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   Saïd Igoussimene. 

     

               Saïd Igoussimene est le né le 3 mai 1953, à Roubaix, d’un père kabyle, originaire  de Béjaïa (Bougie en petite Kabylie) et d’une mère française.
Dès l'adolescence, la vie ne lui pas fait de cadeaux. De cette époque il dit « Dans la vie il y a des étapes à passer : on doit payer des choses qu’on a faites dans nos vies antérieures. Alors, je pense que j'ai payé. A quatorze ans, j'ai travaillé dans une usine. Mes parents ont dû signer le contrat avec le chef d’entreprise. Il y avait ma mère, mon père, le patron, le contremaître, et j’étais là aussi. Je devais écouter leurs belles paroles. Tu sais ce que c’était leurs belles paroles ? Ils me lisent le règlement intérieur. « Tu dois faire ce que le chef te dit. Si tu vas aux toilettes, tu dois demander. Tu dois pointer le matin et le soir. A l'heure de la pause tu ne peux pas sortir de l'usine. Etc..». Je n'ai pas vu le soleil de l'été. J’étais enfermé du matin au soir ». »
Said Igoussimene se sent comme un esclave. Ce contrat de travail, il le finit en se révoltant : il frappe son chef d’atelier. Trop de brimades ne pouvaient qu’entraîner ce geste. Evidemment, son père le punit durement, à coups de ceinture. Il est en effet marqué sur une liste rouge : il ne pourra plus travailler en usine, parce que considéré comme un rebelle.
Arrive le service militaire. Notre homme ne peut envisager de porter une arme.. A l'époque l'armée française ne plaisantait pas avec les insoumis. Saïd déserte à plusieurs reprises. Il connaît les arrêts de rigueurs et la prison. Il faudra trois ans pour que l'institution militaire finisse par le déclarer inapte.
Saïd Igousimene s’oriente alors vers les métiers du bâtiment. De cette période il dit «J'ai toujours travaillé à l'air et au soleil sous la neige sous la pluie. Mais j’étais libre. Je n’étais plus un robot programmé. ». Il apprend « sur le tas » le métier de couvreur zingueur. Ce métier malheureusement en voie de disparition, est un des métiers les plus nobles de la profession. De ce travail du métal, qui demande beaucoup d’habileté, Saïd Igoussiméne dit qu’il le pratique avec amour. Il réutilise bientôt son savoir dans son travail sur les meubles. De cette pratique artistique, il dit modestement « Je ne suis ni dieu ni un sage. Mais c’est en moi. Je sais pas ce que je veux prouver, mais je sais que je dois faire ces choses là. »

Il vit maintenant, modestement il est vrai, de son art. Il est membre de l’association « Les Z’Arts Recycleurs », qui regroupe des artistes qui comme lui, utilisent comme matière première pour leurs œuvres des matériaux de récupération.

Certains ricaneront… En quoi est-ce de l’art que de faire des lampes avec des vieux ustensiles ménagers, ou de recycler des vieux meubles en y adjoignant des dessus en zinc ?
Quand on voit la production artistique dominante et la quantité de laideurs (par politesse, nous nous garderons bien de les citer) qui a investi bien des galeries d’art (mais fort heureusement pas toutes), ils feraient bien, avant tout, de regarder l’oeuvre de notre homme. Elle est bien plus profonde qu’ils ne le pensent. En soi-disant beaux esprits, ils nous diront que ce n'est que de l'art populaire, sans doute avec une condescendance méprisante…
Art populaire disent-ils ? Quand Rauschenberg et Oldenburg, avec le Pop Art,  recyclaient des ordures, on a vite qualifié leur œuvre..d’Art, et à raison. Quand, dans le mouvement d’avant-garde des années soixante-dix « Support/Surface », Jean-François Pincemin, dont la profession était au départ tourneur, utilisait le recyclage de matériaux, ne l’a-t-on pas reconnu lui aussi comme un artiste majeur, tout aussi à raison ? On pourrait citer des dizaines d’autres artistes, parmi les plus grands, dont le libertaire et merveilleux Jean Dubuffet, lui aussi d’origine modeste.

