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Timensiwin,
Et la tendance se poursuit ! Après on se demande d'où vient
le fanatisme. Cela n'augure rien de bon pour les futures
générations qui au mieux seront fatalistes, au pire
intégristes ! À croire que l'Algérie n'a pas retenue la leçon
que vient de lui infliger durant plus d'une décennie le
fanatisme : plus de 200 000 civils massacrés !
El watan
Edition du 16 mars 2006 > Actualite
Mosquées, salles de prière, biens wakfs...
Les dinars de la foi
C’est comme si l’on avait construit une mosquée par jour
depuis 1962. Un record mondial. » C’est ainsi que Abdellah
Tamine, chargé de la communication au ministère des Affaires
religieuses, commente le chiffre de 15 000 mosquées existant
en Algérie. On compte 138 mosquées historiques en Algérie, 328
zaouïas, 2870 écoles coraniques et 2344 petites écoles
coraniques.
La répartition des « maisons d’Allah » est assez inégale,
selon lui : la wilaya de Tizi Ouzou compte 731 mosquées, le
nombre le plus élevé, alors que la wilaya de Tindouf arrive au
bas du tableau avec 15 lieux de culte. Le chef-lieu de Tindouf
connaît la réalisation d’un complexe islamique s’étendant sur
2500 m2, comprenant une mosquée d’une capacité d’accueil de
3000 fidèles. Selon le ministère, les 15 000 mosquées ne
suffisent plus à répondre à une demande qui serait de plus en
plus forte. Les affaires religieuses avancent le chiffre de 14
millions de fidèles à travers le territoire national, «
quasiment 50% de la population », observe M. Tamine, lors de
la prière du vendredi. « Lors de cette grande prière et celle
de l’Aïd notamment, nous avons remarqué que les gens sont
obligés dans plusieurs villes d’accomplir leur prière à
l’extérieur, dans la rue, dans des espaces improvisés aux
alentours des mosquées », indique M. Tamine. Le ministère a
calculé une sorte de projection
évoquant la nécessité de construire dans les années à venir
quelque 3000 mosquées à travers le territoire en prenant en
compte les variantes démographiques et leur actualisation.
Difficile d’en avoir le détail. Car rien que sur le volet des
déplacements de population, on ne sait pas combien des 1,5
million de ruraux, déplacés vers les villes à cause de la
violence ces dix dernières années, sont retournés dans leurs
villages ou dechras. Ces 3000 nouvelles mosquées, selon M.
Tamine, devraient compléter la couverture totale du territoire
national. Qui va financer ces projets ? « Il n’y a pas de
prise en charge intégrale de la part de l’Etat, les
associations agréées devront jouer leur rôle », répond le
chargé de la communication. Tous les deux ans, la direction
des affaires religieuses de la wilaya octroie entre 30
millions et 40 millions de centimes aux associations de
mosquées. Subventions allouées aux directions de wilaya par le
ministère qui tient à une totale transparence du
travail de ses associations. L’Etat, en théorie, intervient
financièrement en fonction du niveau des dons de particuliers.
Lors de sa visite dans la wilaya de Médéa, le 10 décembre
2005, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs,
Bouabdellah Ghlamallah, a insisté sur la mission qui revient
aux associations religieuses dans la gestion et le
fonctionnement des mosquées. Le but étant que ces associations
puissent avoir les moyens de leur rôle dans le tissu social et
assurer leur autofinancement. Le ministre Ghlamallah a appuyé
l’idée de la nécessité de diversifier les sources de
financement des lieux de culte, dont « l’édification et les
frais de fonctionnement ne doivent plus être supportés
uniquement par l’Etat, qui a beaucoup investi dans ce domaine,
mais c’est aux associations de mosquées de mieux exploiter le
bien dont ils ont la charge ». Le ministre des Affaires
religieuses a néanmoins témoigné de la disponibilité de l’Etat
à continuer à apporter sa contribution
financière en vue de l’achèvement des mosquées en cours de
construction. Autoconstruction et régulationPour le projet
de la mosquée Larbi Tebessi dans la ville de Tébessa, dont le
coût a été évalué à 800 millions de dinars, l’Etat a déjà
déboursé 35 millions de dinars, alors que le projet n’est
réalisé qu’à 5%. Une lenteur due à la faiblesse des collectes
de dons de particuliers. Par contre, dans la ville de Ouenza,
dans la wilaya de Tébessa, la mosquée Ennour, jumelée à une
école coranique, en chantier avancée à 80% de réalisation,
suit un autre schéma. 90% du coût total du projet, évalué à
600 millions de dinars, proviennent des dons collectés par
l’association de la mosquée. Pour la construction de la grande
mosquée d’Alger à Mohammadia (15 km à l’est d’Alger), qui
devra avoir une capacité d’accueil de 120 000 fidèles, c’est
l’Etat qui finance entièrement les travaux. « C’est un projet
attaché à la souveraineté du pays. Chaque Etat musulman a sa
propre grande mosquée
officielle, où se déroulent notamment les cérémonies
d’importance », explique le chargé de la communication du
ministère des Affaires religieuses. Djamaâ El Kebir d’Alger,
qui accueille les cérémonies, telle la prière de l’Aïd à
laquelle prennent part les officiels, ne peut plus répondre
aux besoins actuels. Le complexe de la grande mosquée d’Alger
englobera également Dar El Qor’an, une importante école
coranique, un centre culturel, un centre de santé, des
parkings, des espaces verts, un centre d’affaires, etc.
