LA RESISTANCE DES CULTURES     

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  LES JUDEO-BERBERES au Maroc, au Sahara, et en Tunisie

             

 sommaire de la page:

  1. pélerinage des Judeo-Berberes au Maroc et en Tunisie

  2. les Juifs du Sud du Maroc

  3. La Tribu Des Daou Isshaq

  4. la "tafsut" des Juifs d"afrique du nord : MIMOUNA

  5. les berberes juifs dans judaicultures : http://www.judaicultures.info/IMG/_article_PDF/article_199.pdf

  6. origines amazigh de certains noms d'Israelites de Tamezgha http://harissa.com/Genealogie/originedesnoms.htm

  7. http://www.minorites.org/article.php?IDA=1107  

  8. http://www.darnna.com/Juifberberes.htm

  9. association judeo-berbere

  10.   Moshe Benarroche: Moroccan-Israeli Jewish-Amazigh Poet. interview en anglais

    quelques livres sur la vie des juifs marocains      http://www.kodechonline.com/index.html?page=p7444.html&id=31

     

 

 

      Certaines petites villes au Maroc étaient habitées majoritairement par des juifs et des berbères judaisés

 exemples Debdou , Sefrou..etc. Par exemple la ville de Sefrou existait avant que la ville de Fes ne fut fondée.

 ( recueil récits: "Mina qariati fès illa madinati Sefrou)". Jusqu'en 1953 il y avait encore des juifs vivant dans l'Atlas

parmi et comme les berbères , parlaient berbère et beaucoup avaient des prénoms berbères surtout les femmes.

       C'est pour celà qu'il existe plusieurs lieux de pèlerinage (hilloula) des judéo-berbères     ( Ba Amrane, Ouazzane ,Essaouira, Mausolée de Sidi Belabbés...etc)

 

 

EMM

 

 

 

                   Source: carte dafina.net          http://www.dafina.net/

 

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    " texte relevé sur le web LA DÉCOUVERTE DES JUIFS BERBÈRES Daniel J. Schroeter in Relations Judéo-Musulmanes

 au Maroc : perceptions et réalités, edited by Michel Abitbol, Paris: Editions Stavit, 1997, pp. 169-187 Parmi les travaux et

domaines d’études concernant le passé des Juifs marocains, l’histoire des Juifs dans les régions à dominance berbère

 occupe une très faible place. Cela provient en partie de la nature fragmentaire des sources historiques provenant des zones

 rurales du pays [1]. Comparée à la documentation sur les Juifs parlant arabe, vivant dans les régions urbaines du Maroc et

qui ont produit un nombre considérable d’écrits, les données historiques sur la vie des Juifs berbères ou vivant parmi les Berbères, avant la période coloniale, sont très éparses, presque toujours de seconde main, et sont souvent basées sur des mythes

 d’origines et des légendes. Les voyageurs étrangers en visite au Maroc dans la période pré-coloniale, qui ont établi, quoique

de façon inexacte, les listes des tribus et des " races " du pays ont rarement fait la distinction entre Juifs berbérophones et Juifs arabophones [2]."

 

source:        "à la decouverte des juifs berberes"    janine.sefarade.org

        _____________________________________________________________

 

la tradition millénaire judéo-berbère à travers "La route du cédrat", le fruit de la Splendeur….

http://www.marocohra.com/site/index.html

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              Le professeur Zafrani Haim a decouvert il y a quelque temps une Hagadah en langue Berbere !
..

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Relations Judéo-Musulmanes au Maroc : perceptions et réalités,
edited by Michel Abitbol, Paris: Editions Stavit, 1997, pp. 169-187

 

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Interferences culturelles judeo-berberes

http://www.mfa.gov.il/MFAFR/MFAArchive/1990_1999/1999/2/Interferences

%20culturelles%20judeo-berberes

 

Une photo qui manquait pour completer ce beau reportage : la tombe de rabbi Haim Pinto a Mogador.
En fait ce monument est recent, il a ete construit pour proteger la tombe.
Fichiers:

ESSAOUIRA

   Source:  dafina.net /forum

Tombe de Rabbi Haim Pinto Hagdol a Essaouira (Mogador)

Photo: Yasser    je_medi@hotmail.com

   

- 1 -   PELERINAGES

 

source : yahoo.fr jeudi 12 février 2004

Six cents juifs perpétuent les traditions ancestrales du judaïsme marocain

 

RICH, Maroc (AP) - "Je n'ai jamais vu autant de monde, c'est un vrai bonheur de se retrouver tous ensemble", lance Jacques Bensimon, le regard malicieux, en voyant converger des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants autour du tombeau de Rabbi Itzhak Abessehra.

