Une histoire qu’on peut raconter un
jour. Un père se présente au bureau des inscriptions des nouveaux nés,
dans une petite ville de l’Algérie profonde “Ain Touta ” à 35 km de la
capitale des Aurès. L’heureux père Rachid Belkhiri ne demandait pas
autant : un doublé, alors, au lieu d’un prénom amazighe, ça va être
deux, et des rois. Une fois devant l’agent de l’a.p.c ”assemblée
populaire communale ” pour dire mairie, Rachid annonce son souhait,
d’inscrire deux (2) nouveaux nés en l’occurrence GAYA ET MICIPSSA. Le
scribouillard fait mine de ne pas bien comprendre, le père répète : “
deux nouveaux- nés Gaya et Micipssa ”.
C’est le point de départ, d’une honteuse
machinerie, une lamentable vacherie à l’encontre, d’un citoyen, face à
une monstrueuse et arrogante administration qui pue le féodalisme. Le
premier accrochage, avec le gratte papier nommé agent d’administration,
qui ne trouve pas les prénoms à son goût, ni dans le catalogue de la
BALADIA “lire mairie ” CE NE SONT PAS DES PRENOMS ARABE lance t-il,
justement rétorque, le contribuable. On fait appel au chef de service,
après avoir pris soin de l’informer de la douteuse et inacceptable
demande. Le responsable explique, dans une langue de bois, impossible de
traduire ou reproduire dans une autre langue, que pour accepter un
prénom, il faut qu’il soit, algérien, arabe ou musulman, or selon lui,
MICIPSSA ET GAYA n’obéissent pas à cette règle. Sur place et à chaud
Belkhiri Rachid lui donne et de tête, des prénoms ; MIRA, CHAHINEZ,
BOUNDAK...et de même pour les prénoms masculins. Le petit chef de la
petite mairie, espérait peut être, que toute la population se met à
ABOU : abou hamza, abou youcef...et pourquoi pas à bout de nerfs et à
bout de souffle, c’est plus amusant. On informe le père et le plus
sérieusement du monde, que si au bout d’une semaine, il ne change pas
les prénoms de ses fils, l’administration, leur donne des prénoms et
sans rire.
Le père courage, lance une affaire en
justice, ne se fait pas victime et frappe à toutes les portes. Il trouve
répondant, dans les pages de la presse indépendante : LE MATIN , LE SOIR
D’ALGERIE, LIBERTE, EL KHABAR...débouté une première fois , il ne perd
pas espoir, refuse un compromis , qu’on lui propose, comme un cadeau
empoisonné, GAYA ET MICIPSSA sinon rien. Dans un RADAR du journal
LIBERTE le ministre de l’intérieur, assure que l’affaire, se règle, dans
un cadre local, c’est à dire au tribunal de AIN TOUTA. Au deuxième
recours, après deux ans, notre ami Rachid Belkhiri obtient gain de
cause. Pour l’histoire, ce n’est pas la première bavure MASSILYA ,
NUMIDIA , MAZIGHE , JUBA...sont passé par là .
Rachid belkhiri nous a donné une leçon
de courage, il s’est accroché bec et ongles, il a fait face, à un maire
qui se prenait pour le centre du monde, une administration, juge et
partie à la fois, une justice médiévale. Aujourd’hui, des citoyens,
viennent lui demander des prénoms berbères, il a cassé la peur, le
doute, nos pires ennemis. Les voici GAYA ET MICIPSSA AZUL
Rachid Hamatou
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Belkhiri Gaya et Micipssa
 
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Photo : Copyright © Rachid Hamatou
source:
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