvegarder l’authenticité et restaurer la mémoire collective menacée par les flux méditerranéens et orientaux.
         L’enfant amazigh s’épanouit dans le milieu naturel qui est le sien, un milieu où l’histoire familiale est sa principale référence et son principal viatique spirituel. Mais cet enfant nourri de légendes, de chants d’amour de la mère et de la terre est vite projeté dans l’école; cet espace représente un univers trop différent de l’univers familial où la mère est dispensatrice de l’enchantement et de la poésie. L’école et son cortège de souvenirs traumatisants constituent une transgression à l’héritage maternel dans la mesure où elle nie cet héritage, s’en moque dans les meilleurs des cas .Kateb Yacine est très lucide sur ce point: «Jamais je n’ai cessé, même aux jours de succès près de l’institutrice, de ressentir au fond de moi cette deuxième rupture du lien ombilical, cet exil intérieur qui ne rapprochait plus l’écolier à sa mère que pour les arracher, chaque fois un peu plus, au murmure du sang, aux frémissements réprobateurs d’une langue bannie secrètement, d’un même accord, aussitôt brisé que conclu… Ainsi avais-je perdu tout à la fois ma mère et son langage, les seuls trésors inaliénables – et pourtant aliénés.»(J. ARNAUD, Le cas Kateb Yacine)
L’ingratitude affichée ouvertement à l’égard du travail de la mère constitue un véritable sabotage à notre édifice culturel .La négation de la culture maternelle, encore vivante, nourrissante et porteuse de potentialités artistique et intellectuelle importantes a pour objectif de contraindre l’amazighité de travailler à sa propre disparition. La politique éducative, de ce fait, vise la généralisation brutale, irrémédiable de l’oubli de soi au profit de l’hégémonie arabo-musulmane étrangère à la réalité de la femme amazighe et à son histoire.
        Briser la continuité des actions qui respectent les valeurs et la culture de la mère en brimant l’amazighité par son élimination des secteurs vitaux tel l’école, c’est exposer la femme et tous les membres du peuple amazigh aux dérives idéologiques, les priver de leurs références ancestrales et les assujettir aux définitions officielles qui sont les mécanismes d’accaparement et de contrôle des pouvoirs.
Reconnaître les droits culturels de la femme amazighe, doit nécessairement passer par la reconnaissance de son histoire, de sa mémoire, de ses légendes, de sa poésie, de ses pratiques sociales superstitieuses ou mystiques soient –elles et assurer le développement de son identité. Un défi difficile à relever surtout lorsqu’on est en présence d’une culture politique qui n’écoute pas son environnement immédiat et qui est sclérosée dans des structures archaïques; une culture qui travaille et s’acharne avec tout les moyens pour réduire l’amazighité à l’état de résidu .
        «Lorsqu’on parle de droits culturels de l’homme,on est contraint de se référer à une conception dominante de la culture, qui ne manque pas d’avoir une influence sur le droit en général et sur le droit de l’homme en particulier pour se limiter à une approche juridique de la problématique en la matière ».1
On assiste donc aux effets dévastateurs de l’hégémonie dominante qui ne tolère pas la pluralité des voix et qui travaille partout pour les éradiquer.
1-A. BOUDAHRAIN,Les droits économiques,sociaux et culturels en équation au Maroc,éd.Al Madariss,1999.
 

 

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 - 6 -  La femme Amazighe doublement piégée  

 

       

