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    Kadhafi et les O.N.G amazighes

    Kaddafi et les ONG des droits de l'homme

 

 

 

 

Kaddafi et les ONG des droits de l'homme

 

 

 

Reuters - Mercredi 12 décembre, 14h06

PARIS (Reuters) - La Ligue des droits de l'homme (LDH) dénonce mercredi le cynisme des autorités françaises qui reçoivent Mouammar Kadhafi "comme un prince" au moment où l'Algérie est frappée par des attentats.

Amnesty international appelle pour sa part le président Nicolas Sarkozy à réclamer "des améliorations concrètes" au numéro un libyen, qui effectue une visite officielle de cinq jours en France, en matière de droits humains.

"Le 'guide suprême' Kadhafi, 'ami de la France officielle', est bien à sa place dans ce sinistre tableau. Vendredi encore, il justifiait le terrorisme. Lundi, Nicolas Sarkozy lui vendait en notre nom des armes lourdes", écrit la LDH dans un communiqué.

"Hier, il riait au nez des journalistes : bien sûr que nous n'avons pas parlé des droits de l'homme en Libye, Sarkozy et moi, parce qu'il n'y a pas de problème des droits de l'homme en Libye", ajoute-t-elle.

Selon la LDH, Mouammar Kadhafi a raison: "il n'y a pas de problème des droits de l'homme en Libye. Pas de désespoir en Algérie. Pas de compromission à l'Elysée et au Quai d'Orsay. Seulement des contrats, des commissions et du cynisme. En attendant le prochain attentat."

Pour Amnesty international, Nicolas Sarkozy "ne peut se satisfaire de la conclusion d'accords commerciaux sans obtenir en parallèle des mesures concrètes pour une réelle amélioration des droits humains" en Libye.

De même, l'association estime que les autorités françaises ne peuvent prétendre à la prise en compte des droits de l'homme et interdire toute manifestation pacifique à l'occasion de la visite du colonel Kadhafi, comme cela est le cas depuis son arrivée à Paris lundi.

Gérard Bon

 

 

 

                   Kadhafi et les O.N.G amazighes

 

Date : 17 novembre 2005 Par l'auteur :
l’hirondelle Lui ecrire ?

Le peuple berbère de Libye est victime d’une impitoyable machine de guerre menée par le régime panarabiste et berbérophobe de Kadhafi qui a mobilisé tous les moyens dont il dispose : la police, l’armée, la télévision, la radio, l’école, la spoliation des biens, les prisons, la torture, les massacres, la répression... pour les étouffer, les asphyxier, afin d’appliquer son idéologie panarabiste ; il a tout fait pour que les berbères de Libye oublient ou abandonnent leur identité, leur mémoire, leur âme et leur langue.

Le président du Congres Mondial Amazigh, organisation sensée défendre les intérêts des Berbères de part le monde s’est récemment rendu à Tripoli où il a rencontré le colonel Kadhafi. Belqacem Lounes, le président du CMA, se félicite même (lire ici) du succès de cette entrevue au cours de laquelle le président libyen se serait engagé à défendre et promouvoir les droits culturels et linguistiques des Imazighen. A priori, ceci serait donc une bonne nouvelle.

 

Les berbérophones sont l’une des cibles de ce régime qui n’admet pas que l’arabité de la Libye soit remise en cause.

 

Cependant, nous sommes dans l’obligation de remarquer que Kadhafi ne s’est officiellement engagé à rien de concret dans le domaine de la promotion de l’amazighité. Comme à son habitude, il s’est contenté de grandes déclarations et de formules à l’emporte pièce sur la fraternité africaine. Comment croire à sa bonne volonté alors qu’il n’a pas émis le moindre début de regret, de remords ou d’excuse pour la répression féroce qu’il a fait s’abattre sur les Imazighen de Libye depuis son accession au pouvoir ? Comment compte-t-il aider l’amazighité sans dénoncer au préalable le régime d’apartheid anti-Berbère qu’il a lui même instauré ? Pire, Kadhafi a ajouté devant le président du CMA qu’il pensait jusqu’à maintenant que c’étaient les Berbères qui étaient racistes vis-à-vis des Arabes ! Le comble ! Autant de questions auquel M. Belqacem Lounes n’apporte pas de réponses et qui jettent une certaine équivoque sur sa visite en Libye.

Comment peut-on se mettre à table et discuter tranquillement avec des personnes qui ont fait torturer et tuer des personnes, simplement parce qu’elles voulaient parler la langue originelle de l’Afrique du Nord ? Comment peut-on s’attabler avec un chef d’état girouette, qui est en fonction de ses humeurs, arabiste puis anti-arabe, africaniste, puis anti-africain et qui après avoir torturé et décimé les populations berbères de son pays, se prétend maintenant « amazir » ?

Rappelons qu’aujourd’hui encore en Libye toute opposition ou toute voix tentant d’exprimer des points de vue différents de ceux dictés par le régime de Kadhafi sont réprimées. Les berbérophones sont l’une des cibles de ce régime qui n’admet pas que l’arabité de la Libye soit remise en cause. Ainsi, les Berbères qui refusent l’assimilation et qui tiennent à leur langue et à leur culture se trouvent quotidiennement menacés par le régime libyen.

 

En Libye, le peuple berbère, est considéré par Kadhafi comme étant une atteinte au nationalisme arabe

 

Concernant les Berbères et leurs droits linguistiques, culturels, Kadhafi affirme que "les Berbères sont des Arabes venus du Yémen avant l’Islam. L’essentiel des mots qu’ils utilisent ressemble à l’arabe. Leur dialecte est minoritaire. Le problème berbère existe dans d’autres pays mais pas en Libye..." il estime que "les Berbères font partie de la société libyenne, arabe et musulmane, et sont entièrement assimilés et intégrés...". Ils s’interrogent, par ailleurs, "sur les visées politiques racistes et raciales des questions relatives aux Berbères...".

