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25-01-2006 L'organisation
Tamaynut-Maroc est l'une des plus grandes associations amazighes qui
défendent les droits
individuels et collectifs du peuple amazigh. Depuis sa création le 16
octobre 1978 sous le nom de l'Association nouvelle pour la culture et les
arts populaire (ANCAP) devenue Tamaynut en 1996, cette association a été
obligée de s'adapter avec les années de répression qui ont marqué le Maroc
de l'époque. Elle a réussi quand même à garder sa continuité jusqu'à
l'ouverture politique imposée pendant les années 1990.
Après la publication de la Charte d'Agadir relative aux droits
linguistiques et culturels amazighs en août1991, le mouvement amazigh a
connu un élargissement remarquable. Dans ce sens, Tamaynut a crée sa
première section à Agadir. C'était le parrain d'un grand arbre qui, au
bout de quelques années, a pu avoir d'autres sections couvrants presque
tout le Maroc et sa notoriété a dépassé le territoire national. La colonne
vertébrale de la section d'Agadir était les étudiants de l'Université Ibnu
Zohr. Ces derniers ont milité à la fois au sein de l'UNEM (Union national
des étudiants du Maroc) pour faire entendre la voix des Amazighs au sein
des université et à l'extérieur dans le cadre de Tamaynut pour légitimer
le discours et les revendications amazighs.
Les rencontres hebdomadaires, tenues chaque samedi a 16h à la maison des
jeunes Hay Elhassani à Agadir ont suscité l'intérêt d'un publique
intéressant et ont eu un grand succès. C'était l'école qui a formé un
groupe de jeunes amazighs qui deviendront des acteurs de la revendication
amazighe au Maroc et à l'étranger. Les jeunes étudiants, venus
principalement de la banlieu d'Agadir et qui ont bénéficié de ces
rencontres ont décidé de créer d'autres sections de Tamaynut dans leurs
propres quartiers. Par conséquent, les sections de Dcheira, Inezgan et
Tikiouin ont vu le jour.
L'élargissement de Tamaynut vers les banlieux d'Agadir a donné comme
effet la fréquentation d'autres catégories. Ce n'est plus les étudiants
seulement mais il y'a aussi les femmes et les enfants. Si les maisons des
jeunes étaient un début nécessaire pour mettre en place les structures de
la section, les locaux privés sont devenus après une exigence. Malgré
leurs moyens modestes, ces jeunes militants ont pu réaliser le rêve
d'avoir un local privé. Par conséquent, quatre sections de Tamaynut situés
à Agadir ont leurs locaux et depuis ils ont abandonné les maisons des
jeunes.
Au sein des locaux les étudiants assument toujours la responsabilité
d'encadrer d'autres adhérents tandis que les catégories bénéficiaires sont
les femmes et les enfants sans oublier les séances consacrées aux lycéens.

Il est évident que l'enfant est le miroir dans lequel on peut
mesurer le développement ou la dégradation de la pratique de la langue
amazighe. On n’a pas besoin de beaucoup d'effort pour remarquer que les
enfants amazighs, notamment dans les grandes villes, ont perdu une grande
partie du lexique amazigh de différents domaines. Les chiffres, les
couleurs, les noms des oiseaux et des animaux etc.. Jusqu’à récemment
connus sont devenus inconnus chez les dernières générations et remplacés
bien sûr par des emprunts arabes.
Cette situation à poussé les sections de Tamaynut dans la région
d'Agadir à mettre les activités destinées à l'enfant, au coeur de leur
préoccupation. A signaler que cette tache n'était pas du tout facile et
cette difficultés est dû à l'impacte de l'idéologie dominante à tous les
égards. Depuis l'indépendance du Maroc les établissements scolaires n'ont
pas dépassé la vision folklorique de la culture amazighe. Lors des fêtes
officielles, les élèves s'entraînent pour présenter des danses amazighes
avec des habilles traditionnels sans aucune paroles. De même, les
association culturelles crées pour encadrer la jeunesse marocaine sont
liées aux partis politiques panarabistes. Eux aussi n'ont pas dépassé
cette vision et n'ont fait aucun effort pour produire des chansons
amazighes pour l'enfant. Ils étaient même contre. De ce fait, on peut
imaginer la grande responsabilité et les défis affrontés par les premiers
militants amazighs en l'occurrence dans les sections de Tamaynut à la
région d’Agadir.. Tous manque pour explorer ce domaine. Pas d'animateur
formés, pas de poèmes amazighs destinés à l'enfant, pas de jeux .... Même
les jeunes amazighs ayant l'habitude d'animer des ateliers d'enfants sont
formés au sein des associations panarabistes. Ils ne peuvent rien faire
en amazighe.
Mais malgré tout ces obstacles les sections de Tamaynut ont pris le
défit. Les premiers initiateurs ont été obligés de se servir de la
traduction notamment de l'arabe à l'amazighe. C’était un moyen pour
remplir le vide. De même des jeunes écrivains poètes ont émergé sous
l'oppression du besoin. Ils ont produit des petites chansons destinées à
l'enfant dans une mélodie inspirée des répertoires des Rways ou des
groupes musicaux connus localement. D'autres mélodies ont été composées en
collaboration avec des artistes locaux qui ont trouvé leur plaisir en
animant les activités de Tamaynut.
