Le
"Voyage de Nadia" projeté à Montréal le
28 octobre 2006
Un
documentaire courageux mettant en lumière l’obscurantisme qui perdure en ce
début de 21e siècle en Kabylie. Il traite de l’enfermement des femmes dans
leur maison et de la cruauté des coutumes qui encadrent la condition
féminine (...) kabyle.com désolé
le lien a cette page a été supprimé par kabyle.com
FEMMES BERBERES chleuh ,kabyle ,rif ,chawi,touareg,mzab,berber united culture berber - kewego Our history millennium testifies. The amazigh people cannot be domesticated nor docilisé by force, dread and the repression. In spite of the marginalization which it endured, it always refused to be allowed to deceive by the lie of the illuminated clairvoyants, demagogy and the manipulation...
Notre histoire millénaire témoigne. Le peuple amazigh ne peut être domestiqué ni docilisé par la contrainte, le terreur et la repression. En dépit de la marginalisation qu'il a endurée, il a toujours refusé de se laisser berner par le mensonge des prophètes illuminés, la démagogie et la manipulation idéologique. Il aspire à être guidé par l'exemple et l'équité. les traces laissées dans l'histoire par sa volonté inébranlable de continuer à vivre debout sont éloquentes.
Isabelle Adjani dénonce
l’intégrisme et la langue de bois
Les femmes sont-elles aujourd’hui vulnérables, plus vulnérables ? Plus
les femmes sont vulnérables, plus l’intégrisme met en danger leurs
droits, leur intégrité, leur dignité ! Au regard de la loi, il
semblerait pourtant que tout est aujourd’hui en place pour assurer aux
femmes l’égalité des droits et la préservation de leur dignité et de
leur intégrité... Reste que tous les journaux, les sites d’informations,
regorgent de faits divers (...)
extrait forum Pourquoi vous n'avez pas Taqrfiyte au Souss?
de amazighweb.com
29/10/2005
Azwoo a écrit :
Comme je suis originaire d'une des trois tribu du sud est à moeurs
liberales (Ait Hdidou,Ait Atta, Ait Morghad), nous avions vecu notre
adolescence et jeunesse en contact avec les filles. Nous avons une
tradition qui s'appele Taqrfiyte et qui permet aux jeunes de sexe
opposés de discuter, bavarder, deconner, en duo ou en groupe, en toute
liberté et sans que sa choque personne. Nous pratiquons taqrfiyte les
apres midi dans les champs ou durant les fetes de mariage. On peut
parler à n'importe quelle fille et meme des fois au vu de ses parents et
tout ca est naturel. Taqrfiyte est dans un cadre oral et toute
transgression n'est pas toleré. On dit "Sawl s immi ttafd afous", parle
avec la bouche et retiens les mains. Pour vous dire que le code
d'honneur est tout de meme respecté.
Je me pose la question pourquoi cette tradition est inconcevable chez
les Ait souss? Pourquoi parler avec une jeune fille en tete à tete est
si honteux?
Voici Deux jeune Ait hdidou en pleine séance de Taqrfiyte, installés
confortablement au soleil dos au mur. Je vous laisse imaginer le
dialogue entre ces deux jeunes...
En 1952 mon grand-père maternel m'a raconté l' histoire d'une femme berbère
Hhad'Hum qui était chef de guerre , chef de tribu. Elle a vécu a la fin du
19e siècle debut 20e. Sa tribu ou ensemble de Tribus se situaient dans les
Beni-IZnassen ( Ayt IZNASSEN ) dans la vallee du ZEG-ZEL ( Thazaghine)
entre Thafughalt
( Taforalt ) et Berkane ( Aber-hchane ).Je ne me
rappelle pas du nom exact de cette" federation" de tribus , mais sa tribu
s'appelait Ouled Lahbil (tharwa e Lahbil ) qui ont combattu les
"incursions" coloniales au Maroc, dans sa partie nord-est,
perpetrees par la France et
l'Espagne
venant d'Algerie
et de Melillia.(1).
Beaucoup de combattants de ces tribus dont mon grand-pere (
originaire de la tribu des Iqaninen ) ont participe aux batailles contre
l'Espagne durant la guerre du RIf
( 1920-1925 ); Et pendant la guerre , quand les
hommes sont partis , les jeunes femmes participent a la defense
de la tribu , et a cette epoque chaque famille de cette region possedait au
minimum un fusil ( à 2 coups ou semi-automatique )
Pour la
petite histoire, un des descendants de notre heroine est devenu officier
dans l'armee francaise ( grand blesse de guerre ) , Pacha de la ville de
Sefrou juste avant l'independance. Ensuite apres ses prises de position
contre la destitution du Roi Mohamed V par la France ( petition signee
adressee au resident general francais ) , il devint le 1er president du
conseil du 1er gouvernement de l'independance.du Maroc.
