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Chant
de femmes Berbères du Maroc |
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mercredi 28 Avril 2004
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Chant de femmes Berbères du Maroc

Traditions vocales et danses, des montagnes et du désert
Qu'elle soit paysanne des montagnes ou des vallées, nomade
du désert, danseuse ou chanteuse professionnelle, la femme marocaine
est attachée à sa terre, à sa famille, à sa langue, aux traditions
d'un héritage transmis oralement.
Elle s'inscrit dans une universalité, elle donne la vie, porte en
elle l'intimité du rituel de l'existence, une intimité que les
hommes par pudeur et distance semblent ignorer.
De l'aube à la nuit, comme le reflet symbolique du cycle de la vie
qui mène de la naissance à la mort, ce spectacle met en valeur la
relation intime qu'entretiennent ces femmes berbères et arabes avec
la nature.
Le timbre et la tessiture de leurs voix évoquent les roches des
montagnes et les pierres des déserts. Leurs chants prennent tour à
tour la couleur ocre des terres volcaniques et la blancheur du
Haut-Atlas où le bruissement du vent des sables côtoie le remous
convulsif des vagues.
De l'aube à la nuit
Chant "a'yu", le cri chanté de Taounate (Rîf)
Une femme pousse une sorte de long cri poétique. Sa voix
volontairement portée à son extrême se confond avec les sonorités
stridentes de la " ghaïta ", le hautbois du monde oriental. Ce cri
chanté, comme une prière déchirée, loue et invoque les saints de
l'Islam.
Chants berbères du village de Taguelft (Moyen-Atlas)
Dans l'izlân " et le "tamawayt", les deux genres chantés du
Moyen-Atlas, les femmes berbères Imazighen laissent libre cours à
une narration dans laquelle se tissent les mots du quotidien. Le
frottement de la meule contre le grain se mêle à la voix aiguë d'une
femme du village de Tagleft.
Chants des " cheikhat
" de Khénifra (Moyen-Atlas)
Les Cheikhats sont essentiellement originaires du Moyen-Atlas,
certaines sont de grandes chanteuses et prolongent une ancienne
tradition poétique qu'elles ont adaptée au fil du temps. Accompagnée
par le guembri, la voix de Chérifa possède la même rugosité que ses
consoeurs paysannes de la montagne.
Le peuple berbère qu'il soit Imazighen dans le Moyen-Atlas ou chleuh
dans le Haut et le l'Anté Atlas ou les plaines du Souss, a, de par
sa noblesse "barbare", forgé par son empreinte la musique marocaine.
Chants et danses des " Roudaniat " de Taroudant (Anti-Atlas)
A l'inverse des chikhats et des ensembles musicaux mixtes,
des ensembles exclusivement composés de femmes chantent et dansent
pour les autres femmes lors de fêtes organisées l'après-midi par ces
dernières. Bien que d'origine berbère, les femmes de Taroudant,
ville-forteresse en bordure de sable, chantent en arabe. Avec
finesse et dérision, elles commentent, lors de ces véritables rîtes
de réjouissance, l'existence et l'amour dans une complicité toute
féminine.
Danse "guedra" de Goulimine (Sahara)
Dans l'obscurité d'une nuit de désert, une femme drapée,
voilée et entourée d'autres femmes bleues, se plonge, assise sur ses
genoux, dans un mouvement extatique. Dans la lignée d'une transe
ancestrale qui nous renvoie aux confins du désert d'Arabie, elle va,
sous le voile de la pudeur qui recouvre son visage, exprimer une
chorégraphie de la possession à la fois violente et gracieuse.
Le langage des mains et des esprits se mêle dans l'enchevêtrement
des doigts ponctués par le tambour guedra qui donne le nom à cette
danse.
Plus tard, les cheveux longs et tressés se révèlent dans un
tourbillon hypnotique au coeur du monde des maures, entre Afrique et
monde antique.
Danse du voile "addal" de Tafraoute
(Anti-Atlas)
Des femmes dansent l'"arwach ", un long voile unique couvre
leurs visages alors qu'elles sont serrées en rang, épaule contre
épaule.