        Pendant trois jours, quelque 600 juifs marocains ou d'origine marocaine, venus des quatre coins du royaume et de la planète, se sont donné rendez-vous début février autour du mausolée construit près de Rich (630km au sud de Rabat), une bourgade isolée dans les contreforts désertiques de l'Atlas. Une zone caillouteuse complètement isolée, où le défunt roi Hassan II avait fait construire, à quelques dizaines de kilomètres de là, le bagne militaire secret de Tazmamart.

 Autour du tombeau et de la synagogue qui le jouxte, les familles les plus assidues à cette "hilloula" (pèlerinage) ont fait construire une dizaine de maisons, occupées trois jours par an mais dans lesquelles chacun -famille, amis ou amis d'amis- est le bienvenu.

         Rabbi Ytzhak Abessehra, décédé en 1921, est l'un des 600 saints du judaïsme marocain. "C'était un homme saint qui buvait beaucoup de mahia (alcool de figue distillé au Maroc). C'est pour célébrer sa mémoire que l'on boit en chantant autour de sa tombe", explique Jacques Bensimon. Agé de 48 ans, ce commerçant de Casablanca est l'un des 3.000 juifs encore présents au Maroc alors que la communauté, présente dans le royaume depuis plus de 2.000 ans, a compté jusqu'à 300.000 membres en 1948.

         Avec la Turquie, le Maroc est le dernier pays musulman du pourtour méditerranéen où vit encore une communauté juive active et relativement intégrée en dépit d'un exode massif et régulier encouragé et financé par l'Agence juive internationale.

          Témoin de la liberté religieuse qui caractérise historiquement le Maroc, malgré les récents appels antisémites ou anti-occidentaux lancés par certains prêcheurs islamistes salafistes, les derniers juifs marocains jouissent toujours de la protection traditionnelle des sultans et souverains de la dynastie alaouite.

  Le portrait du roi Mohammed VI surplombe d'ailleurs la porte d'entrée de la maison de Marcel Azeroual, qui dirige l'organisation du pèlerinage et assure que "les juifs du Maroc sont mieux lotis que les juifs de France".

           Alain B., 42 ans, venu de Paris, estime qu'il y a "plus de 10 millions de musulmans en France" (contre cinq millions officiellement: NDLR) et il confirme: "à Paris, et même dans les quartiers résidentiels, il y a une réelle montée de l'antisémitisme".

            La nuit commence à tomber sur la "hilloula" éclairée par la pleine lune et placée sous étroite surveillance de la gendarmerie royale. Venu des grandes villes marocaines, de France, d'Israël mais aussi du Canada ou des Etats-Unis, qui font figure de nouveaux eldorados du judaïsme marocain, des dizaines de pèlerins de toutes conditions sociales commencent à illuminer le tombeau de marbre avec des milliers de bougies qui brûlent en brasier.

            Des chants traditionnels juifs s'élèvent dans la nuit désertique et glaciale. La foule se presse pour boire un verre à l'éternelle santé du saint et formuler un voeu de bonheur.

          

"Je suis avant tout croyant et Rabbi Itzhak, c'est un saint qui a fait plein de miracles", souligne Charlie Dayan, vêtu d'un blouson de cuir aux insignes multicolores de l'armée de l'air américaine qui tranche avec les tenues austères des barbus orthodoxes loubavitchs. Certains, venus d'Israël ou du Canada ne parlent ni arabe, ni français et séjournent pour la première fois au Maroc dont la tradition de pèlerinage est unique dans le monde du judaïsme.

             Confrontés à l'exode des jeunes générations, de nombreux juifs marocains "profitent de ces occasions pour rencontrer l'âme soeur", confie Eshud Ouaknine, 41 ans, issu d'une très ancienne famille juive et célibataire.

  Surpris tant par la chaleur de l'ambiance, par le niveau de l'organisation et le nombre de participants, Saïd, un des très rares Marocains musulmans présents au pèlerinage, exprime quant à lui sa surprise: "Nous, les Marocains, on ignore tout de ces fêtes. D'ailleurs, personne ne sait exactement comment vivent nos juifs." AP

nim/tl

source : yahoo.fr

jeudi 12 février 2004,

 

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Juifs parmi les Berbères

   

LIGH1953

 

 


 

catalogue réalisé à l'occasion de  l'exposition Juifs parmi les Berbères, photographies d'Elias Harrus

Les diverses photos sont extraites du livre Juifs parmi les Berbères: Photographies d'Elias Harrus, édité par Sarah Harel Hoshen, Paris : Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme ; Tel-Aviv: Beth Htefutsoth, Musée de la Diaspora, 1999.
Ce livre est en vente à la librairie du Musée d'art et d'histoire du judaïsme : librairie@mahj.org

pour zoomer cliquez sur l'image

Regards sur la vie juive au Maroc
Paris, 1999, 90 F/ 13,72 euros

 

 

Musique Juive - Mariage marocain - Fête des mariés
CD album

Marchand: Fnac.com
Catégorie: CD audio
Port: N.C.