 

Club De dictateurs Nord-Afric

Kadhafi et ses amis dictateurs amazighophobes, Bouteflika et Ben Ali

Aussi lorsque nous constatons que certains vont congratuler des monarques ou des chefs d’état qui ont tout fait pour réduire à néant la population berbère de leurs contrées, nous sommes en droit de nous poser des questions.

A-t-on le droit d’occulter tout ce qui a été fait par Kadhafi ? Faut-il passer sous silence la répression et la torture ainsi que les exécutions sommaires et le terrorisme d’Etat qui sont des pratiques courantes de ce dictateur ?

La Libye est complètement fermée au monde extérieur, et les informations en sortent difficilement, personne ne peut obtenir les chiffres exacts des exactions commises, à l’encontre des berbères, par Kadhafi depuis sa prise de pouvoir. Lorsque l’on tente de contempler l’histoire récente du régime de Kadhafi, on se rend compte que ce n’est que de justesse que le peuple berbère de Libye a pu échapper au carnage culturel historique et linguistique mené contre lui par ce régime ubuesque qui a pratiqué l’apartheid à leur égard.

 

Libye : Meurtres de Berbères en série

 

L’absurde est d’aller serrer les mains d’un dictateur encore pleines du sang d’innocentes victimes sans avoir le courage d’évoquer devant lui la souffrance occasionnée aux familles de ces pauvres innocents. Il semble que le CMA fasse dans l’absurde en allant visiter avec une certaine complaisance les royaumes (Maroc) et les états (Libye) qui font tout pour voir disparaître les peuples qu’il est supposé défendre.

Pour illustrer la difficile vie que mènent les Berbères en Libye, nous donnerons quelques exemples de répressions subies par les populations. Ces faits sont tirés du rapport remis ce mois-ci par l’association Tamazgha aux Nations Unies et intitulé Les Berbères en Libye.

- Durant les années 1970, Ali Yaya Maa Mar, un berbère de confession ibadhite, écrivain a été assassiné dans des conditions mystérieuses. Ses positions et notamment l’un de ses livres "Les Ibadhites au marges de l’Histoire" (en 3 volumes) semblent gêner le régime libyen qui a recours à l’élimination physique pour faire taire des voix libres.

- Durant la même période, années 1970, Dr. Omar Nami, Professeur à l’Université de Tripoli, berbère originaire de Nefoussa, fut assassiné dans les mêmes conditions qu’Ali Yahia Maamar. Parmi les ouvrages qu’il avait écrit "La culture en Libye" ; dans cet ouvrage il a traité de la culture berbère (poésie, chant, ...) et de l’ibadhisme.

- En 1977 “sont condamnés au nom de la Hizbya (appartenance à des partis politiques) un nombre indéterminé de personnes arrêtés à partir de 1973 sans que qu’on sache exactement à quelle peine.” (Bessis, p. 158). En avril 1980 “28 intellectuels sont arrêtés et traduits devant la Cour criminelle en vertu de la loi sur la Hizbiya...” (Bessis, p. 169). La Libye ne reconnaît pas les pluralismes politiques et syndicaux.

- Fin 1978, une exposition de peinture à Zouara a été saccagée par le Comité révolutionnaire local.

- En février 1979 : tentative d’assassinat de l’avocat et poète berbérophone opposant, Saïd El Mahroug, dit Sifaw. En effet, victime d’un accident grave de circulation que l’on ne peut attribuer qu’aux services du régime libyen, Saïd El Mahroug a été handicapé à vie. Malgré tous les soins dont il avait bénéficié à l’étranger, il meurt en 1994 à Djerba en Tunisie.

- En 1980 : arrestation de berbérophones accusés de création de parti politique d’opposition. Cette arrestation est survenue suite aux évènements du Printemps Berbère en Kabylie dont l’écho s’est propagé dans toutes les régions berbérophones à travers l’Afrique du Nord.

- En 1982 : les étudiantes du Lycée de Zouara, toutes berbérophones, ont été réprimées parce qu’elles avaient refusé de se rendre à une manifestation en l’honneur de Kadhafi. S’en suivirent des arrestations et interrogatoires sous la torture.

- Avril 1984 : arrestation de Berbères suite à une manifestation à Zouara et à Jadou.

- 16 avril 1984 : pendaison d’étudiants berbérophones dans le campus universitaire de Tripoli.

- Le 10 juin 1985, fut assassiné Ferhat Ammar Hleb. Il a été pendu sur la place publique dans sa ville natale, Zouara. Ce jeune berbère venait de terminer ses études aux Etats Unis d’Amérique et il est connu pour ses positions favorables à la cause berbère. Le régime libyen l’accuse d’avoir des contacts avec des opposants libyens aux États-unis et le condamne à a pendaison.

- Avril 1986 : certains militants berbères venus assister aux festivités du Printemps berbère à Tizi-Ouzou en Kabylie (Algérie), furent interceptés aux frontières libyennes et depuis disparus et leurs familles n’en ont eu aucune nouvelle à ce jour.

- Les militants berbères, comme tous les opposants, sont poursuivis jusque dans l’exil où ils se font assassinés par les agents des services secrets du régime libyen. Ainsi, le 26 juin 1987 fut assassiné à Rome (Italie) Youssef Salah Kherbiche, un berbère originaire de Nefoussa.

Alors, un ami de la cause amazighe le colonel Kadhafi ? Les tombes anonymes où ont été ensevelies à la hâte les trop nombreuses victimes berbères de ce cruel dictateur sont largement suffisantes pour répondre par la négative.

 

   source : kabyles.com

 

 

 

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