Les tribus de l'Anti-Atlas, dans les années 30, marquent une forte
opposition contre l'occupation française. Les femmes de la tribu d'Aït
Abdallah manifestent leur révolte en se couvrant la tête d'un voile
unique lors des danses collectives, rassemblant les habitants des
différents douars d'une même région. Au-delà de ce contexte, cette
danse d'une beauté inouïe devient dans les nuits étoilées des
collines arides d'Aït Abdallah, un magnifique acte théâtral et
chorégraphique
Réalisation : Alain Weber,
avec la collaboration d'Omar Amarir et Lahsen Hira de l'Association
"Targante"
Lumière : Olivier Oudiou
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Izlan
Un style de chant qui se distingue des autres
genres musicaux du Moyen Atlas à savoir ahidus(1), tamedyazt
et tayeffart. C'est une musique moderne, produite plutôt dans les
centres urbains et exécutée par des musiciens qui vivent de leur métier. Ce
qui n'est pas le cas pour les chants traditionnels qui sont l'oeuvre
d'amateurs produits lors de célébrations collectives, plutôt en milieu
rural. La musique des Ciux (pluriel de Cix) est très appréciée
des couches populaires d'origine paysanne d'où un certain mépris de la part
de ceux qui se croient détenteurs de la " civilisation et du raffinement" au
Maroc. Résultat d'une vision uniformisante, sans couleur et sans cachet, de
la production artistique dans ce pays. Ceci est valable aussi bien pour les
berbèrophones que pour les arabophones. De surcroît, la femme qui ose
exercer ce métier est assimilée à une prostituée. Par conséquent, les
chanteuses appartenant à cette catégorie artistique traînent une mauvaise
réputation. Elles sont considérées comme des femmes vulgaires aux mœurs
légères. Ce qui est complètement faux. Les acteurs officiels de la vie
culturelle au Maroc s'arrêtent malheureusement à l'aspect extérieur de cet
art : des femmes fardées et habillées de manière traditionnelle se
tortillant sur un rythme effréné. Une vision réductrice puisqu'elle
n'accorde aucune attention à la virtuosité de l'instrumentiste ni aux voix
exceptionnelles et encore moins aux paroles formidables qu'elles chantent.
Dans le meilleur des cas, ce genre est considéré comme un élément du
folklore, dans l'acception péjorative du terme, bien sûr. Les paroles sont
des poésies qui véhiculent les préoccupations et les aspirations profondes
de toute une frange de la population amazigh, pour ce qui nous concerne.
Elles s'expriment aussi bien sur le quotidien matériel (la cherté de la vie,
la passion, le manque de moyens, la solitude, la jalousie, l'injustice, la
trahison… ) que sur le spirituel (la création de l'univers, la religion ,
réflexion sur le sens de la vie, la mort…) et même l'écologie ! Quant à la
musique, nous trouvons deux sortes d'instruments à cordes : le violon alto
et lutar. Chaque artiste choisit l'un ou l'autre et il est rare qu'un
chanteur utilise les deux instruments séparément ou en même temps. C'était
le cas du maître absolu de ce style musical qu'était Hemmu U Lyazid. La
percussion repose sur les rythmes d'allun, un tambour circulaire en
peau de chèvre tendu sur un cadre en bois, malheureusement remplacée ces
dernières années par une " peau synthétique ". La dimension d'allun
est très importante dans la production des sonorités typiquement amazighes.
