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Abdelkebir Chouhad : étincelle d’Ait Âtman.
Raconté par : Brahim Oubella de Tata
(grand poète et militant, ami proche de Abdelkebir CHOUHAD)
traduit par Rachid ELHANAFI
Qui est ce poète ?
Né en 1962 au village « Ighil », (signification : tribune) de « Iberkak » ,
commune d’ « Issafen », province de Tata. descendant de la famille Ait
Youssef, branche Ait Âtman . Comme tous les enfants de la montagne Souss, il
a essayé d’apprendre de l’école coranique de son village, mais il n’a rien
appris ni de l’enseignement traditionnel ni du moderne ensuite. Si la tribu
« Iberkak » est connue au sein de l’Anti-Atlas par les arts « agwal » et «
ahnaqar », la grande famille Ait Atman est connue elle entre toutes les
familles de cette tribu par son amour aveugle à ces arts originaux amazighs,
jusqu’à devenir un exemple reflétant cet amour, on disait « toussit ka aloun
zound ait âtman »( tu portes le taloune « instrument musique » comme ait
âtman).
On peut constater que les fils de cette famille
possédaient tous une belle voix. C’est dans ce contexte artistique que
Abdelkebir et son frère aîné Ali ont grandit, leur parents leur ont
favoriser de partir loin dans cette voie. Leur père déjà était l’un des
rythmologues considérés, tandis que leur mère était une poète créative. Ils
se sont déplacés à Casablanca en cherchant à assurer leur vie comme tous les
jeunes campagnards, c’est en émigrant là-bas que Abdelkebir a rencontré ses
camarades avec qui il a partagé les mêmes circonstances et les mêmes
ambitions. Le travail dans le commerce et les services était leur moyen de
garantir la vie de leurs familles. Ils étaient séduis par l’art, c’est
pourquoi ils se sont orientés avec les autres pour la création des groupes
artistiques amazighs. Abdelkebir lui, il est passé dans un grand nombre de
ces groupes, en gardant toujours son amour pour ahwach. Il était un poète d’assayss
depuis son enfance, il récitait des poèmes à l’âge de 14 ans. L’appartenance
d’Abdelkebir au groupe « izmaz » crée par son frère Ali et l’artistique
Tafraouti Belyazid et leurs camarades était le premier pas pour lui dans cet
branche de l’art. L’édition du premier album « assatour » en 1986 par la
voix d’Abdelkebir était un grand saut dans le monde de la célébrité
artistique pour lui. Après il s’est séparé de ce groupe vu les problèmes
habituels qui mènent toujours au dé cheminement des groupes . Durant toutes
ces années Abdelkebir était toujours fidèle à l’âme d’assayss. En 1992 j’ai
l’occasion de faire connaissance avec lui, notre première rencontre était
dans son village près de l’oued « imi n titgar », nous avions partagé
plusieurs dialogues,je l’ai trouvé capable dans l’industrie poétique, en
plus de ça il possédait une belle voix qui séduit les amoureux de l’art
amazigh. Après le retour du groupe Archach de la France, j’ai été touché par
la disparition de l’un des rythmologues amazighs, l’artiste Aziz lhrass qui
décéda à Paris. A ce moment des différences paraissaient entre les membres
du groupe et l’artiste Ali Chouhad, l’occasion s’était présenté pour
Abdelkebir pour être à sa place dans le premier album du groupe sans la
participation d’Ali,c’était l’album intitulé « tga lmout lfrd ». Ce texte
poétique était pour les membres du groupe un texte de condoléance pour Aziz
Lhrass,
Depuis lors Abdelkebir travaillait avec ce groupe et pendant l’été il
rejoignait son pays natal, pour prendre sa place entre les poètes d’assays ,
tous ses admirateurs se précipitaient pour l’entendre,il entre toujours à
assays par sa tenue artistique traditionnelle.
Depuis le début des années 90,Abdelkebir souffrait de la maladie provoquée
par le nerf sciatique,il a essayé la médecine traditionnelle et moderne sans
pouvoir arriver à la guérison. En été 2001 il était atteint du diabéte, que
Dieu le bénisse. Il était transporté à l’hôpital de Tiznit dans son état
critique qu’il a surmonté grâce aux premiers soins d’urgence et suivait un
régime d’insuline, il était sujet à plusieurs crises. En 2004 il présentait
des symptômes de l’ulcère de l’estomac. Ses soirées consécutives , la non
prévention et son amour aveugle à l’art étaient les causes de la gravité se
son état de santé. L'été 2003 à l'occasion d'un mariage familiale à Tata le
groupe Archach est présent et s'y produit dans la soirée comme le veut la
coutume Ahwach est au rendez vous et Abdelkebir fidèle à sa passion y
participe. Lors de sa visite à Tata au milieu de février 2006, il a déclaré
à ses camarades qu’il vivait ses derniers jours et que la prochaine crise ne
lui laissera pas l’espoir de vivre. Le 23/02/2006 il est venu au souk
lkhmiss (souk hébdomadaire d’issafen) pour faire les adieux aux admirateurs
de son art. après avoir fait ses courses il rejoignait son douar « imi n
titgar » accompagné de son ami Abdallah Saâdi sur sa motocyclette car il ne
pouvait plus faire le chemin entre le souk et son village à pieds. En
arrivant à « imi n titgar » il a salué saâdi il est entré chez lui en
demandant à sa femme Aicha de lui donner l’eau pour prendre son médicament,
à ce moment ses doigts étaient gelés sur le verre, il a ressenti des
douleurs et décéda ce jour le 23/02/2006. Que la miséricorde d’Allah soit
sur lui. C’est comme ainsi qu’une étincelle des étincelles de l’art amazigh
s’est éteinte dans cette contrée.
Tout le monde a souffert de sa disparition et c’est ainsi qu’une muraille
des murailles des arts d’assayss est tombé. Moi j’était à la ville
d’Ouarzazate en participant à un collogue organisé par l’IRCAM, la nouvelle
m’est arrivé par téléphone par d’un de ses oncles. j’ai porté cette triste
nouvelle aux participants du dit colloque, nous étions debout une minute de
silence en lisant Alfatiha sur son âme et j’ai constaté son impact sur les
participants. Nous sommes à Dieu et à lui nous retournerons.
Et voici un extrait d’une de ses chansons :
Tga lmout lfrd.
"Tga lmout lfrd
Yallah yallah a dounit mamnk
Ihul yan ann mdln asmoun ns
Adound irin a guim ittwnnas
Tassa nou nsldam ar tallat
Soumarg n wallagh ikkis wakal
Ossoul ufikh a guis nsmouqoul
Amoudou wabadan att yiwin
Tga lmout lfrd lli ihrran
Yan mi ittmma lajal ns tawit
Our ihkm yan add irar oussan
Oula ysmd i lajal igh kmmln..
Propos rapportés par Tatamargue via Brahim OUBELLA
Source : musikamazigh.free.fr/articles/count.php?id=3
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