€23,48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

synagogue des juifs berberes de Ifrene de l'anti-atlas

source: forum asays.com

05/11/2004 poste par KAHINA.

   

 

                                           - 2 -

Les juifs du sud marocain : ( Tafilalet)

       ..... Les juifs ont commencé par cohabiter avec les amazighs puis avec d’autres ethnies qui se sont installées par la suite tels  les noirs et les arabes . Et selon quelques sources, les juifs entraient dans les régions de sijilmassa après l’année 70 ap jésus. C’est à dire après la destruction de Jérusalem par Titus(3). D.J Meunier a rappelé que des groupes juifs se sont concentrés en grand nombre à l’est du bassin de l’oued ziz depuis un temps bien reculé, puis qu’ils étaient les plus riches de ses régions au deuxième siècle après jésus(4).....

           De sa part SLOUSH avait confirmé que la vallée de sijilmassa était l’une des régions qu’habitaient les juifs depuis des époques anciennes, et qu’il avait deux groupes juifs dont l’un d’eux est connu sous le nom de (Tafilat) mais on ignore la source des informations avancées par cet auteur(5).

                A l’époque du protectorat au Maroc ( a partir de 1912) les juifs se sont dispersés sur tout le territoire national et ailleurs ( Afrique du nord , France..), mais surtout dans les régions du grand ziz et dans l’oasis de Tafilalet, où les vallées de Ziz, Ghris et Guir abritaient des groupes importants de juifs sur les rives des dites vallées et dans ses compagnes et ses ksours.....

source:  Errachidia.ma

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 PELERINAGE EN TUNISIE    

 

 

  

       Le Mausolée du Rabbin Yacoub SLAMA

Talmudiste érudit originaire de Tunis où il enseigna dans la Yeshivah du vénéré Rabbin Raphael El Fassi dont il fut le collègue après en avoir été le disciple.
Il alla en 1773 pour quelque temps à Nabeul, chez sa fille épouse du Rabbin Mardochée El-Guez, il ne tarda pas à y jouir d'une grande considération en raison de son savoir et de sa piété.
 


Tombe du Rabbin

Après sa mort survenue au cours de l'année 1774, il est devenu l'objet d'un culte populaire : de nombreux fidèles venaient prier sur sa tombe et faisaient appel à son pouvoir d'intercession auprès du Très-Haut pour obtenir la fin d'une persistante stérilité ou la guérison d'une maladie rebelle et leurs voeux furent exaucés.
On raconte qu'en1934 , le Rabbin vint en songe à Monsieur Mardochée Karila, notable de la ville de Nabeul et lui demanda d'ériger un monument sur sa tombe jusqu'alors abritée par un olivier.
 

Monsieur Karila, homme pieux et sensible, érigea dans l'année même un mausolée au-dessus de la sépulture du rabbin et en fit don à la communauté, en l'invitant à organiser un pèlerinage officiel annuel chaque lendemain de la Pentecôte juive.


Rabbins à l'intérieur du Mausolée


Les revenus dudit pèlerinage ainsi que les dons qui seront faits sur la tombe du vénéré Rabbin Yacoub Slama, à n'importe quelle autre occasion, profiteraient aux indigents israélites de Nabeul, soit, les trois quarts, au profit de la Caisse de Gestion de Culte et pour un quart, au profit de l'École Talmud Thora.
Depuis ce pèlerinage se déroulait chaque année au milieu d'une affluence considérable de fidèles, qui venaient de tous les coins de la Tunisie par les moyens de locomotion de l'époque (calèche et autres).
Ce pèlerinage était marqué par des prières, des voeux et des offrandes, il donnait lieu à des réjouissances populaires, toutes confessions confondues, c'était vraiment un jour de liesse et de fête pour toute la population de Nabeul.
Dernièrement, cette manifestation pieuse a été décalée vers le mois d'août à l'initiative de la présidente de l'association des Nabeuliens, pour permettre aux fidèles de la diaspora de retour à Nabeul pour les vacances d'été, d'y participer également.

         source:  www.nabeul.net

 
 

Tunisie: environ 5.000 fidèles au pèlerinage juif de la Ghriba

 

 
 

dimanche 6 mai 2007, 17h00

DJERBA, Tunisie (AP) - Quelque 5.000 fidèles en provenance de divers continents, dont un millier venus d'Israël, ont participé dimanche au pèlerinage juif de la Ghriba, l'une des plus anciennes synagogues au monde, construite il y a plus de 2.500 ans sur l'île de Djerba dans le sud tunisien.

