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Azul,
El Watan Edition du 11 mai 2005 > Reportage
Célébration du Mois du patrimoine à Tipaza
Des monuments historiques menacés de ruine
La célébration du Mois du patrimoine dans la wilaya de Tipaza a
été marquée par une importante manifestation au niveau de
l’ex-Césarée, sous le thème « Stratégie de valorisation du
patrimoine historique, quelle méthode d’approche ? » La
rencontre a regroupé des chercheurs et universitaires de l’EPAU
d’Alger et de l’université de Blida, des archéologues d’Alger et
de Tipaza, des représentants du ministère de la Culture et très
peu de représentants du mouvement associatif.
Mohamed Richa, chargé de cours à l’EPAU, est venu divulguer les
résultats de la recherche-action Programmation intégrée des
sites archéologiques (PISA) sur le site archéologique de
Cherchell. En matière de protection et de conservation, il a été
relevé des lenteurs dans les procédures de classement des biens
ainsi que l’usage d’instrument de gestion et de réglementation
urbaine inadapté par rapport à la situation patrimoniale de la
ville ; la prolifération des constructions qui induisent un
phénomène de destruction et de disparition rampante des sites
archéologiques classés, l’insuffisance des ressources
financières affectées à l’entretien et la restauration des sites
classés, l’implantation de certaines activités économiques
incompatibles avec la conservation des sites du point de vue de
la vulnérabilité physio-chimique qu’ils occasionnent, la
construction de barrières de délimitation des sites sans aucune
recherche architecturale, entraînant par conséquent un préjudice
au site
auprès du public ; le manque d’intervention de la puissance
publique face aux multiples agressions, qui démontre la faible
sensibilité de l’administration locale et des décideurs dans
leur vision sur la ressource patrimoniale en tant que facteur
potentiel de développement. Si le site archéologique se trouve
aujourd’hui dévalorisé et non intégré par rapport à la stratégie
politico-économique actuelle, c’est parce que la valorisation du
patrimoine archéologique ne paraissait pas faire partie des
priorités des différents acteurs socio-économiques et politiques
locaux. Les potentialités pour promouvoir et développer les
sites existent. Parmi les actions intégrées énumérées, Mohamed
Richa cite la réalisation des panneaux signalétiques et
didactiques des sites les plus importants, la création de la
maison du patrimoine, néanmoins la question relative à la
destination des équipements offerts par la Communauté européenne
et réceptionnés en Algérie demeure toujours sans réponse, la
création
d’un réseau de gîtes de Cherchell, la création d’un atelier de
moulage et d’apprentissage pour la reproduction des objets
souvenirs du site, la réalisation des travaux de restauration de
la mosaïque et de la statuaire du musée du site. Youcef
Chennaoui, chargé de cours à l’EPAU, avait mis en évidence la
nécessité d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur
(PPSMV) de l’ex-capitale de Juba II.
Constat peu reluisant
Le site de Aïn K’siba de Cherchell menace ruine, bien qu’il ait
été classé patrimoine national en 1999. En dépit d’un constat
des lieux très peu reluisant, le chercheur estime que ce qui
reste des structures de ce site historique peut être intégré
dans une dynamique de renouvellement urbain qui devra être
globale et réticulée dans les différents schémas de
réglementation urbaine. Il va falloir tenir compte des valeurs
morphologiques du site, architecturales et constructives. Youcef
Chennaoui à travers une analyse purement technique propose une
intégration scientifique de certaines données sans mettre en
péril les aspect historique, culturel et social du site, une
approche qui implique l’ensemble des acteurs pour préserver et
mieux conserver les sites de Aïn K’siba, quartier résidentiel
durant l’époque ottomane. La responsable de la circonscription
archéologique de Tipaza (CAT) insiste sur la connaissance du
passé urbain qui ne tolère ni l’improvisation ni les
demi-mesures. Toute
opération d’archéologie urbaine, qui porte nécessairement sur
plusieurs sites d’une même ville, exige selon Mlle Sabah Ferdi ,
une programmation à long terme des interventions sur le terrain
d’abord, ensuite la constitution des archives archéologiques et
l’exploitation de ces archives et enfin la publication des
résultats. C’est une tâche lourde. Quand la menace de
destruction du sous-sol pèse, l’impératif d’exécution rapide des
programmes s’ajoute à l’énormité de cette tâche. La confusion
omniprésente entre archéologie de sauvetage et archéologie
urbaine conduit à un activisme de terrain, marqué par un
accroissement des opérations toujours coûteuses, hélas aux
résultats décevants.
Sensibiliser les populations
Pour le sauvetage de la ville de Cherchell, docteur Mahfoud
Ferroukhi, chercheur algérien établi en France, avait dirigé des
travaux de recherche avec une équipe d’archéologues
franco-algérienne sur un site en optant pour les méthodes des
nouvelles techniques de ce qu’on appelle archéologie préventive.
