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mise en ligne: mardi 14 décembre 2004
Retour sur un drame en perspective.
Depuis déjà des mois, les Aït Slimane, habitants du massif de Tasemmitt
dans l’Atlas d’Ait-Mellal, résistent aux agissements des autorités et de
leurs relais dans cette région enclavée et peu accessible.
A l’origine du conflit, une réserve pour mouflons qui devrait voir le
jour dans le massif pour permettre à cet animal de prendre la place qui
lui revenait avant d’être décimé par la chasse abusive.
Les premiers fils barbelés installés par les autorités, sans aucune
concertation avec la population locale, annoncent l’imminence d’une
catastrophe. Ces fils de la honte ont entraîné une séparation des
villages des Aït Sliman et l’isolement de 5 familles que le super-wali
semble confondre avec ses 4 mouflons qu’il prétend vouloir protéger.
Les grillages installés empêchent également 80 autres familles d’accéder
aux pâturages et aux sources de l’eau. Pire encore : 21 des 85 enfants
scolarisés dans les villages ont été empêchés par ces barrières de
rejoindre les bancs de l’école qui vient d’être construite par
Asidd, l’association pour l’intégration et le
développement durable.
Ce qui se passe à Tasemmitt, dans le silence assourdissant des partis
politiques et de la société civile, est affligent. Il rappelle aux
habitants de ce massif les agissements du colonialisme français.
"Les agents des Eaux et forêts, des policiers en civil, des
moqaddems, des mokhaznis et des
personnes à la fonction indéterminée dépêchées par la Wilaya, violent
les domiciles des montagnards en disant aux Aït Sliman qu’ils doivent
descendre par ce que leurs terres appartiennent à l’Etat. Tous les
foyers sont visités et menacés d’être expulsés sous prétexte qu’ils
n’ont pas de titres de propriété. Les Aït Sliman ne savent plus où ils
sont et vivent sous une psychose qui s’éternise", lit-on dans un
communiqué alarmant de l’Association Asidd.
Développements graves
Désormais, la Wilaya et les notables qui convoitent les terres
ancestrales des Aït Sliman sont entrain de détourner l’unique source
d’eau des villageois pour abreuver les quatre mouflons de la future
réserve dont le coût s’élève à 2,5 milliards de centimes (2 millions
d’Euros).
Un réservoir de 90 mètres cubes est entrain d’être construit et il
faudra au moins deux mois pour le remplir, explique Amal Samie,
président d’Asidd. Plus de 5.000 personnes et leurs
troupeaux sont menacés par la soif imminente. Devant la sécheresse qui
sévit dans la montagne à l’approche de chaque été, les Aït Sliman
devront descendre pour grossir les bidonvilles des Ait-Mellal ou choisir
une autre voie qui fait la renommée de la région à l’échelle
internationale : le h’rig (l’émigration
clandestine).
La population continue de subir les pressions, les intimidations et les
menaces : c’est le prix de sa résistance et son refus de quitter sa
terre. Ainsi, des jeunes ont été convoqués dans des centres de la
gendarmerie et leurs familles sont menacées. Et l’emprisonnement pèse
désormais comme une épée de Damoclès sur les têtes des membres les plus
actifs de l’association Asidd ainsi que sur la
population.
Le samedi 6 novembre dernier, le Caïd (gouverneur)
et l’adjudant de la gendarmerie sont montés pour arrêter tous les
membres de l’Association pendant une distribution urgente de vêtements
d’hiver. C’est seulement la présence d’un camion de la Fondation Mohamed
V qui avait dissuadé "la force publique" de procéder à une opération
d’arrestation massive.
Les choses sont devenues très claires, relève le communiqué d’Assid
qui précise que "le Wali de Beni Mellal a construit la réserve sous la
maison de la wilaya pour son usage avec la complicité des députés de
Beni Mellal, du Président de la commune de Foum El Ancer et de certains
notables surtout connus pour leurs multiples escroqueries". C’est aussi
le Wali, un certain Abderrahman Hanan, qui a déclaré, devant témoins, au
président d’Asidd : "C’est Moi qui veux que la réserve soit située là,
et les Ait Sliman descendront fatalement. C’est ce que Je veux".
Arrogant. Un autre abus flagrant du pouvoir qui fera certainement tache
dans la montagne est entrain d’être commis dans un silence horrible. "Le
Maroc moderne, les droits civiques, la nouvelle citoyenneté et l’Etat de
droit, tout ça ... C’est des chimères sur les pics [1]".