Un dispositif de sécurité renforcé a été mis en place depuis l'aéroport de Djerba et tout au long de l'itinéraire menant aux hôtels où résident les pèlerins. L'accès à ces établissements et à la synagogue était minutieusement filtré par des agents de l'ordre en tenue et en civil.

Après une pointe de 10.000 pèlerins en l'an 2000, le nombre des visiteurs qui évolue en fonction de la situation au Moyen-Orient a connu plusieurs baisses successives à la suite de l'Intifada dans les territoires palestiniens.

La chute la plus sensible, limitée à un peu plus de mille pèlerins parmi les juifs résidant en Tunisie, a été enregistrée en 2002 après l'attentat terroriste perpétré par un kamikaze qui s'est fait exploser dans un camion-citerne contre ce sanctuaire juif. Revendiquée par Al-Qaïda, cet attentat avait causé la mort de 21 personnes: 14 touristes allemands, cinq Tunisiens et deux Français.

Selon le président de la Ghriba, Perez Trabelsi, le nombre des pèlerins s'est accru cette année d'environ 40% par rapport à 2006. La plupart proviennent de France, d'autres d'Israël, d'Italie, de Grande-Bretagne, d'Autriche, du Canada et des Etats-Unis. Il a cependant fait état de l'annulation du voyage que devaient effectuer 300 à 400 pèlerins à partir de Paris après les récents attentats au Maroc et en Algérie. AP

 

bb/mw

 

 

 

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  - 3-   LA TRIBU DES DAOU ISSHAQ 

 

 

Bonjour
La tribu daou Isshaqa se trouve au Niger d'après certains qui les connaissent de prés les igdalen, , mais elle est aussi un peu éparpillé, elle suscite aussi bcp d'interoggation, comme on peut s'en douter, sur ses possible origines judaique, elle m'a aussi interessé en tant que chercheur , il y'a un groupe à Tamanrasset issu des daou isshaq, (ceux d'Issac) il parle une langue distincte du touareg, sont convertis officiellemnt à l'islam mais garde certaines croyances plus anciennes, avec des rites judaique suremnt, une relation avec un samedi du chabat..ECT , j'essayerais d'en savoir plus à mon prochain voyage en decembre avec une enquête plus approfondie et je vous tiendrais informé.
Faiza

elea68 <elea68@yahoo.fr> wrote:


bonjour,
qui peut me renseigner sur la tribu des " Kel daoussahag"?
Où se trouve t'elle?
merci beaucoup
Regine 

Connaître et faire connaître le peuple touareg.
Liens Yahoo! Groupes

Un article sur les berberes sahariens     http://www.col.fr/article-547.html

Date:  Mon, 22 Nov 2004 10:09:40 +0100 (CET)
De:  faiza
À:  touaregs@yahoogroupes.fr
Répondre à:  touaregs@yahoogroupes.fr
Objet:  Re: [touaregs] tribu daou Issac


             _______________________________________________________________


Dida BADI  wrote:
 
 Bonjour,
La tribu des Dousahak, comme les Kel Adagh l'appellent, se trouve plutôt au Mali, et plus précisément dans la région d'Inburaghen (Ansengo) à 90 km au nord-ouest de la ville de Gao,sur la rive nord du fleuve Niger, et leur territoire de nomadisation s'étend jusqu'aux limites sud de l'Adagh des Ifoghas. Depuis les sécheresses de 1984 qui ont affecté leur
région, nous assistons à une nouvelle migration des Dousahak vers Tamanrasset où une partie de leur tribu s'est installé dans des tentes de fortune au quartier d'Aderiane non loin du tombeau de Moussa ag Amastane,amanoukal de l'Ahaggar entre 1904 et 1922.
 