Le diamètre doit être d'environ 40 cm et la hauteur de 10 cm avec bien sûr
une ou deux cordes qui traversent le cercle de part en part pour produire
les vibrations nécessaires. La troupe se compose habituellement du chanteur
principal qui est aussi le patron de la formation. En général c'est lui qui
joue de l'instrument à corde, mais ce n'est pas toujours le cas (Bennaser
Uxuya joue du allun seulement). Des joueurs d'allun, deux
au minimum, font aussi le chœur masculin. Trois ou quatre chanteuses forment
la chorale féminine. Elles exécutent aussi la danse de la tahidust
(airs très rythmés qui annoncent la fin d'un morceau). Quant la troupe
compte dans ses rangs une voix de femme exceptionnelle, elle se désolidarise
du chœur féminin pour constituer un pendant à celle du maître. C'est le cas
pour Yamna 3eqqa avec Rwica, ou de Itto Tamhawect avec Ali Azelmad
ou Ahuzzar. C'était aussi le cas de Hadda U3ekki avec Bennaser
Uxuya et de Cerifa Kersit avec Rwica ou Meghni,
avant qu'elles ne décident toutes les deux de prendre leur indépendance et
de constituer leur propre troupe. Nous vous présenterons dans ce site,
quelques un des artistes qui ont contribué et qui continuent à perpétuer et
à enrichir le répertoire de la chanson tamazight à la grande satisfaction de
l'auditoire. Un public de plus en plus nombreux à travers tout le Maroc et
dans l'immigration amazighe où qu'elle se trouve sur la planète.
La chanson subit aussi les évolutions et les
influences qui ont affecté la société amazighe et son mode de vie. Elle
cherche aussi à trouver sa place dans cette course effrénée à la modernité,
en imitant les autres styles en présence ou en innovant, mais sans grand
succès pour l'instant. Ces manipulations dénaturent le fond même de ce genre
musical authentique pour en faire une pâle et médiocre imitation de la
chanson populaire arabophone qui elle a déjà digéré cette modernisation.
Nous n'y retrouvons ni les rythmes ni les mélodies, même si les paroles sont
en tamazight. Ce qui est de nature à rappler à nos chanteurs, qui obéissent
au diktat de la modernité et à la loi du marché, que c'est le schéma
rythmique qui commande tout dans la chanson amazighe. En introduisant des
instruments tels que boîte à rythmes ou synthétiseurs et des alluns,
quand il y en a un, en peau synthétique, ils choquent et font fuir l'oreille
des imazighens. Il faut bien sûr qu'il y ait une évolution, mais dans le bon
sens et avec les bons moyens qui gardent à ce genre son cachet original.
Certains chanteurs, comme Rwica, Hadda
U3ekki, Bennaser Uxuya ou Mustafa N3ini3a ont atteint une
notoriété qui a dépassé la zone berbérophone pour s'étendre à tout le pays
du fait qu'ils chantent également en arabe sur des rythmes amazighs, ce que
les arabophones apprécient beaucoup. Mais la majorité des voix de l'Atlas (Hemmu
U Lyazid, Muha Umuzun, Lghazi Bennaser, 3li Uciban, Yamna 3eqqa, Muha Ubaba,
Cix U3ali, Meghni, Amellal Qeddur, 3ebbuzan, Muha n Idzer, Hsayn n Bumya,
Lehsen Ucettin, Mestafa L3ekri, 3umar Butmezzught, Ua3cuc, 3li Azelmad
et d'autres encore) chante en tamazight et a son public et ses connaisseurs.
(par
Malika Mahmah )

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Regard mystique de Serge Ouaknine sur ‘la
musique amazighe et les musiques du monde’
Préparé par Mohamed Elmedlaoui
Institut Royal de la Culture Amazighe
En
réaction à l’article «Changement et continuité dans l’ahwash des
Juifs-Berbères» de Mohamed Elmedlaoui, publié dans Le Matin du Sahara du 04
juillet 2005 sous forme d’un compte rendue de la thèse de Sigal Azaryahu
(1999) sur l’ahwash des Juifs Berbères, l’artiste peintre, poète, écrivain
et metteur en scène, Serge Ouakinine1, a bien voulu partager avec nous les
idées qui suivent (texte intégral de S. Ouknine, y compris les mises en
majuscule):
*****
Montpellier le 12 juillet 2005
Cher Mohamed Elmedlaoui
Merci de cette belle initiative et de votre magnifique article. J’ai
beaucoup appris. Il y a quelque chose que j’aimerai partager avec vous.