Mobilisation
Face à toutes ces menaces, la population des Aït Sliman ne baisse pas
les bras et reste unanime. Elle s’est regroupée dans l’Association
Asidd pour défendre ses droits contre l’arbitraire
et la déportation. Elle est mobilisée pour faire face à toutes les
tentatives d’intimidation. Un seul slogan : "Non à la réserve, Oui à la
vie au pays".
L’infatigable Amal Samie est catégorique : "Il n y’aura pas de réserve
dans le massif de Tasemmit. La population des Aït Sliman ne doit pas
quitter ses terres pour permettre au wali et ses ami(e)s de tirer
quelques mouflons le dimanche".
"La population reste vigilante sur les tentatives de provocation qui
pourraient permettre de faire passer des protestataires pacifiques pour
des perturbateurs en rébellion ou des casseurs", relève-t-il.
Et d’ajouter que "la population patiente pour l’instant, grâce à
l’insistance des membres locaux d’Asidd, mais la colère gronde dans les
cœurs des montagnards".
Il déplore l’absence totale de dialogue. "Il n y a eu ni concertation
avec les intéressés, ni de campagne d’explication sur l’objet et
l’objectif de la réserve".
Ce projet qui coupe les habitants de leurs champs, de leurs pâturages,
de l’eau et de l’école, souligne-t-il, n’a techniquement aucune chance
de réussir. Il aura pour conséquence immédiate la descente des Aït
Sliman aux bidonvilles. La population du site s’opposera par tous les
moyens légaux et pacifiques à la réserve. Elle s’y opposera jusqu’à ce
qu’elle soit enlevée.
Les Aït Sliman revendiquent désormais la cessation immédiate de la
campagne de terreur exercée contre les citoyens sur ordre du Wali
Abderrahmane Hanan avec ses acolytes de la commune.
Elle demande également l’enlèvement immédiat du grillage de la honte
clôturant la réserve et l’arrêt urgent de la construction du réservoir
destiné aux mouflons qui est alimenté avec la source des habitants.
Lhoussain Azergui
Journaliste (Tamazgha occidentale)
source:
Tamezgha.fr
lire un autre article relatif a cet injusticea
cette injustice
Maroc
: sauvez tasemmit (Beni Mellal-Azilal)
L'injustice
d'abat à nouveau sur les Ait Slimane Quatre femmes des Ait Slimane,
dans le Moyen-Atlas, seront déférées le 1 er mars prochain devant le
tribunal de Béni Mellal pour dégradation des biens de l'Etat. Elles sont
accusées d'avoir ouvert un passage dans le grillage d'une réserve que
les eaux et forêts avait érigé sur les terres des Ait Slimane dans le
massif de Tasemmit pour aller chercher de l'eau. Selon des informations
parvenues mardi à notre rédaction, les forces de l'ordre ont attaqué les
villageois des Ait Slimane qui refusent de plier à l'injustice. Ces
montagnards sont menacés de déportation suite à la décision des Eaux et
forêts de bâtir une réserve de mouflons sur des terres qu'ils ont
habité, il y a 9 siècles. « Le département des eaux et forêts est devenu
enragées quand sa m ain mise sur la terre des habitants a été
découverte», nous confie un membre d'Asidd. Deux délégués de
l'Association ASIDD, qui milite contre ce projet, ont été appréhendés et
brutalisés par les agents des autorités locales. Il s'agit de M.Saïd
OUHEMMOU, embarqué pendant 5 heures dans un lieu inconnu par le khalifa
du caid (agents d'autorité) de Tagzirt (cercle d'El Ksiba), wilaya
(département) de Beni Mellal. Sa femme malade a également subi des coups
et blessures et se trou ve actuellement à l'hôpital de Beni Mellal pour
examen. Le deuxième, Mohamed Ed Dahby, envahi et la liste de ses hardes
établie pour une saisie sous prétexte d'occupation des terres
appartenant à l'Etat. En fait, selon nos sources dans le massif de
Tasemmit, le champ d'oliviers, objet de la saisie, a été acheté par
Mohamed, il y a 5 ans. L'association ASIDD appelle tous les citoyens
épris de justice et des droits de l'Homme de la soutenir. Parlez des Ait
Smilane autour de vous. Ils ont besoin de toute notre solidarité. Sauvez
le massif de Tasemmit.
Source :
Date : 2005-02-24
amazighworld.net
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association ASIDD : associassid@yahoo.fr
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