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Naissance à
Taghit (Tighanimine)
en Aurès.
(Recto)
(Verso)
Premier disque chez
Polidor en 1973.
Premier contact avec la
production berbère en 1979.
Naissance de Dihya.
Naissance du mythe. La brèche est ouverte…
Biographie
Née
à Taghit, près de Tighanimine en Aurès – Algérie. Elle arrive en
France à l’âge de huit ans. Elle grandit baignée par l’ambiance de
fête que crée la présence de son père véritable discothèque
ambulante. Elle s’est mise à chanter sous les encouragements de la
famille, avant de prendre des cours de chant et de guitare. Elle ne
cesse de participer à des radios-crochets, où le plus souvent elle
occupe la première place. Son répertoire était exclusivement Fairouz,
Dalida et Enrico Macias. Un prêtre lui compose sa première chanson :
« Petit Lilas Blanc ». A Paris elle continue de chanter et à faire
les ouvertures des grandes vedettes notamment Georges Chelon avant
de travailler pour Sheila, ce qui lui ouvrait d’autres horizons.
Elle arrive à décrocher un contrat chez Polydor et ce fut sa
première rencontre avec les requins du métier. Elle perd ses droits
d’auteur sur son premier 45 tours qui eut un énorme succès à sa
sortie. Elle abandonne les poursuites contre ses producteurs après
trois années de lutte acharnée.
Vingt ans après
Avec la sortie de son
premier 45 tours, produit par Polydor, la jeune Zohra AISSAOUI
connut un franc succès et est agréablement surprise par l’accueil
que lui réserva l’Aurès. Jeune et idéaliste, la jeune chanteuse
découvre et assume son identité berbère. Elle devient pour tous
DIHYA. De nouveau le succès est là. Dihya creuse une brèche dans
cette muraille isolant l’Aurès du monde berbère. Le cri des chawis
retentit. Elle sacrifie tous ses acquis, car elle croit naïvement en
la sincérité de la mouvance culturelle d’alors qui se révéla par la
suite être un nid d’opportunistes charognards. Malgré d’alléchantes
propositions, elle refuse tout compromis. Dihya se retire.
Totalement ? Non, juste un recul pour voir venir. Elle constate que
le berbère à encore trahi les siens en plongeant dans le
rai-collage. A nouveau, la culture amazigh est salie, bafouée,
traînée dans la fange, noyée dans un torrent de vulgarité sans nom,
comme si notre culture était une danse non-stop. Cependant
l’Algérie est en flamme, sapée, minée dans ses fondements par la
vermine. Les cadavres en jonchaient le quotidien. Dihya en souffre.
Tous les projets sont reportés pour s’atteler à un travail
titanesque et coûteux. Chacun se surpasse et apporte son génie
créateur à l’œuvre. On n’a pas droit à l’erreur, l’enjeu est trop
important : faire s’effondrer une fois pour toute cette muraille de
préjugés, de mépris et de peur. Le résultat est là :
Un véritable hymne à la
liberté et à la démocratie, une leçon d’humilité pour tous, une voie
pour ceux de l’avenir, un héritage dont ils tireront leur fierté.
Dihya en est le chantre. Une poésie insoutenable de vérité, une
musique implacable de réalisme, des rythmes et des harmonies
complexes et pures et enfin une voix sublime.
“Pleure, ô pays bien-aime
!”
Dihya pleure et dit les
malheurs de son pays (Duma, Duma), elle est en colère et nous
parle de ce vent de folie qui s’acharne sur lui, fait de mort est de
désolation (Anis a yuγin),
de cette crue et de ces torrents de boue qui l’emportent (Dzayer
assa). Elle en fait un douloureux constat (Tameééut). Le
pays se vide, déserté par ses cadres (Afrux aziza). Elle nous
rappelle notre glorieux passé (Yugwerten). Ne peut-on donc
pas arrêter l’hémorragie ? On peut ! Affirme-t-elle. Pour cela il
nous faut retrouver notre quiétude et notre sérénité perdue (Iwal).
Iwal ! L’espoir ! Espoir qu’elle fait renaître avec toute cette
jeunesse qui préfère se battre en faisant revivre les cavaliers
numides, les cavaliers d’honneur (Imayen). Puis tout a coup
Dihya change de registre et nous surprend et nous étonne, son texte
se fait plus dramatique alors que sa musique n’en est que plus
légère, plus dansante, plus insouciante même (Drus).
Elle fait tourner en dérision ce quotidien de désolation et de
souffrance et nous dit son mépris de la puissance qu’apportent
l’argent et le pouvoir (Seppa Frink). Elle préfère se tourner
vers les générations futures et leur tisser un héritage dont ils
seront fiers. Elle ne cesse de nous rappeler que la liberté se
mérite (Ekker d ! Eker d ! a yelli). Nous ne voulons plus
revivre les années de guerre et de souffrance passées. Va-t-on faire
revivre les années noires de la villa Suzini ? Tout nous rappelle
ces sanguinaires tortionnaires à la gégène jusqu’aux cicatrices
encore béantes sur les visages et les paysages (Amekti d
uyemmen). L’artiste conclue en rendant hommage à un autre
artiste qui osa à une époque trouble, chanter les héros (Zerruqi).
Question: Pourquoi avoir
choisi la chanson “Rien de rien” d’Edith Piaf ?
Dihya: D’abord pour
rendre Edith Piaf aux berbères dont elle est issue et en suite pour
réhabiliter la chanson qui a été longtemps utilisée par les
tortionnaires lors des séances de “gégène” pour ne pas entendre le
cri de leurs victimes et peut-être pour isoler leur conscience.
http://www.dihya.net/index_dihya.htm
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DIHYA |
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MERE de
DIHYA |
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PERE DE
DIHYA |
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