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  -4- la Tafsut des juifs de Tamezgha  

 

Ma Mimouna à moi

Albert Suissa

 

Il n'est, dans toute l'histoire orale du judaïsme nord-africain, de fête plus noyée dans un (doux) brouillard que la Mimouna. Mon témoignage personnel va, je n'en doute pas un instant, soulever une levée de boucliers de la part de tous les défenseurs de cette humble communauté et autres auteurs d'albums en couleurs sur ses particularismes. Tous ceux qui s'efforcent de la reléguer dans la catégorie « poulet surgelé glatt-kosher » du grill-room politique local et contre qui je ne connais que deux moyens de se mesurer : choisir le regard prosaïco-poétique ou opter pour le regard systématiquement ethnologique, deux attitudes qui ne sont du reste pas irréductibles.

Mais commençons par nous plonger quelque peu dans les méandres étymologiques du mot Mimouna : nous avons mamon (biens), mazal (fortune), emouna (foi, mais aussi confiance), rabbi Moché ben Maimon (Maïmonide), Mimoun, prince-souverain des démons, Mimouna, son homologue féminine, Lalla Mimouna aussi, sainte femme de l'islam, sans parler de Timimouna, qui fut, avant d'être rayée de la face du monde, la petite Jérusalem des franges du désert saharien. Et puis la mouna, cette brioche de Pâque que l'on consomme dans les champs ou au bord de l'eau ; cette « nuit de la chance » qui veille sur la fiancée, la 'arousa toute fraîche... Sans parler du pèlerinage, la hiloula, qui marque l'espérance printanière de prospérité et de fécondité. Une nuit aussi de badinages, de rires, d'apaisement des démons et autres mauvais esprits, de processions, de rites au bord des rivières ou de la mer, la fête de la mise en gerbe des céréales et du culte des saints.

Les préparatifs épuisants qui précèdent la Pâque mettent un terme heureux à l'hiver morne et glacial que Dieu donne aux juifs depuis les jours austères qui clôturent l'été jusqu'à la célébration du renouveau, du printemps. Comme pour la paix entre les hommes, le chemin du bonheur est semé d'embûches... Dans les foyers, le territoire autorisé se fait de plus en plus exigu, les friandises de plus en plus rares ; pièce après pièce, armoire après armoire, tout devient inaccessible. Les parents sont sur les nerfs, les enfants marchent sur la pointe des pieds dans des espaces réservés, le père nous fait subir des exercices de haute voltige, de ceux que les adjudants imposent aux jeunes recrues, nous secoue les tiffes, nous fait retourner nos poches, les revers de nos pantalons dès que nos pieds nous ont portés dans les zones purifiées du logis, des fois que, Dieu préserve, une miette de hamets s'y serait subrepticement glissée. (« Ce n'était pas pour le principe, affirme papa aujourd'hui en souriant... mais pour votre éducation, pour la beauté de la chose en somme... », il faut dire que pour lui les deux termes sont quasiment synonymes). Nous, les enfants, nous étions en vacances scolaires à cette période. Enfin, en vacances, c'est une façon de parler, parce que nous passions notre temps à dépoussiérer les livres, à vérifier à la loupe, des heures durant, si quelque insecte ne se serait pas introduit dans les feuilles de laitue, à réviser les grands et multiples commandements du rite de Pessah, la Pâque juive...

Le soir du Séder se résume à une série longue et minutieuse de préceptes plus rigoristes les uns que les autres. Une fête, certes, mais quelle fête austère, quelle intolérable tension pour le commun des mortels, même si elle fait au croyant sa part de plaisir terrestre. Avec tout le respect que je voue à l'existentialisme de Soloveitchik et au rationalisme de Leibovitz, je ne peux m'empêcher de voir là une expression névrotique de la psyché de mes coreligionnaires. Dans les réalités sociales où évoluaient les juifs marocains, la peur de l'assimilation était permanente (les famines surtout se soldaient par leur lot de conversions à l'islam, des communautés entières disparurent ainsi). D'où l'importance « identitaire » qui était attribuée aux particularismes de la Pâque : aux pains azymes en général, à l'afikoman* en particulier, connu et reconnu pour ses vertus d'apaisement des tempêtes en haute mer et que tous gardaient précieusement pour le jour du grand voyage vers Erets-Israël.