Il y a environs 25 ans dans un coin éloigné de la Place Djem’a el Fna, de
nuit, je fus transporté par une extraordinaire musique berbère. Le «mul
l-hanut» qui l’écoutait sur son poste de radio était dans un état de quasi
transe. Il flottait sur place derrière son comptoir. Je n’ai jamais, de ma
vie entière, entendu musique aussi JOYEUSE (sauf une fois en Pologne où j’ai
fait mes études de théâtre, 1966-67, en écoutant des rescapés Tziganes). La
lumière même de la vie confondue au fleuve même de la vie, comme émergeant
de la source de l’origine en un torrent débordant d’allégresse. J’eu le
sentiment que cette musique était l’aube de l’humanité, AVANT MÊME TOUTE
IDÉE OU FORME DE SACRIFICE.
Par comparaison, les musiques occidentales classiques, aussi sublimes
soient-elles, me donnent le sentiment d’avoir été traversées par la mort,
par un deuil que la musique vient exprimer et tente de réparer. La joie est
ce qu’il y a de plus difficile à atteindre en art. Car les monstres qui
peuplent nos esprits sont liés à la peur de mourir.
La musique berbère échappe à la mort. Un torrent rythmique de voix et de
darbouka si irrésistible que j’aurais mille fois souhaité enregistrer cela
pour vivre avec. J’ai eu aussi ce sentiment en écoutant les musiques
bulgares et plus étrangement encore, ayant vécu 25 ans au Québec, aux
musiques des indiens et Inuits d’Amérique du Nord. Un rythme et une
pulsation céleste des voix quasi sexuelles et semblables ... mais qui
pareillement vient toucher le fond de la source et l’origine des choses. Et
j’ai eu aussi ce sentiment en écoutant les mélodies peuhles et les chants
anciens d’Afrique...
Ces musiques là sont nostalgiques et nobles. Elles disent la perte d’un Dieu
ou chante la séparation d’avec le plus lointain écho de la source
extra-terrestre de la vie.
Je n’ai pas le bonheur de votre culture. Et j’avoue le regretter. Mais j’ai
le sentiment que toutes ces sources sont ««shamaniques»», en essence, un
dialogue ou une intersession entre le monde des vivants et le plus HAUT,
pour l’accomplissement des vivants, avec l’aide bénéfique des esprits. Même
la musique religieuse juive me semble de la même source – avec une
cantillation des voix «humaines» qui s’est accentuée dans les synagogues (le
côté psalmodique de la prière) surtout après la destruction du Temple de
Jérusalem et l’exil (la parole incantée pour affirmer, se souvenir et ne pas
disparaître). C’est le croire en un UN, UNIQUUE et INVISIBLE qui a gardé mon
peuple, par la voix de ses rabbins, ses rites portés par toutes les
communautés. Mais par ailleurs, je discerne un second niveau de tradition où
juifs, arabes et berbères confondus ont maintenu une tradition festive et
incantatoire, où le rythme «populaire» l’emporte sur le phrasé. En tant
qu’homme de théâtre et praticien, je sais reconnaître cette double source
(j’en été le témoin très souvent). Les états de transes (source 2)
accélèrent le débit des choses faisant que le signifié des mots s’éclipse
derrière le triomphe de la vitesse. Une accélération organique, propre au
corps et à l‘esprit conjugués. Ainsi il y aurait eu pour les peuples sémite,
berbère, euro-asiatique et africain deux sources : Une source incantatoire,
celle des prêtres initiés (les shaman, les rabbis, etc.) et celle du peuple
qui lui sur le plan collectif a imaginé sa propre origine, à partir d’une
mémoire cosmique, ritualisée dans les célébrations de la vie (mariage,
circoncision etc. d’où cette verticalité des corps traversé de spasmes et de
distance à la fois).
Parfois la voie 1 du pouvoir religieux réprime la voie 2 du peuple : l’Islam
orthodoxe face au derviches et soufis ; ou un judaïsme rabbinique excessif
qui condamne le chant et la musique licencieuse et profane. Le christianisme
lui est une longue histoire de répression.
