Bouznika, 07/03/05- Les participants à une rencontre initiée par
l’Institut royal de la culture Amazigh (IRCAM) ont appelé à la
préservation et la promotion de la culture amazigh et à la
consolidation de sa place sur les plans éducatif, social, culturel
et médiatique.
Les participants à cette rencontre, dont les travaux ont été
ouverts vendredi à Bouznika (environ 50km au sud du Rabat) sous le
thème ’’pour le renforcement de la place de l’Amazigh dans la
société marocaine’’, se sont prononcés en faveur de la
généralisation de la diffusion de la radio amazigh sur tout le
territoire national et du suivi des dossiers soumis à la Haute
Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) au sujet de la
création de stations radio.
Ils ont invité l’IRCAM à favoriser l’organisation de festivals
annuels spécifiques aux arts amazigh et d’ateliers de formation au
profit des associations culturelles amazigh dans les domaines de
l’animation, de l’écriture des scénarios et de la presse. Ils ont
également souligné la nécessité d’encourager l’artiste amazigh,
d’assurer son encadrement et de faire respecter les droits
d’auteur.
Sur le plan éducatif, les participants ont estimé important
d’accélérer le rythme d’intégration de la langue amazigh dans les
programmes scolaires, d’assurer la distribution du livre scolaire
et sa généralisation et d’impliquer les diplômés chômeurs et les
acteurs des associations amazigh dans le projet d’enseignement de
cette langue.
Ils ont également estimé nécessaire d’intégrer la culture amazigh
dans les programmes scolaires, de supprimer tout ce qui est de
nature à porter atteinte à l’identité amazigh dans ces programme,
d’activer et d’assurer le suivi des accords de partenariat et de
coopération entre l’IRCAM et le ministère de l’éducation
nationale, de l’enseignement supérieur, de la recherche
scientifique et de la formation des cadres.
Estimant que la promotion de la culture amazigh est une
responsabilité nationale qui interpelle tous les marocains, les
participants à cette rencontre ont souligné la nécessité de
soutenir et d’encourager les compétences amazigh notamment à
travers le renforcement de la communication entre les associations
amazigh, au Maroc et ailleurs, et la protection des noms amazigh
donnés aux lieux et aux nouveaux nés.
Intervenant à l’ouverture de cette rencontre, M. Ahmed Boukous,
Recteur de l’IRCAM a indiqué que cette manifestation s’inscrit
dans le cadre de l’ouverture de l’institut sur son environnement
ainsi que sur les différentes composantes de la société civile.
Il a souligné que cette rencontre vise à faire connaître les
activités de l’institut, les problèmes qu’il rencontre dans
l’accomplissement de sa mission et à nouer des liens avec les
associations oeuvrant dans le domaine de développement de la
culture amazigh et du développement durable, dans la perspective
de mettre en oeuvre des partenariats fructueux.
M. Boukous a rappelé les différentes activités organisées par
l’IRCAM, notamment des colloques internationaux portant sur
différents thèmes inhérents à la langue et à la culture amazigh au
Maroc, soulignant que l’institut a publié depuis sa création une
vingtaine d’ouvrages en arabe, en français, en tamazight et en
anglais, dont des romans, des livres d’histoire et
d’anthropologie.
L’IRCAM, a-t-il rappelé, a ouvert plusieurs chantiers notamment en
matière de recherche scientifique, de collecte du patrimoine
amazigh orale et d’éducation.
M. Boukous a également rappelé que l’IRCAM est un institut de
recherche scientifique effectuant, entre autres, des traductions
et publiant des études sur la langue et la culture amazighs.
L’Institut s’emploie également à renforcer la place de la culture
amazigh dans les espaces publics ainsi que dans la gestion des
affaires locales et régionales et à développer la coopération avec
d’autres institutions et organismes nationaux, régionaux et
internationaux oeuvrant dans les domaines de ses préoccupations.
Son ambition, souligne-t-il, est de devenir, progressivement, une
institution qui sert de référence dans le domaine de la langue et
de la culture amazighs, au niveau national, nord-africain et
international.
Cette rencontre de trois jours, a été marquée par la participation
de plus de 70 associations de la société civile, dont des
associations oeuvrant pour la promotion de la culture et de la
culture amazighs au Maroc, et par plusieurs conférences sur la
stratégie de l’institut et ses moyens d’action
MAP