Du coup, après ces sept jours, il ne nous était pas facile de nous libérer du joug de tant de prohibitions et de potentiels péchés. Et c'est là qu'entrait en jeu l'élément incontournable de la Mimouna : seul le goy, le musulman en l'occurrence, pouvait procéder à l'entrée du hamets, tabou de la Pâque, dans les foyers juifs. Les sept jours de pains azymes s'achèvent sur des bénédictions, des témoignages sonores d'amitié, avec, à la clef, l'évocation et l'invocation de tous les démons et saints du répertoire local, d'abord et avant tout Lalla Mimouna, cette sainte musulmane vertueuse qui est même parvenue à s'assurer une place de choix dans notre conscience collective nébuleuse de juifs marocains. Une femme haute en couleurs, Lalla Mimouna, lourdement fardée, qui mâchonne de la menthe fraîche, répand des fèves, donne du lait, se meut librement et généreusement, et reste ambiguë sur la question de savoir ce qui en elle est juif, et ce qui est arabe. Ils viennent, ces voisins arabes, nous dire en connaisseurs que, de toute éternité, nos rites sont les leurs, et nous demandent de rester encore un peu, de ne pas nous faire de souci, car voilà le printemps, tout va s'arranger, vous allez voir la fécondité, le bonheur, la joie, « Prospérez et réjouissez-vous (tirbah u-tessad), nous disent-ils, Lalla Mimouna, la sainte musulmane y veillera ! »

« Vous avez sept jours durant fait abstinence de froment et de levure ? Eh bien, en voilà. Ne sont-ils pas plus savoureux que jamais la mafleta, le baklava, le berkoche, ce couscous au beurre et à la crème... Et tandis que dès l'après-midi nos femmes s'emploient à emprunter à leurs amies arabes leurs plus beaux caftans, les amis arabes de mon père entrent avec un poisson frais pêché - gage de fécondité - disposé dans un panier fleuri. Et puis arrivent la farine, le beurre et le lait qu'apportent des voisins arabes, pas fâchés de prendre part à la fête.

Ceux qui sont vénérés comme des saints par les musulmans sont pour les juifs des démons, et vice-versa. C'est dans ce lien mutuel et antinomique que réside le secret. Il arrive même que le démon libère le saint de sa torpeur, comme cela est arrivé à rabbi Yaacov Ouazzana d'heureuse mémoire, dont l'épouse, diablesse avérée, provoqua ce que personne n'appelle une conversion à l'islam mais qui se traduisit quand même chez lui par cinq prières quotidiennes... Et c'est ainsi que le juif qui a cultivé la différence pendant toute une semaine, va revêtir caftan et tarbouche, verser des seaux d'eau sur le pas de sa porte, tremper ses cinq doigts dans la farine pour sceller la bonne fortune (hemsa) sur le couvre-chef de ses coreligionnaires. Et le lendemain va se rendre dans la nature sur le tombeau d'un saint vénéré aussi par ses voisins musulmans, et gommer ses particularismes.

Parallèlement, chez les Berbères de l'Atlas, de suite après l'Aïd el-Kbir, la fête du sacrifice austère de l'islam qui a des relents de notre Pessah à nous, s'annoncent les réjouissances carnavalesques du « Bilmoun », démon mi-homme mi-bouc, sorte de métempsychose de Mimoun, le dieu des démons, où le rabbin juif et ses disciples jouent le rôle de satyres, qui sont apparemment l'antithèse de la fête du sacrifice qui les a précédés. Mimouna ici, Mimoun là, un couple de démons conviviaux qui survolent les lieux et s'efforcent tant bien que mal d'enfreindre les lois de la ségrégation.

Je n'ai jamais été convaincu par le mythe de la pérennité des relations amicales entre juifs et Arabes au Maghreb, mais une chose est certaine : elles étaient beaucoup plus harmonieuses que partout ailleurs. Si j'ai choisi l'occurence de la Mimouna, c'est précisément en réaction contre cette tendance si répandue de judaïser à tout prix cette fête, somme toute celle du printemps, apogée des moissons pour les agriculteurs arabes dont les juifs négociaient les récoltes. Ce lien fondé sur l'espoir de prospérité, qui unissait tous les habitants du Maghreb n'existe pas aujourd'hui au Proche-Orient, comme sont absents en Israël de cette fête de la coexistence, les voisins arabes.... Les juifs marocains d'Israël savent le triste sort qui fut réservé à Lalla Mimouna depuis son irruption en Terre sainte, avant même qu'elle ne fût contrainte de se prostituer à la culture agressive locale, de se laisser phagocyter par des responsables politiques méprisants, outrés par la nostalgie de tous ces juifs-là pour leur « là-bas », tous ces juifs qui se rencontraient pour comptabiliser leur nostalgie, cet ensemble de coutumes et de rites soudain parés de l'auréole du souvenir - terni par les vicissitudes de l'heure et le mépris ambiant.