  par  Demnati Meryam, Membre du comité du Manifeste Amazigh  

         L'origine reconnue de la journée internationale des femmes est une manifestation officielle appelée Woman's Day ,organisée en 1909 à New york,en faveur du droit de vote. Cette journée est devenue officiellement" journée internationale des femmes"en Août 1910 à Copenhague. Plusieurs décennies après,la vision ,le discours,et les activités féministes ont évolué avec les femmes de toutes les sociétés;mais l'objectif est demeuré le même : l'obtention par les femmes de leurs droits légitimes. Pour la Femme Amazighe ,cette journée est bien sûr une occasion pour faire entendre sa voix au côté de ses soeurs de toutes les races et de toutes les cultures...Mais c'est aussi un moment douloureux qui nous permet de faire le point et de nous apercevoir que la condition de la femme au Maroc n'a pas subi beaucoup de changement.Elle continue à être victime d'injustices et de violences de la part d'une société qui est particulièrement sexiste ,où les hommes sont considérés comme supérieurs aux femmes .La Moudawana est là pour consacrer l'inégalité de l'homme et de la femme ;paradoxalement , le Maroc ratifie en 1993 la convention contre toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes .Mais cette discrimination juridique n'est que l'aspect visible de cet Apartheid masculin . Si on fait l'état des lieux aujourd'hui ,on s'aperçoit que la femme marocaine n'est ni respectée ni considérée comme un être humain à part entière .Elle se fait agresser tous les jours :verbalement , physiquement ,symboliquement,psychiquement ,juridiquement............ La femme Amazighe qui dans nos anciennes coutumes était respectée comme femme et épouse,se retrouve aujourd'hui reléguée à un stade de "Mineure à vie ", religion musulmane comme alibi...... Au nom d'Allah, elle est devenue l'inférieure de l'homme, une sorte de demi-être humain. Dans la tradition Amazighe, les femmes ont toujours inspiré le plus grand respect de la part de leurs collectivités. Elles participaient aux décisions touchant la famille ,les droits du patrimoine, et l'éducation. C'est à elles qu'est toujours revenu le droit de préserver les traditions culturelles de leurs peuples. Le travail des hommes et des femmes était nettement distinct, mais toujours reconnu d'égale valeur . Dans l'histoire ancienne , les femmes Amazighes ont occupé une place importante et ont été quelquefois à la tête de royaumes. Ce qui fait la particularité de la femme Amazighe aujourd'hui,c'est qu'elle est doublement agressée: agressée dans sa féminité et agressée dans son amazighité. Non seulement elle est femme, inférieur de l'homme mais amazighe, de culture "inférieure". La culture Amazighe étant considérée de fait par les Panarabistes au pouvoir comme une culture primitive, la difficulté pour la femme amazighe est double. Non seulement il lui faudra lutter pour conquérir ses droits légitimes et matrimoniaux mais il lui faudra aussi en tant que principale gardienne et trésorière de la Culture Amazighe lutter contre la culture dominante arabo-musulmane que le pouvoir encourage (Arabisation à outrance, organisation d'une manifestation islamiste anti-féministe en avril 2000).

             Dans le mouvement Amazigh, les femmes amazighes ne sont pas encore suffisamment représentées ,comme dans toute vie associative ou politique au Maroc. Les associations amazighes sont essentiellement masculines, et les quelques femmes qui y militent doivent souvent être très motivées et tenaces pour s'imposer dans un milieu où nos frères Amazighs ont parfois des attitudes phallocrates et machistes (éducation musulmane oblige!). Militer pour une femme Amazighe au Maroc n'est pas encore une chose acquise ni évidente ,et pourtant le milieu petit-bourgeois d'où est issu le mouvement amazigh, reste un milieu privilégié. Qu'en est-il de nos soeurs Amazighes du milieu rural ou citadin???? Nombre d'entre elles ne connaissent pas le peu de droits qu'elles ont et se retrouvent souvent impuissantes face à toutes sortes d'agressions masculines.Avec leurs enfants ,elles sont les premières victimes de maladies infectueuses, leur santé dans ces zones est particulièrement menacée. L'analphabétisme et l'ignorance sont le lot de la grande majorité d'entre elles, ce qui défavorise leur intégration dans la société. Lorsqu'enfin on les scolarise;elles se retrouvent face à deux langues étrangères (L'arabe et le français)... ce qui entraine la dévalorisation de leur langue et culture et cause souvent la perte des valeurs autochtones face à des valeurs importées. Face à cette situation de double dominance(masculine et culturelle) ; comment faire pour conquérir sa liberté sans pour cela rompre avec sa culture d'origine???? Il s'agit d'engager un combat à la fois contre une domination masculine qui relègue les femmes à un rang inférieur mais aussi de mener un combat contre la domination culturelle arabo-islamique soutenue par le pouvoir en place. Pour nous, associations amazighes, la question féminine est au centre de nos préoccupations. La femme est le pilier de la famille et de la société. Il faut agir pour sa meilleure intégration dans le système moderne de developpement économique, culturel et social, tout en sauvegardant nos cultures et nos coutumes amazighes. Mais pour y arriver, il nous faut tout d'abord sensibiliser et informer la femme sur ses droits et ses devoirs. C'est une tâche difficile! Difficile parce quil faut beaucoup d'énergie et de ténacité pour que la femme amazighe soit reconnue comme citoyenne à part entière, y compris face à nos propres hommes; une citoyenne qui peut participer et influer sur les décisions qui concernent le groupe. L'homme Amazigh doit prendre conscience d'une chose importante: tant que la femme Amazighe esr marginalisée, la communauté Amazighe dans son ensemble sera marginalisée et en danger. Nombreux sont nos militants Amazighs qui tiennent des discours avant-gardistes, mais qui dans leur comportement quotidien reproduisent des attitudes de discrimination à l'égard du sexe féminin. L'homme Amazigh doit réapprendre à respecter la femme et à la considérer comme son égal ; de ce fait il doit avant tout se débarrasser des préjugés et des comportements phallocrates, indignes de notre peuple Amazigh. Le respect mutuel est une condition primordiale et sine qua non ,si nous aspirons à la construction d'une société Amazighe, constituée de femmes et d'hommes libres Amazighs et dotée de valeurs démocratiques issues de notre grande civilisation millénaire. C'est alors que nous pourrons - réellement - reprendre notre destin en main et imposer la reconnaissance de la langue Amazighe comme langue officielle et d'enseignement, la scolarisation des nos enfants dans leur propre langue, la valorisation de notre patrimoine culturel ; et exiger sans délai l'égalité de femme et de l'homme en matière de droits civiques, et son intégration dans le développement socio-économique de notre pays. Tudert i Tmettot tamazight !!! Tudert i Tmazight !!!