La voie 2, (celle que je crois reconnaître dans votre article) procède de la
collectivité des participants (je ne dis pas croyants), qui célèbre sa
reconnaissance et appartenance collective charnelle, entre terre et ciel et
sans intermédiaire. La joie du vivant. La verticalité des corps dont vous
parlez (on la retrouve chez les Massaïs en Afrique noire, mais aussi chez
tous les peuple slaves et indo-européens) est une sublimation de la
sexualité dans le groupe et, en même temps qu’un rite de passage de chacun à
la vie sexuée adulte, une affirmation que la source de cette puissance est
au ciel et c’est de là que filles pubères et garçons peuvent s’unir... Le
rite est simultanément une affirmation tribale et reconnaissance de force
cosmique.
Ce sont les représentants religieux qui se seraient emparés de cela en
voulant garder le caractère seulement oratoire et sacerdotal du rite, à des
fins de contrôle et de cohésion de pouvoir. Car la transe, par essence,
échappe à tout pouvoir temporel.
Je crois qu’au moment (voilà plus de 2000 ans) de la rencontre entre les
premières tribus juives et les tribus berbères, il s’est produit un
syncrétisme heureux car les deux peuples avait la même écoute de la vie (à
la fois sédentaire et nomade) et c’est de là qu’a procédé cette intégration
mutuelle des rites et formes musicales qui nous survivent encore aujourd’hui
au Maroc, en Israël et ailleurs. Je suis moi-même héritier et conscient de
cet héritage (hélas je ne suis pas musicien). Je consacre ma vie à tisser
des ponts interculturels par les arts (la seule possible universalité). À ce
propos, ces ponts ne peuvent advenir que sur une reconnaissance du même
principe cosmique où la vie et l’amour l’emportent sur la mort.
Bien sûr on ne peut pas généraliser à l’excès, mais si vous avez quelques
lumières ou pistes de recherches ou textes à me transmettre autour de cette
réflexion, je les accueillerai avec joie et respect.
La vie moderne occidentale dans ses agitations musicales et danses forcenées
(plagiat africain) cherche à retrouver ces états socialisés de transe des
tribus dont nous parlons, et qui elles n’ont pas perdu la racine de cette
source à la fois terrestre et cosmique.
Mon amitié de coeur.
Que le Tout puissant vous bénisse et aide vos projets car vous avez entendu
sa voix.
FIN DU TEXTE DE S. OUKNINE
*******************
En guise de signature de l’auteur du texte ci-dessus, je (M. Elmedlaoui) me
permets de reproduire l’extrait suivant du poème ‘Identité’ tiré du recueil
‘Poèmes désorientés’ de Serge Ouaknine :
(…)
Je suis une mémoire ambulante
je n’ai qu’une préoccupation
trouver chaussure à mon pied
tant on m’a appris
Dieu est comme une femme
dont on ne pourra jamais divorcer
C’est encore Lui qui m’obsède
avec sa roue de feu et son regard de nuée
pour que je vérifie la beauté
et son vide séculaire
jusqu’à demain
quand je me ferai cordonnier
pour être sûr d’aller nu-pieds.
Notes:
1 Serge Ouaknine est né à Rabat, au Maroc en 1943, au carrefour de plusieurs
langues et de plusieurs cultures. Après des études aux «Arts Déco.» de
Paris, il séjournera deux ans en Pologne, au Théâtre Laboratoire de Jerzy
Grotowski. Peintre, écrivain et metteur en scène, il conçoit, dessine et
scénarise la plupart de ses créations pour la scène. Docteur ès Lettres et
sciences humaines, il est l’auteur de nombreuses publications sur le théâtre
et les arts contemporains, d’essais et de nouvelles. Il vit à Montréal
depuis 1977 où il est professeur au Département de théâtre de l’Université
du Québec à Montréal.
sept. 2005
source: tawiza.net |
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