L’Agence nationale de réalisation et de gestion de la nouvelle
grande mosquée d’Alger, dont le directeur général est nommé
par décret présidentiel, chapeaute le projet. L’agence est un
établissement public à caractère industriel et commercial, et
c’est en Conseil des ministres, le 28 septembre 2004, qu’a été
décidée sa création. La phase de réception des plis, après le
lancement d’un appel d’offres international, serait en cours,
et l’ouverture des plis et la désignation des
bureaux d’études se feront après l’opération d’évaluation du
hadj 2005-2006. Les travaux débuteront en 2006 et s’étaleront
sur une période de 25 à 30 mois, selon le ministère. Sur le
plan local, et même au niveau des quartiers, l’on observe que
les habitants prennent en charge eux-mêmes la construction
d’un lieu de culte, mosquée, ou moussala, salle de prière.
L’une des grandes différences entre ces deux structures est
qu’une salle de prière ne peut abriter la prière du vendredi,
celle de la djamaâ, de la communauté. On trouve des salles de
prière dans certains lieux de travail, dans les universités,
dans des casernes, etc. Selon le ministère des Affaires
religieuses, il n’existerait pas de salles de prière
informelles, non déclarées. Mais on apprend que les services
du ministère ou des directions de wilaya des affaires
religieuses ne s’autosaisissent pas pour déclencher une
inspection. « Les contrôles ne se font que sur demande »,
indique le chargé de communication au ministère. «
Ici, dans ce quartier, on a construit une salle de prière
depuis quatre ans pour éviter aux personnes âgées de se
déplacer à la mosquée qui est située un peu plus loin. Mais
voyez-vous, moi qui habite au rez-de-chaussée à côté de la
moussala, je n’ai plus de soleil et l’entrée du bâtiment est
obstruée à chaque prière. Si jamais il y a un sinistre, un
incendie ou un séisme, j’ai peur qu’on y laisse nos vies »,
témoigne un habitant d’un quartier central à Alger. Pourtant,
au niveau du ministère et des communes, la procédure expliquée
tend à limiter ces cas de figure. « Dans le cas de l’autoconstruction,
c’est la direction de wilaya des Affaires religieuses qui gère
le dossier », indique-t-on au département de Ghlamallah,
ajoutant que « l’approche est la même pour n’importe quelle
construction, comme par exemple l’avis de la Protection
civile. Sauf qu’il y a des règles spécifiques à un lieu de
culte ». Les services de l’urbanisme contrôlent le permis de
construire et les conditions
proprement techniques inhérentes. Mais aussi, ces services
vérifient le respect de l’architecture musulmane pour le cas
des mosquées autoconstruites. Il y a également l’intervention
de la commission de la qibla qui s’assure de l’orientation
vers La Mecque. Les autorités se montrent particulièrement sur
le qui-vive sur cette question. La peur de l’existence de
lieux de culte incontrôlés, réminiscences des débuts des
années de violences intégristes, est présente. Devant les
parlementaires, en 2001, le ministre a souligné qu’il ne
disposait plus de postes budgétaires d’imam pour couvrir le
territoire. Il serait près de 22 000 imams à travers le pays.
Et là, le ministre ne parlait que des mosquées « déclarées ».
Car même dans ce cas, le contrôle semble un souci pour les
autorités : en juillet 2005, le directeur général de la Sûreté
nationale, Ali Tounsi, avait déclaré lors d’une conférence de
presse que « dans chaque mosquée vous trouverez deux agents
des renseignements généraux. Nous
n’avons rien contre le prosélytisme. Priorité à prévenir la
violence ». Wakfs, la terre et le donEn évoquant la
construction, on ne peut faire l’impasse sur les wakfs, ou ce
que le droit français définit comme les biens de main morte.