Marrakech le 20 Mars 2001

Demnati Meryam, Membre du comité du Manifeste Amazigh

   
     

Durban II contre les femmes

vendredi 13 mars 2009, par Annie Sugier

On oublie trop souvent les grandes manœuvres internationales dont les femmes font les frais au nom du retour en force de la religion et du respect de la diversité culturelle. Un moment fort dont les Nations unies ont le secret sera Durban II. A l’image de ce qui s’est passé à la réunion de 2001, le fait religieux - principalement islamique - sera présenté comme la solution à tous les conflits sociétaux et internationaux. La France doit se retirer de la conférence Durban II, il en va de la démocratie et de l’avenir des femmes.

Depuis 1983, la Ligue du droit international des femmes, dont la fondatrice fut Simone de Beauvoir, a régulièrement dénoncé la manière dont les droits humains universels des femmes ont été remis en question au nom du multiculturalisme et du respect des religions et des civilisations. Elle constate un phénomène plus nouveau, le détournement de certaines revendications des organisations féministes, y compris au sein des institutions internationales, pour mieux faire taire les aspirations émancipatrices et universalistes des femmes.

 

Ainsi l’application de la charia est préconisée pour venir à bout de pratiques traditionnelles telles que les mutilations sexuelles, ou pour endiguer les violences conjugales. Quant à la prostitution et la traite des femmes, elles seraient censées disparaître si la polygamie était maintenue et que les femmes retrouvaient leur fonction maternelle dans la société. Même la parité et l’éducation des filles sont affirmées comme étant des objectifs portés par la charia.

En 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, les organisations de femmes, qui auraient dû pouvoir s’exprimer librement au cours de la conférence des ONG qui se tenait en marge des négociations gouvernementales, furent en fait muselées. Au niveau des Etats, ce fut pire encore, la République islamique d’Iran proposait tout simplement que le mot « femme » soit supprimé de l’ensemble du texte gouvernemental. Dans la foulée, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, l’Arabie Saoudite, le sultanat d’Oman, le Qatar et le Koweït se démarquaient des libellés et des concepts contraires à la charia islamique. Quant à certaines démocraties, elles avaient déjà capitulé en reconnaissant la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains », qui « peut aider à promouvoir la dignité » et « éliminer le racisme ».

Pour l’Organisation de la conférence islamique qui tient la dragée haute dans les instances internationales (et qui est représentée par le Pakistan au Conseil des droits de l’homme), les femmes doivent être valorisées, protégées et respectées, mais la sexualité hors mariage pénalisée et l’avortement considéré comme une « exécution extrajudiciaire ». Pour les nouveaux chantres des droits humains, si les femmes sont exploitées sexuellement, la faute en revient aux féministes occidentales qui ont favorisé la transformation des femmes en objets sexuels et tout ce qui s’ensuit : pornographie, viol, prostitution, lesbianisme.

La conférence Durban II - dont le comité préparatoire est présidé par la Libye avec comme vice-présidence notamment l’Iran - ne fera qu’entériner ces régressions idéologiques à l’œuvre depuis sept ans, qui se sont encore aggravées lors des négociations sur le texte de la Conférence. Le président Sarkozy a affirmé, lors de son discours d’investiture le 6 mai 2007, que la France n’abandonnerait pas les femmes opprimées dans le monde. La France ne doit pas cautionner la mise en avant des religions et l’attaque de la liberté d’expression dont les femmes sont toujours les premières victimes.

Annie Sugier

Présidente de la Ligue du droit international des femmes

Coauteur de : les Dessous du voile, 1989-2009, vingt ans d’offensive islamique contre la République laïque (éd. Ripostes).

LDIF : http://www.ldif.asso.fr

 

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DURBAN 1 

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