Saïd Igoussimene poursuit, sous une autre forme, la longue tradition de l’art amazigh kabyle. Chaque pièce qu’il produit est marquée du beau signe des Imazighen. Peut-être comme une signature, l’artiste revendiquant sans cesse, et à bon droit, qu’il est Amazigh, du peuple des hommes libres. Mais les références à l’art kabyle ancien, dans son œuvre, sont bien plus fortes encore dans l’œuvre même :

  • Dans les villages kabyles par le passé, l’art se résumait, en ce qui concerne la production matérielle, aux objets utilitaires : poteries, couvertures, etc… Artisanat, certes, mais qui avait atteint un très haut degré technique malgré l’utilisation de moyens très limités, au point que l’on peut le qualifier d’art. Chaque objet, par les symboles qu’il portait, était témoignage de l’appartenance à une symbolique des signes. Regardez donc les œuvres de Saïd Igoussimene : elles participent à la même logique. Elle portent le passé. L’armature des lampes, constituée de vieux ustensiles remaniés, portent la mémoire des femmes qui les utilisèrent pour faire la cuisine ou des travaux de couture. Cette armoire, avec son dessus et ses poignets en métal, n’est-elle pas la mémoire de tout ce que ses propriétaires successifs ont pu y ranger ?

  • Ce n’est sans doute pas un hasard si Saïd Igoussimene s’est intéressé aux miroirs. Puisque pour lui, ces vielles pièces de récupération sont la mémoire de leurs anciens propriétaires, y mettre un miroir dans lequel notre image actuelle se reflète, c’est faire un lien entre le passé et le présent. Ce lien entres générations est au cœur de la tradition amazighe.

  • Les lampes aussi nous rappellent cette tradition. La bougie, en Kabylie, a toujours été le symbole de l’espoir. C’est pour cela que lors des mariages, encore aujourd’hui, on remet des bougies aux mariés, dans l’espoir que la sagesse illuminera leur avenir. Dés lors quelle plus belle métaphore des bougies que les lampes de Saïd Igoussimene ? Produit recyclé, donc mémoire du passé, portant le signe des Imazighen, donc de la tradition,elles aussi donnent la lumière.

  • Enfin, voyez aussi comment Saïd Igoussimene travaille ces pièces. Leur réalisation impeccable montre la maîtrise profonde des matériaux. Là est effectivement son coté artisan. Mais ce refus de séparation entre l’art et l’artisanat est constitutif de l’art amazigh.

Évidemment l’œuvre dépasse aussi la tradition. Dans une série de cadres noirs, l’artiste a mis des photographies de vieux chefs indiens et d’hommes noirs. Toutes ces photographies anciennes de visages montrent à la fois la souffrance et la dignité. Homme libre, Saïd Igoussimene grave sur certaines de ses lampes, outre le signe des Imazighen, celui des Indiens d’Amérique et l’étoile de David. Parce que pour lui, tous les peuples opprimés méritent respect.

Dans les diaporamas, suivants nous vous proposons quelques-unes de ses créations.
Meubles, lampes, miroirs... ces objets d'arts sont totalement conçus à partir de matériaux de récupération. La seule exception concerne les lampes, la partie matériel électrique (lampes, douilles, fils électriques, interrupteurs et prises de courant) étant, pour des raisons de sécurité, évidemment entièrement neuve. Notre association "Convergences" les présente à titre gratuit. Aussi nous ne pouvons donner les prix des oeuvres présentées. Chaque pièce étant unique, il est possible que tel objet qui vous plairait a peut être déjà trouvé acquéreur. Sachez cependant que les prix de ses oeuvres sont à la porté de tous. Dans la mesure ou il expose hors galerie, vous trouverez régulièrement sur notre site, dans la page nouveauté, les lieux et dates des expositions auxquelles il participe.

Si son art vous intéresse, il est possible de le contacter directement.
Vous pouvez le joindre par téléphone au 06 11 02 37 25 ou par mail : Said Igoussimene.

Pour voir les oeuvres de Said Igoussimene, cliquez sur les liens ci dessous :

Lampes.

Miroirs.

Cadres.

Meubles et objets.

 

 source:  association convergences   http///perso.wanadoo.fr/michel.behegle/SiteJava/menuDyn.html