Il s’agit des propriétés foncières régies par le ministère des
Affaires religieuses et qui recouvrent notamment les terrains
des 15 000 mosquées, des mausolées, zaouïas, des 2400
cimetières musulmans et des 800 cimetières non musulmans, des
lieux de culte chrétiens ou israélites, etc. Le ministère des
Affaires religieuses a enregistré, « jusqu’à fin 2005 », 1140
locaux commerciaux, 2619 logements et 618,7 ha de terres
relevant des biens wakfs. Il faut ajouter également à ce
patrimoine 1555 arbres divers, 3816 palmiers et 7638 vergers.
D’ailleurs, la première condition pour un particulier désirant
faire don de son terrain pour construire une mosquée est
d’inscrire l’assiette foncière aux wakfs. Par ailleurs, il est
à noter que les arriérés des loyers
des biens wakfs dans 39 wilayas du pays ont atteint, l’année
2004, 4 milliards 218 millions de centimes, selon une
évaluation réalisée par la direction des wakfs et du hadj. A
noter que, selon le ministère, les biens wakfs, répartis à
travers le territoire national, rapportent plus de trois
milliards de centimes de recettes annuellement. L’étude citée
montre que l’inventaire sur le deuxième semestre de l’année en
cours fait état de 218 millions de centimes d’arriérés. Il y a
quatre ans, le ministère de tutelle a lancé une opération pour
évaluer les activités de la direction des wakfs et du hadj
englobant le montant des loyers, les biens wakfs non utilisés
et ceux utilisés à titre gracieux. A ce titre, les données
exposées par des cadres du ministère lors de journées d’études
sur la formation des cadres des services des wakfs et des
rites tenues à Alger fin novembre 2005, évoquent 19 locaux
commerciaux wakfs utilisés sans loyer, 27 locaux commerciaux
wakfs non utilisés, 37 logements
wakfs non utilisés et 25 douches dans la même situation,
recensés dans 13 wilayas. Un véritable casse-tête. «
L’essentiel est de gérer dans la légalité, autant pour le
financement des mosquées que dans la gestion des biens wakfs.
Si on sort de la légalité, si l’on sort de la légitimité, on
court de gros risques. Des gens ont manipulé la religion au
sein même des lieux de culte, et nous nous sommes retrouvés
avec les géniteurs du terrorisme », tient à conclure Abdellah
Tamine.
Azemz hocine <azemz2000@yahoo.fr> a écrit :
aZUL,
Encore une fois et comme à l'accoutumée, on ne discute pas
de la pertinence ni de la priorité des grands projets (plus de
100 millions de $) au pays de la dictature arabo-islamiste. La
presse algérienne pacifiée et sous-ordre (répression oblige
!), ne fait que rapporter les decrets "impériaux" du pouvoir .
Elle n'analyse plus depuis longtemps, depuis l'assassinat de
Tahar Djaout et de ses confrères et consoeurs, depuis l'exil
de dizaines autres, et surtout depuis l'incarcération de
Benchicou. Elle ne se sert qu'à mettre le peuple devant le
fait accompli, devant des décisions "quasi-divines", devant la
fuite en avant d'un régime qui a une peur bleue de la volonté
populaire. Les Algérois ont sûrement d'autres priorités, plus
vitales et bien terrestres que celle d'une méga-mosquée. Ils
ont besoin de logements anti-sismiques (Alger est sur une
faille), de plages dépolluées, d'un oued El-Harrach non
stagnant et puant, d'un métro, d'eau courante, de centres de
loisirs, de bibliothèques,
de centre de santé, etc....Nos ancêtres n'avaient pas besoin
de mosquée pour prier, ils le faisaient même sous un figuier
ou un olivier. Ils avaient plus la foi en Dieu qu'en des imams
lubriques. Ils n'avaient pas besoin d'être harceller par un "prosélite"
vociférant dans un micro pour prier, ils le faisaient en leur
âme et conscience, ils communiaient directement avec Dieu.
Ce projet de "grande mosquée d'Alger" rappelle celui de la
mosquée de Bamako (construit je crois par l'Arabie Saoudite),
et sur la parvis de laquelle squattaient de pauvres mendiants.
Avec tout le respect des croyants, c'est une insulte vis-à-vis
de Dieu, et de l'intelligence humaine. Utiliser ces millions
de dollars pour alléger les souffrances et la misère des gens
vaut certainement mieux que toutes les mosquées du monde. À
moins d'instrumentaliser, comme c'est sans doute le cas, la
religion à des fins politico-idéologiques.
Cette presse écrite est désormais asservie comme l'unique
chaine de TV qui vient d'accepter de diffuser les 5 prières
journalières. L'ENTV n'avait-elle pas diffuser un débat, il
n'y a pas si longtemps, concernant la "longueur licite" du
baton pour corriger sa femme. Il ne s'agissait pas de savoir
si les hommes ont le droit de frapper leurs épouses, mais
juste de connaître le nombre "hallal" de centimètres du baton
!
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