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De nouveaux talents pour une expression jeune
Les films vidéo en langue
berbère constituent une expérience particulière dans le paysage
audiovisuel marocain de cette décennie. Cette expression jeune a pu
accumuler un nombre important de réalisations, caractérisée, certes,
par un amateurisme flagrant, qui rappelle les premiers débuts du
cinéma. Avec l’engagement de nouveaux talents avertis, possédant une
culture visuelle et connaissant parfaitement l’environnement
socio-économique et historique du public de ce "genre", on pourrait
aboutir, dans l’avenir, à des œuvres plus accomplies, qui seront, sans
doute, un facteur de développement pour la production de fiction au
Maroc. La jeune réalisatrice Fatima Boubekdi entame, avec le courage
qu’on connaît aux femmes cinéastes marocaines, une expérience
intéressante dans ce domaine.
La culture amazigh investit
donc de plus en plus l’art vidéo. Malgré les imperfections techniques
notables dues aux conditions de tournage dérisoires, les films vidéo
en langue berbère connaissent un accueil chaleureux et une forte
demande à Agadir, Tiznit, Taroudant, Ouarzazate, Tinghir et Casablanca
en plus de quelques villes du Rif et auprès des Marocains résidants à
l’étranger. Réservés à l’usage privé, ces films sont projetés dans des
cafés qui organisent des séances de projections pour le grand public.
Un public avide d’une culture locale riche mais malheureusement
méprisé, par insouciance ou par négligence.
La trentaine de films qui ont vu le jour en dix ans, a
essayé, avec maladresse parfois, de valoriser une composante
essentielle du patrimoine culturel marocain, en mettant en scène le
quotidien d’une part de notre société. Amour, tribu, exil, conflits
familiaux, exode rurale, immigration, rapports passionnels, us et
coutumes..., autant de thèmes sociaux sensibles qui sont traités avec
beaucoup d’humour. Le cinéma est devenu pour le consommateur profane,
par déviation, synonyme de comédie et d’amusement.
Le grand public ne demande qu’à voir des choses
amusantes, dans sa langue, sur un petit écran qui a opté pour un
langage méconnaissable. Les maisons de production parviennent, malgré
le problème du piratage à vendre plusieurs milliers de copies. Ce qui
représente un chiffre important vu le caractère réduit du marché de la
vidéo et la concurrence des films étrangers. Mais, le gain rapide ne
doit pas faire oublier aux responsables des sociétés de distribution
la fonction artistique de ces films qui expriment une identité. Ce
public acquis doit être éduqué au langage des images, en lui évitant
la banalité et la simplicité dans le traitement de sujets qui le
concernent.
Reconnaissance
L’expérience des films berbères a commencé dans les années 90 avec le
développement des vidéo club, et l’essoufflement du marché des K 7 de
spectacles de musique arabes et berbères. Un côté animation s’est
ajouté alors à ces spectacles avec des sketchs filmés. Deux fictions,
"Tamghart Ourgh" de Lahoucine Bizgarne et "Boutfonaste" de Agouram
Archach ont suscité un engouement publique, et on parlait alors du
début d’un cinéma berbère, d’autant plus que ces films montraient déjà
quelques points forts au niveau de l’interprétation (la naturel des
acteurs), et des récits caractérisés par leur aspect local. Le public
découvrait enfin sur l’écran sa région méconnue de la caméra des
cinéastes marocains. Les producteurs ont exploité l’effet de nouveauté
et le vide au niveau de la télévision.
Les titres se sont multipliés
: Tiguiguilt
(l’orpheline), Assgasse ambarki (heureuse année), Ghassad Dunit, Azka
Likhert (aujourd’hui la vie, demain l’au-delà), Imzouag (en trois
partie), Tagodi (le chagrin), Tassaste (Le problème), Tihya
(biographie de Tabaamrante) seul film sous-titré en français, Tislit
Ijlane (en deux épisodes), Tiyiti n’ wadane, Moker...
La recherche de nouveaux talents
est le seul facteur
qui pourrait donner un nouveau souffle à cette production . Des
professionnels doivent s’investir dans ce travail de valorisation et
de reconnaissance d’une culture, parce qu’on est encore loin de des
œuvres cinématographiques réalisées par les cinéastes algériens comme
"La Colline Oubliée" (1997) mis en scène par Abderrahmane Bouguermouh,
tiré du roman homonyme de feu Mouloud Mammeri et "La montagne de Baya"
(1997) de A. Meddour, présenté au dernier festival de Tétouan. Ces
oeuvres sont susceptibles de faire sortir la langue berbère d’un
folklore négatif et réducteur.
ouarzazate VIDEO:
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source: tamazight.biz
Posté le 1 August 2005 à 18:14:27
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