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Dans une interview accordée au journal marocain "Aujourd'hui Le Maroc" le
30/11/2005, Une figure du nationalisme, Abdelkrim El Khatib, affirme que
Mehdi Ben Barka, mû par une grande ambition politique, a commandité
l'assassinat de plusieurs grands nationalistes, Abbès Msaâdi, Brahim
Roudani et Hassan Derbouchi notamment. C'est le 2eme temoignage sur
l'implication de Mehdi ben Berka figure de proue du panarabisme (al
qawmiyya al arabia) dans l'assassinat des nationalistes Amazighs, mais
l'instance equité et reconciliation IER - créee par le pouvoir au Maroc
pour tourner la page des années de plomb- traite les dossiers dont
lesquels les panarabistes sont impliqués avec beaucoup de précaution.
intreview donnée au journal Aujourd'hui Le Maroc
Aujourd'hui Le Maroc : Dans une de vos dernières sorties
médiatiques, vous accusez Mehdi Ben Barka d'avoir commandité l'assassinat
de plusieurs figures de la lutte pour la libération du pays. Qu'en est-il
au juste ?
Abdelkrim El Khatib : Tout ce que j'ai déjà déclaré est
vrai. Mehdi Ben Barka était le cerveau d'un groupe qui a exécuté plusieurs
grands noms du nationalisme marocain après l'indépendance. Une poignée
d'hommes qui agissaient sous les directives de Ben Barka et ses ordres.
Alors qu'il était au Parti de l'Istiqlal, il a commandité de nombreux
assassinats, poussé par une ambition politique et une volonté de s'emparer
du pouvoir qui allait crescendo. A ce moment-là, Ben Barka déclarait être
l'homme fort de cette formation politique.
Qu'est-ce qui a motivé, à votre avis, les actes maccabres que vous
attribuez à Mehdi Ben Barka ?
Il était clair que Mehdi Ben Barka ne voulait pas de concurrence pour
accéder au pouvoir. Il était motivé, comme je l'ai déjà dit auparavant,
par sa grande ambition à devenir le chef suprême. Une volonté
obsessionnelle de s'emparer du pouvoir. Mais ce qui paraît, à mon sens,
beaucoup plus important aux yeux de Ben Barka et de ses amis, est cette
obsession d'imposer un parti unique qui gouvernerait le Maroc et qui ne
serait bien évidemment d'autre que le Parti de l'Istiqlal. Et pour arriver
à cette fin, ils étaient prêts à tout, y compris la liquidation physique
de personnalités qui se sont sacrifiées pour l'indépendance du pays. Et
malheureusement, ils sont passés à l'action à plusieurs reprises. Tout
opposant à cette vision de l'avenir du Maroc et cette idéologie politique
devait disparaître pour ne pas obstruer la voie vers le
commandement.
De qui s'agit-il exactement ?
Je citerais des noms comme Abbès Msaâdi ou encore Brahim Roudani qui ont
été exécutés dans ce but-là. Après 1958, c'est-à-dire après la création du
Mouvement Populaire, un nom, parmi tant d'autres, a été ajouté à cette
liste : Hassan Derbouchi en l'occurrence. Et à ce sujet, je tiens à
préciser que Mehdi Ben Barka n'agissait pas seul. Il était avec un groupe
dont le cerveau était Ben Barka lui-même.
De quelle manière étiez-vous impliqué ?
J'ai personnellement été interpellé dans ce sens, en plus de bien d'autres
personnes qui ont écrit l'histoire du Maroc à cette époque. Des témoins
qui sont toujours en vie peuvent confirmer mes dires. C'est le cas
d'Abdelkader Bellahsen ainsi que Mokhtar Zerfaï, tous deux résistants qui
ont été interpellés et invités à prendre part à des assassinats.
Ces propos entrent-ils dans la lignée des critiques que vous avez
toujours formulées à l'égard de Ben Barka ?
Mettons avant tout un point au clair. Mehdi Ben Barka était avant
l'indépendance un grand nom dont la fibre patriotique ne s'est jamais
démentie. Mehdi Ben barka était un grand nationaliste qui a sacrifié
beaucoup de chose pour voir son pays libéré du joug du colonialisme. Je
l'ai connu dès 1936 alors que nous faisions tous les deux nos études à
Rabat. Je l'ai également beaucoup côtoyé lorsqu'il a eu son baccalauréat
en 1936 et nous avons entrepris ensemble un voyage en France. Durant cette
période, il était un élément modèle doué d'une grande intelligence. Mais
il a beaucoup changé après l'indépendance, les ambitions politiques
aidant.
Qu'est-ce qui justifie le timing de votre sortie médiatique ?
Il est regrettable de constater que toute une période de l'histoire
récente de notre pays est tombée dans les oubliettes. Nos historiens ont
malheureusement fait une impasse sur la période allant de 1956 à 1958 et
qui a été riche en événements mais qui a été, d'une manière ou d'une
autre, omise. Les événements de Marrakech par exemple, ou de Souk Larbaâ
ont été ignorés par nos historiens. Et c'est dommage.
Le 30-11-2005
Par : Fadoua GHANNAM
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