________________________
( 1 )Lyautey qui etait colonel en Algerie ,qui lui
meme a dirigé des incursions depuis Ain-Sefra, soutenait à partir de 1904 la
these que l'Algerie" francaise" devrait s'etendre ( expansion coloniale )
jusqu'à la Moulouya au Maroc;( cette these etait contrecarrée,
jusqu'au traite de 1906 et 1911, par d'autres puissances europeennes:
Angleterre , Allemagne ...etc ) voir "Lyautey" par Andre Maurois Plon
paris 1935
Attaché à "montrer à quel point la femme a pu
être libre dans le passé", Kateb Yacine s’indignait de ce que "la liberté
pour nous est au passé au lieu d’être à l’avenir". Parce que c’est une
femme s’ouvre sur un entretien inédit avec l’écrivain, réalisé en 1972 et
censuré en raison de ses prises de position sur le statut des femmes, la
question des langues et l’écriture de l’histoire
Le livre réunit en outre trois pièces de son théâtre de la libération
des peuples qui éclairent des figures de femmes.
La première, La Kahina ou Dihya, fut une fameuse guerrière du VIIè
siècle. A la tête des tribus berbères (Imazighen) et d’un vaste
territoire, elle a organisé la résistance contre les armées arabes en
dévastant villes, villages et cultures, avant d’être défaite.
Habile négociatrice de paix au XIIIè siècle, Saout Ennissa (litt., la
voix des femmes) est la mère de Yaghmoracen, le fondateur du royaume
des Zianides qui a libéré le Maghreb central de la tutelle des
Almohades. Saout Ennissa met en scène un épisode essentiel de
l’émergence de l’Algérie, celui du second et interminable siège de
Tlemcen (1299-1307), mené depuis la cité voisine de Mansourah par la
dynastie des Mérinides arrivés de Fès. La pièce se déploie autour de
la légende de Aïcha, qui a engraissé un veau en pleine famine pour
tromper l’adversaire, et surtout de Saout Ennissa, la mère de
Yaghmoracen qui grâce à sa sagesse et à sa lucidité a négocié
elle-même la paix.
Soucieux de "faire entendre aux Algériens leur histoire" au moyen du
théâtre, Kateb veut aussi leur faire découvrir des expériences
d’autres peuples "qui relativisent la "fatalité" de leur histoire,
écrit Zebeida Chergui, créent une communauté solidaire et brisent
l’isolement de leur pays". Avec Louise Michel et la Nouvelle
Calédonie, Kateb fait revivre la "Vierge rouge" de la Commune de Paris
en 1871.
Née l’année de la conquête française de l’Algérie, Louise Michel
(1830-1905) a été condamnée à la déportation au bagne en Nouvelle
Calédonie où elle prendra le parti des révoltés canaques et où elle
fera la rencontre d’un autre fameux déporté, El Mokrani, le chef de
l’insurrection de 1871 en Kabylie.
Déjà "avec Nedjma, confiait Kateb Yacine dans l’entretien accordé à El
Hassar Benali, quand j’ai voulu camper le personnage, je me suis rendu
compte à quel point nous ignorons pratiquement tout de nos femmes, de
nos propres sœurs. Et avec la mère, la rupture a lieu dès l’enfance.
Ce monde des femmes reste une grande inconnue et il est temps de le
mettre en lumière. Evidemment, la première chose est l’histoire. Elle,
l’histoire, remonte au passé. Elle éclaire déjà une grande partie du
vécu, on arrive à l’actualité à travers elle, et là, on peut y voir un
peu plus clair".
Parce que c’est une femme de Kateb Yacine Entretien
inédit réalisé par El Hassar Benali Préface de Zebeïda Chergui Suivi
de La Kahina ou Dihya, Saout Ennissa/La Voix des Femmes, Louise Michel
et la Nouvelle-Calédonie (Paris, Editions des femmes, 2004)
Dans l’article intitulé «Femme
amazighe et développement», publié dans le numéro précédent de Tawiza,
on a vu comment la femme amazighe participe intensément à la vie
symbolique de sa communauté: fêtes, cérémonies de noces, de mariage, de
funérailles… tissage à travers lequel elle exprime sa personnalité, ses
aspirations et ses déceptions. La femme occupe donc une place cardinale
dans la sauvegarde et la reproduction de notre culture amazighe. S’il en
est ainsi, la femme amazighe jouit-elle de droits qui lui permettent de
s’épanouir dans son environnement culturel et social et contribuer à son
développement?
