Un accord entre le gouvernement algérien et les tribus kabyles (a archs) a
été signé samedi soir a Alger pour résoudre la crise que traverse depuis
près de quatre ans la Kabylie (est), a annoncé le chef du gouvernement
Abmed Ouyahia.
'Nous sommes convenus de mettre en oeuvre, ensemble, la plate-forme d'El
Kseur", a déclaré M. Ouyahia, se référant au texte contenant les
revendications des âarchs qui souhaitent la reconnaissance de leur
identité berbère ainsi qu'un plan de relance et de réformes économiques
pour la Kabylie.
La plate-forme d'EI-Kseur avait été approuvée le 11juin 2001 dans une
petite bourgade de Kabylie du même nom.
Selon un communiqué publié à l'issue des entretiens, "le gouvernement et
les àarchs ont décidé d'un commun accord de mettre en place un mécanisme
conjoint qui sera chargé du suivi et de la mise en oeuvre de la
plate-forme d'lil-Kseur par l'Etat dans le cadre de la Constitution et des
lois de la République".
La crise en Kabylie était née des émeutes qui y avaient éclaté à la suite
de la mort d'un lycéen le 18 avril 2001 dans la gendarmerie de Béni
Doauala, près de Tizi Ouzou, en Grande Kabylie (110 km à l'est dAlger).
Çes émeutes, violemment réprimées, avaient fait une centaine de morts et
des dizaines de blesrés.
Le chef du gouvérnement algérien et les représentants des àarchs avaient
repris leur dialogue vendredi après un an d'interruption.
Ce dialogue, amorcé en janvier 2004 avec difficulté, avait capoté le 7
février suivant, butant sur la reconnaissance officielle du tamazight
(berbère), la langue des Kabyles.
Le 4 janvier dernier, M. Ouyahia avait invité les àarchs à "venir
reprendre le dialogue déjà entamé dans le but d'aboutir à un accord global
de mise en oeuvre de la plate-form~ d'EI-Kseur".
La coordination inter-wilayas (départements) des àarchs, réunie il y a une
semaine à Tizi Ouzou (Kabylie, 110 km à l'est d'AIger), s'était déclarée
unanimement favorable à l'invitation du chef du gouvernement pour
reprendre le dialogue.
Un accord sur des préalables avant d'aborder la plateforme d'EI Kseur
avait permis de regler en janvier 2004 les six "incidences" des émeutes de
2001 comme les qualifient les aarchs,
Cet accord portait notamment sur l'arrêt des poursuites judiciaires contre
les délegués des aarchs et 4es manifestants et la révocation des "élus
indus selon la terminologie des àarchs designant les personnalités élues
lors dés élections législatives et locales de 2002, boycottées par ce
mouvement kabyle.