Le cas de Tamaynut section d'Inezgane mérite un intérêt particulier. Sa
première initiative pour investir le domaine de l'enfant était à la maison
des jeunes Mokhtar Soussi à Inezgane. Le nombre des enfants ne dépassait
pas 10. Ils étaient en générale les petits frères ou les neveux des
animateurs qui, eux même, ne dépassaient pas cinq animateurs ( Mohamed
Wafi-Barisien Lahoussine- Khadija Chouri- Bouyaakoubi Lahoucine (Anir)-
Rachid Ahmed...). Chaque dimanche, ces petits arrivent avec leur
animateurs à la maison des jeunes. Avec leurs cahiers ils espéraient
écrire un cours de Tifinnagh et une nouvelle chanson ou un jeu. C'était
pas toujours évidant de préparer chaque dimanche, une nouvelle chanson.
Parmi les premières chansons de l'époque, écris par les militants de la
section je cite: "Arraw" écrite par Brahim La3sri(Amazigh)
Dont les paroles sont:
Arraw arraw arraw
A yarraw imazighen
Ssenn awal nk
Ssen agwmmay
Ssenn a ttarat s tifinnagh.
Et la deuxième écrite par Bouyaakoubi Lahoucine (Anir) intitulée "Immi
Hnna" dont une mélodie inspirée d'une chanson traditionelle d'un Rays.
D'autres poèmes ont été produits par le même auteur et dans la même
période comme Tazzanin gan yan- Nuhnnu nuhnnu- Imi wasif- ). Les paroles
d'Immi henna sont:
Immi henna ghrigh am
F iyid afus nem -
Gigh a jddig meZZin
Sghawsaggh s-im a yimm i
Immi henna kemmin
Ghrigh darm awal inu
Awal ngh amazigh
Gis tamagit ngh
Ahbu nm aygan amras
Gh ufigh tumert inu
Nuhennu gh ufud nem
Issimim iDs inu
Neswa gh ugfay nem
Tayri n wawal ngh
Nessuter ak a rebbi
Tudert i ma tengh
A signaler que cette chanson est chantée par la troupe Imaynuten n
Tikiouin de Ahmed et Fatima Oubari.
Depuis le déplacement de Tamaynut- section d'Inezgan de la maison des
jeunes située au centre d'Inezgan à son local privé situé au coeur de
Tarrast( la banlieue) la production amazighe destinée à l'enfant a connu
un coup de pousse. Le local qui occupe une superficie de 150 m2 et la
grande place située a coté a permis à Tamaynut d'avoir des conditions plus
favorables pour bien investir le domaine de l'enfant. Au lieu de quelques
poèmes pendant le milieu des années 1990 le répertoire de la section
contient une vingtaine de poèmes d'enfant (Ajeddig-Tafsut....) dont
l'écrivain principal est Abdellah Mezig, poète de grands talents.
En collaboration avec Hafid Zaitouni- Jamal Izwaghen et dernièrement
Hafid Ouchen, musiciens de la région A.Mzik prépare pour enfants de belles
chansons. Au lieu de dix enfants au milieu des années 1990 à la maison des
jeunes d'Inezgane, le nombre d'enfant qui assiste au matinés organisées
chaque dimanche à 10h dépasse cent enfants. Parmi les animateurs
principaux de ce local figure ceux qui ont bénéficié des matinées de la
maison des jeunes comme Boukerdi lahcen (Yougerten). Aujourd'hui, ils sont
devenus des vrais animateurs en amazighe. D'autres sont le fruit d'un
travail colossal mené au sein du local comme Hanan Machrafi-Mjid Ziri-
Redwan Ambarki- Zebit Keltoum- Hassan Agizoul-....
A l'entourage du local de l'association, il est devenu normal d'écouter
des petits enfants jouent en chantants les chansons amazighes apprises
dans le local de Tamaynut. Même les écoles publiques du quartier invitent
les animateurs de l'association pour encadrer et animer les activités
organisées au sein de l'établissement.
A ne pas oublier que des dates sont connues auprès des enfants du
quartier. Ils attendent impatiemment la journée nationale de l'enfant car
l'association leur prépare un bon programme. Il s'agit d'une matinée pour
chanter en amazigh mais en même temps un moment de joie pour pratiquer les
différents jeux dans la place à coté local. Lors de cette rencontre toutes
les associations de Tarrast y participent. De même le festival amazigh de
la chanson et du théâtre de l'enfant, organisé annuellement par Tamaynut
section d'Agadir est un rendez vous à ne pas manquer. Ainsi le festival de
la chanson de l'enfant organisé par le conservatoire d'Agadir est un
moment attendu. Tous les enfants chantent en amazighe, y compris ceux dont
la langue maternelle est l'arabe dialectal marocain. Ils ne trouvent
aucune difficulté de prononcer les différents mots amazighs même les plus
compliqués (avec la labiovélarisation par exemple). Ces chansons donc
participent largement à l'enseignement de l'amazighe.
Après des années d'expérience dans le domaine de l'enfant, Tamaynut
espérait, et depuis des années, mettre son répertoire à la disposition du
grand publique dans une cassette audio pour que tout les enfants amazighs
bénéficient de cette production. La troupe Massinissa, dans son premier
album a déjà pris l'initiative en chantant avec les enfants de Tamaynut
section de Dcheira le poème "Imouzzar" écrit par Mohamed Ousous. De même
la troupe Imaynuten n Tikiouin a déjà enregistré quelque chanson d'enfant.
Par manque de moyen la section de Tamaynut à Inezgan n'a jamais pu
atteindre cet objectif. Mais depuis la tenu du Conseil national de
Tamaynut au siège de Tarrast les 19-20 nouvembre 2005, ce rêve semble
réalisable. Le Conseil a chargé le bureau national de Tamaynut de prendre
en charge le financement de ce projet, et depuis, une équipe composée des
musiciens et des enfants de l'association se prépare pour que ce projet
voit le jour dans un délais très proche
source: tameynutfrance.org |