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       Quel alphabet pour Tamazighte_ suite?                            

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  - 3 - Tirra n tmazight / Ecriture de tamazight      

 

Tamazight est dans une phase determinate de son existence.  Pour que cette langue accède aux voies de la communication, et donc devenir une langue utilisée sur les supports écrits et audio-visuels, elle doit surmonter les obstacles politiques, économiques et culturelles dans les pays berbèrophones. C’est ainsi qu’une langue peut survivre parmi les autres langues de ce monde.

Pour que Tamazight soit une langue écrite il faut un système de transcription qui peut être utilisé par tous les Imazighens, et où les signes visuels correspondent à des sons. Nous n’avons pas encore ce système là de manière définitive. Ce qui n’est pas un handicape mais une chance, car on a la possibilité d’éviter les erreurs commises par d’autres langues. Un tel système doit répondre aux exigences suivantes :
 (1) Il faut qu’il dispose d’un ortographe de surface où chaque signe (graphie) correspond à un seul son (phonème) sans ambiguîté.

 (2) Il est important d’utiliser un système de graphie alphabetique sans accent ni point comme le cas d’autres langues (le français).

 (3) Il doit répondre aux besoins de l’ensemble de Tamazight avec tous ses parlers sans gommer les particularités les plus importantes dans chaque parler.

 (4) Il faut enfin trouver un système de graphie plus proche des Imazighen et de leur histoire que l’alphabet latin ou arabe. En l’occurence, le Tifinagh pourrait après certaines modifications répondre à ces exigences.

 Tout cela est un débat qui ne fait que commencer, mais ce qui nous intéresse ici est d’adopter un moyen de transciption pour que le visiteur de ce site puisse nous lire. Le tifinagh n'étant pas adapté ni suffisamment répandu, nous allons utiliser l’alphabet latin. Notre premier exemple est un mot utilisé par tous les Imazighen et prononcé par tous de la même façon: Adrar  = montagne.
Dans ce mot il y a 2 syllabes (ad - rar). Ainsi pour écrire, nous découpons la phrase en mots, les mots en syllabes et les syllabes en phonèmes. Dans le mot adrar il n’y a que trois lettres (a-d-r) que nous avons composées entre elles selon l’ordre de prononciation.

Pour écrire de façon correcte il faut dresser un tableau de correspondance entre chaque son et chaque phonème (lettre). Nous adoptons ici la notation utilisée d'une manière générale pour transcrire le Tamazight. Chaque lettre exprime un son, et la lettre est doublée pour exprimer la tension. L'alphabet est composé de 20 consonneset 6 voyelles. Nous prendrons des exemples pour illustrer la prononciation des différentes lettres.

 

Aseklu/lettre

awal s tmazight / mot en tamazight

awal s tefransist / mot en français

A

ABRID

le chemin

B

TABRAT

la lettre

D

EDDU

vas

F

AFUD

le genou

G

AGGU

la fumée

H

UHU

non

J

IMEJJANN

les oreilles

K

AKSUM

la viande

L

ALLUN

le tambour

M

AMNAY

le cavalier

N

ANU

le puits

S

TASA

le foie

T

ETTU

oublier

Z

IZEM

le lion

C (ch)

UCCEN

le chacal

GH

TAMAZIGHT

le tamazight

R

ADRAR

la montagne

H'

AH'FUR

le trou

3

A3RAB

l'arabe

X

TIXSI

la brebis

A

AMAN

l'eau

I

TIRRA

l'écriture

U (ou)

UL

le coeur

W

AWAL

la parole

Y

AGHYUL

l'âne

E

EKKES

enlève

 

Pour certains parlers, le “d” peut être prononcé comme en français (udi, à Neffoussa), ou comme le “th” anglais (udi, Kabylie et Maroc central). Le “g” peut être prononcé comme dans “agru, Maroc central”. De même le “t” peut être comme le “th” anglais (itri, Maroc et Kabylie). Ces consonnes spirantes seront parfois notées par un trait sous la lettre.

Il reste à trouver des solutions pour l’emphase, généralement notée par un point sous la lettre. Ici nous avons utilisé l'apostrophe.

Enfin, la tension est notée par le doublement de la lettre (ammas, milieu; taddart, maison). Voici le même texte écrit en parler Tamazight du moyen atlas, en Kabyle et Tamazight de Neffoussa.

Neffusa :
“Amen. Awid amen ad swegh lemmi tghessed ad edregh. Ayetma n tamaceght mlun: “amen iman” (l’eau c’est la vie). Mani ellan amen ellant tidrin d tiga. Tiga in tixsiwin at-tcunt. Tidrin in iwdan sisent ad gun
ariti.”

Maroc central :
“Aman. Awid aman ad sux mec trid ad edderx. Ayetma n tmaceqt ennan: “aman d tudert”. Mani g
ellan waman ellant tidrin t-tuga. Tuga i tixsiwen at-tcint. Tidrin i midden s-issent ad gin arectu.”

Kabyle :
“Amen. Awid amen ad swegh max tevghed ad a’icegh. Ayetma n tmaceght ennan: “amen d turedt”. An dagh
ellan wamen tellagh tudert eked leh’cic. Leh’cic aken at-tcent tixsiwin.   Tidrin i lghaci aken ad xedmen arekti.”

Français :

L’eau. Donne moi boire de l’eau si tu veux que je vive. Mes frères de Tamazight ont dit “l’eau c’est la vie”. Là où il y a de l’eau, il y a les maisons et l’herbe. L’herbe pour les brebis à manger. La vie pour les gens pour qu’ils en fassent la pâte. 