Autre élément indissociable de la Mimouna qui unit le juif marocain à son compagnon de fortune culturelle orientale : la relation magique, éminemment païenne, à la nature. La nature, c'est le domaine réservé et intouchable de Allah. Pas de carte ni d'herbier chez les campagnards du Maghreb. La nature, c'est un lieu saint, un point c'est tout. Pourquoi ? Parce que tel marabout a choisi d'être enterré là précisément. Cette colline là-bas ? Elle retentit du vacarme de démons qu'il faut combler. D'ailleurs, les chênes qui y poussent sont sacrés. Dans ce vallon, se trouve un acacia frisé sur lequel sont suspendus des lambeaux de tissu qui sont des remèdes à tous les maux. Au tournant du chemin, on a vu autrefois deux pierres sautant l'une sur l'autre. Tel parcelle de terrain devient en l'espace d'une nuit un lieu sacré. Pourquoi ? c'est comme ça, il ne faut pas chercher à comprendre. D'ailleurs, depuis quand est-il donné à l'homme de tout comprendre ?

Ces gens incultes dont toute la culture se résume à critiquer les cultures ont dénaturé ce jour d'escapade dans la nature pour en faire un gigantesque pique-nique, grillades à l'appui. Mais c'est là une version altérée, israélienne de ce culte de la nature. Car tous ceux qui vont dans la nature ce jour-là ne fêtent pas la Mimouna, de même que l'Arabe israélien qui pique-nique le jour de l'Indépendance de l'Etat d'Israël ne le fait pas nécessairement pour apporter sa contribution personnelle et patriotique à la fête nationale. Si la démocratie permet toutes ces expressions, fussent-elles antinomiques, le fait culturel, lui, exigerait un regard plus perspicace.

Soulignons, pour finir, cette niche de féminisme dans ce judaïsme rigoriste qu'est la Mimouna : c'est une fête féminine par excellence, généreuse, chaloupée, droit venue des civilisations matriarcales. Rien dans Mimouna de cette symbolique fondamentalement austère que le patriarcat a répandu : rites cultuels contraignants, obéissance au Tout-puissant, repentir et jugement dernier, culte du patriotisme et de l'héroïsme. Mimouna, c'est une fête gratuite, juste pour le plaisir, où l'on exprime sans retenue ses sentiments et ses passions.

Comme de juste, une des coutumes les plus conviviales de la Mimouna consiste à parvenir à une bonne petite entente à finalité matrimoniale. Une de celles - parmi les plus remarquables de l'histoire juive - qui est en train de se tramer entre nous et les Palestiniens, et nos voisins arabes en général. Le jour où nous serons en mesure de fixer une fête internationale de la paix entre nous, pourquoi ne pas choisir alors le jour de la Mimouna précisément. Du coup, les musulmans viendront en masse péleriner sur la tombe de Baba Salé, et toutes les juives candidates au mariage des agences matrimoniales locales iront conjurer le mauvais sort auprès d'un marabout de Gaza. Inch'Allah !

*Afikoman : morceau de pain azyme dissimulé au début du Séder, distribué après le repas à tous les convives et consommé en souvenir du dernier repas pris avant la sortie d'Egypte.

Adapté d'un article paru le 12 avril 1996 dans Kol Ha'ir (hebdomadaire de Jérusalem) par A.M.S.

voir Revue israélienne des arts et des lettres   http://www.mfa.gov.il/mfa/go.asp?MFAHOdw50

Albert Suissa, né à Casablanca en 1959, est arrivé enfant en Israël et vit à Jérusalem. Il a fait ses études dans une yéchiva (institution supérieure talmudique) combinant études religieuses et service militaire. Ses nouvelles ont été publiées dans plusieurs revues. Il fait à l'heure actuelle des études de théâtre à Paris.

 

 

association judeo-berbere

 