La notion de droits culturels est
aussi ambiguë qu’imprécise puisqu’elle évoque la notion même de culture
qui est vague et diffuse dans la vie sociale et trouve sa concrétisation
dans tout ce qui se rapporte à la société: Organisation et rapports
sociaux, organisation politique, économique, militaire… Tout
comportement, individuel ou collectif soit-il, puise sa force et sa
légitimité dans la culture où il s’enracine.
L’individu se nourrit depuis son
bas-âge de légendes, de coutumes, des us et des habitus de sa culture
maternelle pour faire face à soi-même, aux autres et au monde.D’ailleurs,
on parle de culture ou de langue maternelle pour mettre l’accent sur le
rôle prépondérant de la mère dans la formation et la construction de
l’identité de ses enfants Ceux-ci se détachent progressivement de leur
mère (rupture du cordon ombilical,sevrage…) sans pour autant donner lieu
à un sevrage culturel. L’histoire et la culture maternelle se prolongent
organiquement dans l’expérience des générations futures marquant ainsi
la continuité et la cohérence de cette culture. Le patrimoine maternel
reste donc le socle primordial qui constitue la pièce maîtresse dans
l’édifice de la personnalité de l’homme amazigh. Ce socle n’est pas
définitif mais s’enrichit avec de nouvelles expériences et de nouvelles
histoires personnelles.
Le premier regard qu’on jette sur le
monde qui nous entoure est imprégné par l’héritage maternel. L’enfant
passe par ce que Jaque Lacan appelle «le stade du miroir» ou le corps de
cet enfant est, dans la tête de celui-ci, encore en fusion avec celui de
sa mère. A cet âge l’enfant ne prend pas conscience de son indépendance
physique. De cette fusion et de ce contact charnel symbolique avec la
mère, résulte une influence concrète et évidente sur la conduite, le
comportement et la personnalité de l’enfant. La mère, de ce fait, joue
un rôle prépondérant dans la transmission des significations qu’elle
donne aux choses du monde à son enfant. Celui-ci puise donc sa force et
son énergie dans le patrimoine maternel.
La femme dans sa
dimension maternelle assume une fonction historique qui consiste à
prendre en charge la préservation de la culture qu’elle transmet à ses
enfants dans ses différentes manifestations. La femme dans notre société
amazighe est porteuse de nos valeurs et notre âme dans son acceptation
anthropologique. Elle est de ce fait, gardienne des repères
identitaires. Reproduction et production de nouveaux modèles et de
nouvelles formes d’existence est le lot principal de la femme amazighe à
travers sa présence effective dans les scènes quotidiennes de notre vie
symbolique. Source d’amour et d’inspiration, la femme amazighe œuvre
pour sauvegarder l’authenticité et restaurer la mémoire collective
menacée par les flux méditerranéens et orientaux.
L’enfant amazigh s’épanouit
dans le milieu naturel qui est le sien, un milieu où l’histoire
familiale est sa principale référence et son principal viatique
spirituel. Mais cet enfant nourri de légendes, de chants d’amour de la
mère et de la terre est vite projeté dans l’école; cet espace représente
un univers trop différent de l’univers familial où la mère est
dispensatrice de l’enchantement et de la poésie. L’école et son cortège
de souvenirs traumatisants constituent une transgression à l’héritage
maternel dans la mesure où elle nie cet héritage, s’en moque dans les
meilleurs des cas .Kateb Yacine est très lucide sur ce point: «Jamais je
n’ai cessé, même aux jours de succès près de l’institutrice, de
ressentir au fond de moi cette deuxième rupture du lien ombilical, cet
exil intérieur qui ne rapprochait plus l’écolier à sa mère que pour les
arracher, chaque fois un peu plus, au murmure du sang, aux frémissements
réprobateurs d’une langue bannie secrètement, d’un même accord, aussitôt
brisé que conclu… Ainsi avais-je perdu tout à la fois ma mère et son
langage, les seuls trésors inaliénables – et pourtant aliénés.»(J.
