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Raïs Mohand est né au Maroc il
y a une trentaine d'années dans un petit village berbère aux alentours
d'Essaouira. Très tôt, il a la certitude qu'il est fait pour la musique et
la poésie. Après s'être «bricolé» divers instruments et avoir lutté pour son
destin (comme c'est le cas pour de nombreux musiciens africains aujourd'hui
célèbres), il achète un banjo, version moderne de l'outar (
instrument fabriqué à partir d'une petite bassine métallique recouverte de
peau de chèvre, à manche et tourillons de réglage en bois, et à cordes en
fil de péche) et part se former auprès de musiciens itinérants.
Raïs Mohand
combine au maroc le travail de pêcheur, tourneur sur bois et autres
activités concrètes, à celui de musicien de fêtes, principalement des
mariages, et d'auteur compositeur.
Il vient en France et
se produit au New Morning et au Bataclan, Sort chez Warner un CD intitulé
AZORF (titre qui évoque l'effet phosphorescent du plancton sur l'océan la
nuit). Il se produit aussi en Bretagne (festival de Douarnenez, ...), à
Lille, Bordeaux, Toulouse, en Hollande et en Belgique (1" partie de Idir)...
concerts organisés par l'agence Astérios.
De retour au
Maroc, il enregistre une cassette au Studio El Maarif d'Agadir avec tous les
instruments berbères requis (rebâb, outar, bendir, naquous, tiquarquaouin,
tam-tam ...) et des chœurs d'hommes et de femmes. Il réalise ainsi un rêve
de longue date qui lui permet de se rendre compte de sa réalité artistique
au contact de musiciens professionnels.
Actuellement de
nouveau en France, Raïs Mohand met en forme et en musique de nombreuses
nouvelles chansons et répète avec des musiciens français de très bon niveau,
après les avoir initiés aux rythmes et à la couleur de la musique berbère.
Il atteint ainsi un
nouveau palier en modernisant ses chansons, sans toutefois galvauder son
héritage musical. On trouve dans son répertoire les sept rythmes utilisés
depuis longtemps dans la musique berbère et sa poésie garde en majeure
partie les codes classiques d'expression de son peuple: paraboles,
proverbes, images de l'amour...
Raïs Mohand a le
cœur pur et sensible, il s'inspire du chant d'un oiseau et l'inclut dans sa
mélodie, décrit les durs moments de la vie d'un pêcheur dans sa barque
fragile qui tourbillonne au vent sur la mer déchaînée ...
Sa voix qui «porte»,
ses harmonies, son jeu agile au banjo, la complicité établie avec ses
musiciens, la gaieté des rythmes faits pour la danse et la sonorité
d'instruments peu connus en France, tous cela contribue à un certain
bonheur, à la bouffée de fraîcheur, à l'agréable «goût d'ailleurs» qu'on a
le plaisir de ressentir pendant ses concerts.
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