Une association pour l'amitié entre Amazighs et Juifs verra le jour dans les prochaines semaines. Selon ses fondateurs, l'ONG œuvrera à développer les relations entre les Berbères résidant au Maroc et les juifs amazighs vivant dans l'Etat hébreu. Selon Boubaker Oudaâdid, il s'agit de lutter contre l'antisémitisme régnant dans ce pays et développer la culture amazighe chez les juifs berbères de l'Etat juif. « Dans le territoire soussi où j'ai grandi, il n'y avait pas de différence entre musulmans et juifs. Nous entretenions des relations étroites avec nos frères juifs. Quand je me suis installé à Casablanca, j'ai été choqué par l'attitude des gens, franchement antisémite : par exemple, l'utilisation de l'expression lihoudi hachak. C'est une des raisons qui nous ont poussés à créer cette association », raconte M. Oudaâdid, enseignant de langue allemande à Casablanca. L'association compte déjà une vingtaine de membres résidant au Maroc. Des avocats, enseignants et professeurs qui préfèrent garder l'anonymat. Et pour cause : dans son agenda, l'ONG veut organiser des voyages et des excursions pour que les Amazighs marocains et israéliens puissent se rencontrer, encourager les échanges économiques entre les deux pays et promouvoir des initiatives pour la mise à niveau du monde rural dans les territoires amazighs, avec l'aide des Israéliens. Un agenda en totale contradiction avec la politique de rupture, du moins officielle, adoptée par l'Etat marocain envers Israël. Et surtout à contre-courant du sentiment pro-palestinien de l'ensemble de la population marocaine. Pour Oudaâdid comme pour Brahim Amekraz, un autre initiateur de ce projet, la cause palestinienne a été exploitée par les politiques de ce pays à des fins personnelles. « Nous n'éprouvons aucun sentiment d'animosité envers l'Etat d'Israël. Le conflit concerne en premier lieu les Palestiniens et les Israéliens. Cette guerre se passe à des milliers de kilomètres de ce pays. Elle ne nous intéresse pas », tranche M. Oudaâdid. Au-delà de cette approche en décalage total avec les convictions de l'ensemble des Marocains (la cause palestinienne étant très populaire), les Juifs ont fait partie de l'histoire des Amazighs du royaume. Les Azoulay, Azerwal, Amselem et autres Andjar sont des Juifs marocains qui portent des noms amazighs. Dans dafina.net et darnna.com où les communautés juives se retrouvent dans de nombreux forums, ils sont plusieurs à affirmer vivre en Israël et parler encore berbère. D'autres cherchent à en savoir plus sur leurs origines berbères.

Juifs et berbèrophones…
Le nombre d'ouvrages réservés à la judéo-berbérité est tout aussi impressionnant. Haïm Zafrani dans ses « Littératures dialectales et populaires juives en Occident musulman », « Le judéo-berbère », Didier Nebot, dans « Les tribus oubliées d'Israël : l'Afrique judéo-berbère, des origines aux Almohades », Sigal Azaryahu avec son « Processus de préservation et de changements dans la musique des Juifs de l'Atlas en Israël » ou encore, le chercheur à l'IRCAM Mohamed El Medlaoui dans, « Changement et continuité dans l'Ahwash des Juifs-berbères » sont autant de documents qui affirment l'ancrage des populations juives dans l'histoire du Maroc. Les juifs qui vivaient à Tinghir, à Tiznit, à Ouarzazate ou à Sefrou communiquaient en berbère et en hébreu. Ils chantaient en berbère lors des cérémonies de mariage ou de circoncision. Haïm Zafrani a même identifié un texte sacré, la Haggada de Pesah, écrit en amazigh. Des dizaines de mausolées sont visités annuellement par des juifs du Maroc et du monde entier qui viennent spécialement pour célébrer leur saint. C'est la fameuse Hiloula. « Chinoune, plus connu sous Sidi Chenaoui, Vercina ou Daniel (Sidi Diniale) sont des saints juifs qui sont également visités par des pèlerins berbères musulmans. Parce qu'historiquement, ils jouissaient du respect de la population locale, musulmane ou juive », explique ce spécialiste.

Loin de faire l'unanimité
Les responsables de cette association affichent leur intention d'aller de l'avant dans leur projet. Ils fixent le mois d'août comme date de leur assemblée constitutive qui compte des membres à Casablanca, Rabat, Meknès et Tanger. En Israël, M. Oudaâdid cite les noms du Dr. Bruce Weitzman, le chercheur Moshé Benarouch et la journaliste Mira Africh comme partenaires de la future association, ainsi que d'autres membres vivant en Europe. « Notre ambition est non seulement de faire en sorte que la langue amazigh ne disparaisse pas chez les juifs berbères d'Israël, mais aussi de médiatiser au Maroc les différentes fêtes juives et parler de nos concitoyens, d'origine marocaine, de confession juive et qui vivent dans les quatre coins du monde. Car à ma connaissance, quand on est Marocain, on l'est pour la vie », lance convaincu M. Oudaâdid. Comment alors répondre aux Marocains qui s'opposent à toute normalisation avec Israël tant que les droits du peuple palestinien ne sont pas rétablis ? Le militant amazigh répond calmement que la notion de normalisation est étrangère à nos mœurs. Une position radicale qui ne fera certainement pas l'unanimité. Une majorité de militants amazighs a d'ores et déjà affiché son opposition à toute initiative qui pourrait porter atteinte aux intérêts du peuple palestinien.


 
Hicham Houdaïfa

Le Journal Hebdo

Source| http://www.lejournal-hebdo.com/article.php3?id_article=8485

 

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