Les conclusions de ses recherches avaient été remises aux
autorités algériennes. A l’issue des travaux qui ont duré deux
jours en ce Mois du patrimoine, les participants à cet
intéressant colloque qui s’est tenu sous le haut patronage du
wali de Tipaza ont émis des recommandations pour une stratégie
de valorisation du patrimoine historique. Ils insistent en
premier lieu sur la nécessité de sensibiliser les populations de
la wilaya de Tipaza et les décideurs sur l’impératif de
sauvegarde et de protection du patrimoine qui est avant tout
leur bien, mais surtout une sensibilisation qui doit prendre
naissance à partir des établissements scolaires, tout en mettant
l’accent sur le rôle
important des médias et le mouvement associatif dans ce volet.
En matière d’urgence quant à l’établissement de la carte du
risque archéologique, le document demeure un garde-fou contre
l’urbanisation effrénée et non réfléchie qui menace le
patrimoine enfoui et visible au niveau de Tipaza et Cherchell.
Les participants à ce colloque demandent l’institutionnalisation
des fouilles préventives et les prospections géophysiques de
reconnaissance avant tout projet d’urbanisation et
d’aménagement. Ils invitent les collectivités locales à doter
leurs services techniques de personnels qualifiés pour la
sauvegarde du patrimoine, les archéologues et les architectes
des monuments historiques. Ils demandent également aux autorités
locales de Cherchell de baptiser une rue de la ville du nom de
l’empereur Macrin qui est natif de Caesarea, et de baptiser
aussi le musée de Cherchell du nom de l’ancien guide Braham
Behiri . Enfin, ils ont tenu à souligner que le patrimoine
historique constitue une
richesse pour la wilaya de Tipaza, engageant naturellement en
premier lieu la responsabilité de l’Etat. Cette richesse devra
s’inscrire dans la perspective du développement local durable.
Après avoir pris connaissance de la situation en plus de
l’inexistence du PPSMV de cette ancienne capitale du royaume de
Maurétanie, il y a lieu de préciser que parmi les premiers
objectifs initiés par l’actuel wali de Tipaza depuis son arrivée
figure la réhabilitation des sites historiques de Cherchell.
L’étude est en cours. Sa mise en œuvre sera déterminante pour
l’avenir. Les contraintes sont nombreuses, d’où l’envie des
autres pays occidentaux, amis de l’Algérie,de s’impliquer et de
contribuer à cette mission ardue. Il s’agit de constituer et de
préserver les vestiges et monuments historiques d’abord et
ensuite établir l’inventaire de cette richesse culturelle des
civilisations qui ont vécu dans cette partie de l’Algérie et
qu’il faut à tout prix transmettre aux futures générations, en
vue de
mieux connaître le passé de leur pays.
Edition du 11 mai 2005 > Reportage
Célébration du Mois du patrimoine à Tipaza
Des monuments historiques menacés de ruine
La célébration du Mois du patrimoine dans la wilaya de Tipaza a
été marquée par une importante manifestation au niveau de
l’ex-Césarée, sous le thème « Stratégie de valorisation du
patrimoine historique, quelle méthode d’approche ? » La
rencontre a regroupé des chercheurs et universitaires de l’EPAU
d’Alger et de l’université de Blida, des archéologues d’Alger et
de Tipaza, des représentants du ministère de la Culture et très
peu de représentants du mouvement associatif.
Mohamed Richa, chargé de cours à l’EPAU, est venu divulguer les
résultats de la recherche-action Programmation intégrée des
sites archéologiques (PISA) sur le site archéologique de
Cherchell. En matière de protection et de conservation, il a été
relevé des lenteurs dans les procédures de classement des biens
ainsi que l’usage d’instrument de gestion et de réglementation
urbaine inadapté par rapport à la situation patrimoniale de la
ville ; la prolifération des constructions qui induisent un
phénomène de destruction et de disparition rampante des sites
archéologiques classés, l’insuffisance des ressources
financières affectées à l’entretien et la restauration des sites
classés, l’implantation de certaines activités économiques
incompatibles avec la conservation des sites du point de vue de
la vulnérabilité physio-chimique qu’ils occasionnent, la
construction de barrières de délimitation des sites sans aucune
recherche architecturale, entraînant par conséquent un préjudice
au site
auprès du public ; le manque d’intervention de la puissance
publique face aux multiples agressions, qui démontre la faible
sensibilité de l’administration locale et des décideurs dans
leur vision sur la ressource patrimoniale en tant que facteur
potentiel de développement. Si le site archéologique se trouve
aujourd’hui dévalorisé et non intégré par rapport à la stratégie
politico-économique actuelle, c’est parce que la valorisation du
patrimoine archéologique ne paraissait pas faire partie des
priorités des différents acteurs socio-économiques et politiques
locaux. Les potentialités pour promouvoir et développer les
sites existent. Parmi les actions intégrées énumérées, Mohamed
Richa cite la réalisation des panneaux signalétiques et
didactiques des sites les plus importants, la création de la
maison du patrimoine, néanmoins la question relative à la
destination des équipements offerts par la Communauté européenne
et réceptionnés en Algérie demeure toujours sans réponse, la
création
d’un réseau de gîtes de Cherchell, la création d’un atelier de
moulage et d’apprentissage pour la reproduction des objets
souvenirs du site, la réalisation des travaux de restauration de
la mosaïque et de la statuaire du musée du site. Youcef
Chennaoui, chargé de cours à l’EPAU, avait mis en évidence la
nécessité d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur
(PPSMV) de l’ex-capitale de Juba II.