ARNAUD, Le cas Kateb Yacine)
L’ingratitude affichée ouvertement à l’égard du travail de la mère
constitue un véritable sabotage à notre édifice culturel .La négation de
la culture maternelle, encore vivante, nourrissante et porteuse de
potentialités artistique et intellectuelle importantes a pour objectif
de contraindre l’amazighité de travailler à sa propre disparition. La
politique éducative, de ce fait, vise la généralisation brutale,
irrémédiable de l’oubli de soi au profit de l’hégémonie arabo-musulmane
étrangère à la réalité de la femme amazighe et à son histoire.
Briser la continuité des actions qui
respectent les valeurs et la culture de la mère en brimant l’amazighité
par son élimination des secteurs vitaux tel l’école, c’est exposer la
femme et tous les membres du peuple amazigh aux dérives idéologiques,
les priver de leurs références ancestrales et les assujettir aux
définitions officielles qui sont les mécanismes d’accaparement et de
contrôle des pouvoirs.
Reconnaître les droits culturels de la femme amazighe, doit
nécessairement passer par la reconnaissance de son histoire, de sa
mémoire, de ses légendes, de sa poésie, de ses pratiques sociales
superstitieuses ou mystiques soient –elles et assurer le développement
de son identité. Un défi difficile à relever surtout lorsqu’on est en
présence d’une culture politique qui n’écoute pas son environnement
immédiat et qui est sclérosée dans des structures archaïques; une
culture qui travaille et s’acharne avec tout les moyens pour réduire
l’amazighité à l’état de résidu .
«Lorsqu’on parle de droits culturels
de l’homme,on est contraint de se référer à une conception dominante de
la culture, qui ne manque pas d’avoir une influence sur le droit en
général et sur le droit de l’homme en particulier pour se limiter à une
approche juridique de la problématique en la matière ».1
On assiste donc aux effets dévastateurs de l’hégémonie dominante qui ne
tolère pas la pluralité des voix et qui travaille partout pour les
éradiquer.
1-A. BOUDAHRAIN,Les droits économiques,sociaux et culturels en équation
au Maroc,éd.Al Madariss,1999.
par Demnati Meryam, Membre du comité du Manifeste
Amazigh
L'origine reconnue de la journée internationale des femmes est une
manifestation officielle appelée Woman's Day ,organisée en 1909 à New york,en
faveur du droit de vote. Cette journée est devenue officiellement" journée
internationale des femmes"en Août 1910 à Copenhague. Plusieurs décennies
après,la vision ,le discours,et les activités féministes ont évolué avec les
femmes de toutes les sociétés;mais l'objectif est demeuré le même :
l'obtention par les femmes de leurs droits légitimes. Pour la Femme Amazighe
,cette journée est bien sûr une occasion pour faire entendre sa voix au côté
de ses soeurs de toutes les races et de toutes les cultures...Mais c'est
aussi un moment douloureux qui nous permet de faire le point et de nous
apercevoir que la condition de la femme au Maroc n'a pas subi beaucoup de
changement.Elle continue à être victime d'injustices et de violences de la
part d'une société qui est particulièrement sexiste ,où les hommes sont
considérés comme supérieurs aux femmes .La Moudawana est là pour consacrer
l'inégalité de l'homme et de la femme ;paradoxalement , le Maroc ratifie en
1993 la convention contre toutes les formes de discrimination à l'égard des
femmes .Mais cette discrimination juridique n'est que l'aspect visible de
cet Apartheid masculin . Si on fait l'état des lieux aujourd'hui ,on
s'aperçoit que la femme marocaine n'est ni respectée ni considérée comme un
être humain à part entière .Elle se fait agresser tous les jours
:verbalement , physiquement ,symboliquement,psychiquement
,juridiquement............ La femme Amazighe qui dans nos anciennes coutumes
était respectée comme femme et épouse,se retrouve aujourd'hui reléguée à un
stade de "Mineure à vie ", religion musulmane comme alibi...... Au nom
d'Allah, elle est devenue l'inférieure de l'homme, une sorte de demi-être
humain. Dans la tradition Amazighe, les femmes ont toujours inspiré le plus
grand respect de la part de leurs collectivités. Elles participaient aux
décisions touchant la famille ,les droits du patrimoine, et l'éducation.