   Par Moussa HARIM

 

 

Article en rapport:  la standartisation de la graphie latine dans l'ecriture du berbere   ( colloque de Barcelone 26, 27 et 28 avril 2007)

TAMAZIGHT, UNE LANGUE partout   http://www.monde-berbere.net/Une%20langue.htm

 
              

    - 4 -  L'ALPHABET TIFINAGH ET CORRESPONDANCES LATINE ET ARABE

 

 
             

Ecritures libyco-berbères
Carte d'identité

Naissance

inconnue, par hypothèse VIe siècle avant J.-C.

Lieu Afrique du Nord (selon toute vraisemblance)
Ascendance non déterminée (exploitation locale d'un système de signes aux fonctions variées ?).
Système alphabétique, consonantique
Signes - 28 en libyque (à Dougga=thugga),
- de 23 à 27 en tifinagh selon les régions
Lecture

- vertical de haut en bas et de bas en haut,
- horizontal de gauche à droite ou de droite à gauche.

Langues notées libyque et touareg (sans certitudes pour d'autres).
Documents - le plus ancien : dédicace au roi Massinissa, stèle libyco-punique de 138 avant J.-C. (Dougga, Tunisie).
Usage - disparaissent au Maghreb, probablement à la fin de l'Antiquité,
- se continuent en touareg.

    Source: BNF ( Bibliotheque Nationale de France)

 

[Sommaire du dossier Ecriture]

2. Des écritures libyco-berbères aux tifinagh 

Vingt-cinq siècles séparent les plus anciennes écritures libyques, de l'Antiquité et les tifinagh, survivance au Sahara et au Sahel d'une graphie disparue après la colonisation romaine, à la fin du Ve siècle.

Les écritures libyques de la période antique, au nord de l'Afrique

Le libyque - du nom " Libye " que les Grecs donnaient à l'Afrique (et sans rapport avec l'actuelle Libye) - a peut-être précédé l'installation des Phéniciens dans l'actuelle Tunisie et la fondation de Carthage au IXe siècle avant J.-C. Ce que l'on en connaît provient d'inscriptions funéraires et monumentales retrouvées en grande quantité dans la Numidie antique (actuelle Tunisie septentrionale et Algérie orientale) et dans les Maurétanies (Algérie occidentale et centrale, et Maroc septentrional).

L'inscription la plus anciennement datée est une dédicace de la dixième année du règne de Micipsa, roi des Numides, soit 138 avant J.-C. (voir ci-dessous). Hormis ce cas privilégié, les autres inscriptions n'ont pu être datées. Mais les travaux des préhistoriens font remonter cette écriture au VIIe ou au VIe siècle avant J.-C1.

Inscription bilingue libyco-punique
RIL 2 (Chabot, Recueil des Inscriptions libyques, 1er fasc., p. 3) ;
en haut texte punique, en bas texte libyque, suivi d'une ligne en punique.

 

 

Malgré l'abondance des matérieux, la langue libyque n'a pas été reconstituée en raison de la nature même des textes limités le plus souvent à des dédicaces, à des généalogies et à des formules. Des séquences répétées ont pu être identifiées, mais la plus grande partie des inscriptions a résisté au déchiffrement

À part quelques manifestations tardives, la pratique de cette écriture a disparu au nord de l'Afrique, vraisemblablement à la fin de la domination romaine, vers le Ve siècle après J.-C.

L'écriture touarègues : les tifinagh

Formes évoluées des alphabets libyques attestés à l'époque carthaginoise, les caractères des alphabets touaregs, malgré d'importantes variations régionales, ont en commun leur aspect géométrique, fait de traits, de cercles et de points, isolés ou associés. Leur notation originelle exclusivement consonantique, l'absence de segmentation entre les mots et la liberté du choix de l'orientation de l'écriture rendent leur déchiffrement difficile et aléatoire. Traditionnellement liée au jeu, cette écriture est souvent proche de l'énigme mais évolue de nos jours pour répondre à de nouveaux besoins pratiques, épistolaires et journalistiques : les innovations portent à la fois sur les procédés de segmentation et de vocalisation, et sur la création de polices de caractères.

Extrait de la presse rurale nigérienne
Texte segmenté par des blancs, écriture gauche-droite
(M. Aghali-Zakara, " Les lettres et les chiffres ", p. 146).

 

Les termes qui servent à désigner l'acte d'écrire dans l'écriture touarègue varient selon la nature du support : " inciser ", " graver " quand les signes sont inscrits sur la roche ; " orienter ", " aligner " les signes ; " griffonner ", " tracer vite et sans soin ", " piquer " les doigts, quand ils sont dessinés sur le sable. Ils font souvent référence au corps dont on s'éloigne " en partant vers l'espace libre ". Pour les Touaregs, écrire c'est " représenter la parole ".

 


Posture habituelle pour une écriture brève sur le sol.

Exemple  d'écritures sur le sable
Les colonnes de signes verticales sont alignées de part et d'autre de la première. La colonne de signes ainsi tracée s'arrête quand le bras tendu, arrivant au bout de sa course, ne pourra porter la main plus loin. Le corps bascule en avant et participe à la trajectoire du mouvement graphique. Puis, après un retour à la position initiale, le graphiste trace une deuxième colonne de signes à droite ou à gauche de la première. Les quatre derniers signes de la colonne 2 ont été ajoutés après le tracé de la colonne 4.


 

1. awa näk Janin
2. tennät as tene-wa
3. ehulägh-in meddän-in
4. ehän Fransa.
c'est moi Janin
qui dis cette année
je salue là-bas les miens
(qui) sont en France.

 

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