Constat peu reluisant
Le site de Aïn K’siba de Cherchell menace ruine, bien qu’il ait
été classé patrimoine national en 1999. En dépit d’un constat
des lieux très peu reluisant, le chercheur estime que ce qui
reste des structures de ce site historique peut être intégré
dans une dynamique de renouvellement urbain qui devra être
globale et réticulée dans les différents schémas de
réglementation urbaine. Il va falloir tenir compte des valeurs
morphologiques du site, architecturales et constructives. Youcef
Chennaoui à travers une analyse purement technique propose une
intégration scientifique de certaines données sans mettre en
péril les aspect historique, culturel et social du site, une
approche qui implique l’ensemble des acteurs pour préserver et
mieux conserver les sites de Aïn K’siba, quartier résidentiel
durant l’époque ottomane. La responsable de la circonscription
archéologique de Tipaza (CAT) insiste sur la connaissance du
passé urbain qui ne tolère ni l’improvisation ni les
demi-mesures. Toute
opération d’archéologie urbaine, qui porte nécessairement sur
plusieurs sites d’une même ville, exige selon Mlle Sabah Ferdi ,
une programmation à long terme des interventions sur le terrain
d’abord, ensuite la constitution des archives archéologiques et
l’exploitation de ces archives et enfin la publication des
résultats. C’est une tâche lourde. Quand la menace de
destruction du sous-sol pèse, l’impératif d’exécution rapide des
programmes s’ajoute à l’énormité de cette tâche. La confusion
omniprésente entre archéologie de sauvetage et archéologie
urbaine conduit à un activisme de terrain, marqué par un
accroissement des opérations toujours coûteuses, hélas aux
résultats décevants.
Sensibiliser les populations
Pour le sauvetage de la ville de Cherchell, docteur Mahfoud
Ferroukhi, chercheur algérien établi en France, avait dirigé des
travaux de recherche avec une équipe d’archéologues
franco-algérienne sur un site en optant pour les méthodes des
nouvelles techniques de ce qu’on appelle archéologie préventive.
Les conclusions de ses recherches avaient été remises aux
autorités algériennes. A l’issue des travaux qui ont duré deux
jours en ce Mois du patrimoine, les participants à cet
intéressant colloque qui s’est tenu sous le haut patronage du
wali de Tipaza ont émis des recommandations pour une stratégie
de valorisation du patrimoine historique. Ils insistent en
premier lieu sur la nécessité de sensibiliser les populations de
la wilaya de Tipaza et les décideurs sur l’impératif de
sauvegarde et de protection du patrimoine qui est avant tout
leur bien, mais surtout une sensibilisation qui doit prendre
naissance à partir des établissements scolaires, tout en mettant
l’accent sur le rôle
important des médias et le mouvement associatif dans ce volet.
En matière d’urgence quant à l’établissement de la carte du
risque archéologique, le document demeure un garde-fou contre
l’urbanisation effrénée et non réfléchie qui menace le
patrimoine enfoui et visible au niveau de Tipaza et Cherchell.
Les participants à ce colloque demandent l’institutionnalisation
des fouilles préventives et les prospections géophysiques de
reconnaissance avant tout projet d’urbanisation et
d’aménagement. Ils invitent les collectivités locales à doter
leurs services techniques de personnels qualifiés pour la
sauvegarde du patrimoine, les archéologues et les architectes
des monuments historiques. Ils demandent également aux autorités
locales de Cherchell de baptiser une rue de la ville du nom de
l’empereur Macrin qui est natif de Caesarea, et de baptiser
aussi le musée de Cherchell du nom de l’ancien guide Braham
Behiri . Enfin, ils ont tenu à souligner que le patrimoine
historique constitue une
richesse pour la wilaya de Tipaza, engageant naturellement en
premier lieu la responsabilité de l’Etat. Cette richesse devra
s’inscrire dans la perspective du développement local durable.
Après avoir pris connaissance de la situation en plus de
l’inexistence du PPSMV de cette ancienne capitale du royaume de
Maurétanie, il y a lieu de préciser que parmi les premiers
objectifs initiés par l’actuel wali de Tipaza depuis son arrivée
figure la réhabilitation des sites historiques de Cherchell.
L’étude est en cours. Sa mise en œuvre sera déterminante pour
l’avenir. Les contraintes sont nombreuses, d’où l’envie des
autres pays occidentaux, amis de l’Algérie,de s’impliquer et de
contribuer à cette mission ardue. Il s’agit de constituer et de
préserver les vestiges et monuments historiques d’abord et
ensuite établir l’inventaire de cette richesse culturelle des
civilisations qui ont vécu dans cette partie de l’Algérie et
qu’il faut à tout prix transmettre aux futures générations, en
vue de
mieux connaître le passé de leur pays.
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