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IZENZAREN

 

Ecrit par Imurig     11-07-2006

Le festival Timitar arrivera pour la troisième fois arracher la cité blanche d’Agadir de sa nonchalance caractéristique. Le paradis balnéaire des touristes, d’habitude calme, vivra aux rythmes des musiques du monde entre le 11 et 16 juillet 2006.

Parmi les événements qui marqueront le point fort de cette édition, il y aura la participation très attendue du groupe mythique Izenzaren Chamkh le jeudi 13 juillet à la place Bijawane. Nous avons eu l’honneur de rencontrer Mohamed Chamkh, responsable du groupe Izenzaren Chamkh. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions. -

 Imurig.net : Izenzaren Chamkh est un grand nom de la musique amazighe qui n’est pas à présenter, parlez nous plutôt de la nouvelle formation.

M. Chamkh : La nouvelle formation compte trois anciens membres à savoir les deux frères Chamkh, Mohamed et Abdelkabir ainsi que Brahim Oublid. Les autres trois nouveaux membres qui nous ont rejoint sont déjà connus du public, en l’occurrence Abderrahmane Barda, ex-membre d’Iguidar et ensuite Izenzaren Igout, Tarwa Izenzaren et Inmalen, Rachid Choughal et Lahoucine Bourijat, ex-membres du groupe Tarwa Izenzaren.

- Vous êtes comme beaucoup de grands noms de la chanson amazighe originaire de Dcheira. Comment expliquer que tant d’artistes soient issue d’une si petite bourgade perdue quelques parts aux alentours d’Agadir?

La marginalisation dont souffre Dcheira y est sans doute pour beaucoup dans
l’émergence de la musique comme un moyen d’expression. Sans oublier que notre famille a toujours été un lieu d’accueil pour les rways de passage dans la région. Beaucoup d’entre eux finiront par s’installer là-bas. J’y ajoute un autre facteur aussi important à savoir la naissance des deux stars de la chanson amazighe : Aziz Chamkh et Igout Abdelhadi dans cette bourgade.

- Votre groupe a connu une rupture de près de 5 ans (1998 – 2003), alors que votre dernier album remonte à presque 14 ans, que s'est-il passé ?

Et bien je dirai que cette rupture est due essentiellement au départ de Aziz en France en 1998. Vu le rôle incontestable qu’il jouait au sein du groupe au niveau de la composition, des paroles et aussi de la direction, personne n’a pu le remplacer.

- Pourquoi est-il parti ?

(Souriant) Je préfère répondre par les mots d’une chanson qu’il a écrit lui-même :

magh ijran ghassad
ur igi zund ussan
igh zrîgh tafukt
nnigh izd ayyur
azemz a ur illin

- Personne ne s’attendait à votre retour sur scène …

Oui c’est vrai, mais ce retour s’imposait pour plusieurs raisons. D’abord il fallait remplir ce grand vide qu’a laissé le groupe dans la scène artistique soussie. Ensuite on se devait de sauvegarder le répertoire si important qu’a accumulé le groupe durant trois décennies. Il y a aussi l’intérêt que prennent quelques chercheurs vis-à-vis du groupe et de son histoire en terme de recherches, articles de presse etc. sans oublier le regain d’intérêt des associations culturelles aussi. Nous voulons par ailleurs rendre hommage à nos fans et leur faire plaisir ainsi qu’aux jeunes groupes passionnés par la musique d’Izenzaren Chamkh.

-En parlant justement des fans, qu’est ce que vous leurs préparez ? Avez-vous des projets à venir ?

Oui, nous sommes entrain de préparer un nouvel album, dont je ne peux préciser la date de sortie, mais ça sera bientôt inchallah. Nous comptons également produire un VCD qui contiendra les chefs d’œuvres du répertoire d’Izenzaren Chamkh. Nous avons aussi une participation prévue pour le mois d’août dans le cadre du festival de la commune urbaine d’Agadir.

- Votre apparition marquera un des points forts de la troisième édition du festival Timitar, que pensez-vous de cet événement ? Quel impact pourrait avoir ce genre de festivals sur la musique amazigh chleuhe ?

Avant Timitar, j’aimerais bien signaler que le groupe a animé divers soirées, entre autres celle de la fête de la musique en août 2005, le nouvel an amazigh 2956 (janvier 2006), le festival de la jeunesse des Arts Populaires etc.

Le festival Timitar vient donc couronner le retour du groupe sur scène, et c’est déjà un honneur pour lui de participer dans un tel festival si intéressant et dans sa propre ville. Le groupe y voit déjà un hommage pour lui, pour ce qu’il a donné à cette ville et à l’art soussi en général. Tout au long de ces trois dernières décennies le groupe a représenté la région à travers tout le Maroc que ce soit à Oujda, Fès ou encore Laàyoune.

Pour ce qui est de l’impact du festival sur la musique amazigh chleuhe, je crois que c’est une bonne opportunité pour un échange créateur avec les cultures du monde, et pour faire découvrir le style tazenzart. Aussi faut-il signaler que c’est une occasion pour communiquer avec les divers médias TV, Radio etc. et ce après une rupture de 20 ans à l’exception de la rediffusion de quelques soirées.

Pour le grand plaisir du notre cher public, il assistera à deux soirées tazenzart sur deux jours consécutifs et sur la même scène. (ndlr. Allusion à la prestation des deux groupes Izenzaren Chamkh et Iguidar qui se produiront respectivement le 13 et 14 juillet sur la place Bijawane)

- L’absence de Aziz Chamkh, aura-t-il un effet sur la prestation du groupe lors de cet événement ?

Aziz reste toujours irremplaçable, mais le groupe fera de son mieux pour satisfaire son public et garder son image historique et sa réputation accumulé depuis tant d’années.

- Croyez-vous à son retour prochain?

Bien sûr, c’est une chose évidente ! Dès qu’il aura fini sa mission inchallah. N’oublions pas qu’il continue toujours à représenter le style tazenzart à l’étranger, pour lequel il s’efforce d’ouvrir de nouveaux horizons vers une universalité plus grande.

- Un dernier mot …

Nous assistons grâce à Dieu à une renaissance du style tazenzart. Ce regain d’intérêt se manifeste par l’apparition des nouveaux groupes qui portent le flambeau de cette musique. Nous somme aussi témoin d’un retour en force des grands groupes historiques : Iguidar, Izenzaren Igout, et bien sûr notre propre groupe Izenzaren Chamkh.

Nous espérons voir cette musique bénéficier d’un soutient plus fort par exemple avec l’organisation d’un festival consacré à tazenzart. Pour notre part nous sommes toujours prêt à soutenir les jeunes talents.

Pour finir, nous vous remercions pour votre Intérêt. Tanmmirt !

Propos recueillis par Omar Ifraden
Nos vifs remerciements à Mr Azerwal Said
Pour découvrir Izenzaren Chamkh et écouter leur répertoire, voir le site www.imurig.net

 

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