C'est à elles qu'est toujours revenu le droit de préserver les traditions
culturelles de leurs peuples. Le travail des hommes et des femmes était
nettement distinct, mais toujours reconnu d'égale valeur . Dans l'histoire
ancienne , les femmes Amazighes ont occupé une place importante et ont été
quelquefois à la tête de royaumes. Ce qui fait la particularité de la femme
Amazighe aujourd'hui,c'est qu'elle est doublement agressée: agressée dans sa
féminité et agressée dans son amazighité. Non seulement elle est femme,
inférieur de l'homme mais amazighe, de culture "inférieure". La culture
Amazighe étant considérée de fait par les Panarabistes au pouvoir comme une
culture primitive, la difficulté pour la femme amazighe est double. Non
seulement il lui faudra lutter pour conquérir ses droits légitimes et
matrimoniaux mais il lui faudra aussi en tant que principale gardienne et
trésorière de la Culture Amazighe lutter contre la culture dominante
arabo-musulmane que le pouvoir encourage (Arabisation à outrance,
organisation d'une manifestation islamiste anti-féministe en avril 2000).
Dans le mouvement Amazigh, les femmes amazighes ne sont pas encore
suffisamment représentées ,comme dans toute vie associative ou politique au
Maroc. Les associations amazighes sont essentiellement masculines, et les
quelques femmes qui y militent doivent souvent être très motivées et tenaces
pour s'imposer dans un milieu où nos frères Amazighs ont parfois des
attitudes phallocrates et machistes (éducation musulmane oblige!). Militer
pour une femme Amazighe au Maroc n'est pas encore une chose acquise ni
évidente ,et pourtant le milieu petit-bourgeois d'où est issu le mouvement
amazigh, reste un milieu privilégié. Qu'en est-il de nos soeurs Amazighes du
milieu rural ou citadin???? Nombre d'entre elles ne connaissent pas le peu
de droits qu'elles ont et se retrouvent souvent impuissantes face à toutes
sortes d'agressions masculines.Avec leurs enfants ,elles sont les premières
victimes de maladies infectueuses, leur santé dans ces zones est
particulièrement menacée. L'analphabétisme et l'ignorance sont le lot de la
grande majorité d'entre elles, ce qui défavorise leur intégration dans la
société. Lorsqu'enfin on les scolarise;elles se retrouvent face à deux
langues étrangères (L'arabe et le français)... ce qui entraine la
dévalorisation de leur langue et culture et cause souvent la perte des
valeurs autochtones face à des valeurs importées. Face à cette situation de
double dominance(masculine et culturelle) ; comment faire pour conquérir sa
liberté sans pour cela rompre avec sa culture d'origine???? Il s'agit
d'engager un combat à la fois contre une domination masculine qui relègue
les femmes à un rang inférieur mais aussi de mener un combat contre la
domination culturelle arabo-islamique soutenue par le pouvoir en place. Pour
nous, associations amazighes, la question féminine est au centre de nos
préoccupations. La femme est le pilier de la famille et de la société. Il
faut agir pour sa meilleure intégration dans le système moderne de
developpement économique, culturel et social, tout en sauvegardant nos
cultures et nos coutumes amazighes. Mais pour y arriver, il nous faut tout
d'abord sensibiliser et informer la femme sur ses droits et ses devoirs.
C'est une tâche difficile! Difficile parce quil faut beaucoup d'énergie et
de ténacité pour que la femme amazighe soit reconnue comme citoyenne à part
entière, y compris face à nos propres hommes; une citoyenne qui peut
participer et influer sur les décisions qui concernent le groupe. L'homme
Amazigh doit prendre conscience d'une chose importante: tant que la femme
Amazighe esr marginalisée, la communauté Amazighe dans son ensemble sera
marginalisée et en danger. Nombreux sont nos militants Amazighs qui tiennent
des discours avant-gardistes, mais qui dans leur comportement quotidien
reproduisent des attitudes de discrimination à l'égard du sexe féminin.
L'homme Amazigh doit réapprendre à respecter la femme et à la considérer
comme son égal ; de ce fait il doit avant tout se débarrasser des préjugés
et des comportements phallocrates, indignes de notre peuple Amazigh. Le
respect mutuel est une condition primordiale et sine qua non ,si nous
aspirons à la construction d'une société Amazighe, constituée de femmes et
d'hommes libres Amazighs et dotée de valeurs démocratiques issues de notre
grande civilisation millénaire. C'est alors que nous pourrons - réellement -
reprendre notre destin en main et imposer la reconnaissance de la langue
Amazighe comme langue officielle et d'enseignement, la scolarisation des nos
enfants dans leur propre langue, la valorisation de notre patrimoine
culturel ; et exiger sans délai l'égalité de femme et de l'homme en matière
de droits civiques, et son intégration dans le développement
socio-économique de notre pays. Tudert i Tmettot tamazight !!! Tudert i
Tmazight !!!
Marrakech le 20 Mars 2001
Demnati Meryam, Membre du comité du Manifeste
Amazigh