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A PROPOS DE LA TRADUCTION DU CORAN EN TAMAZIGHT

traduction  effectuee en graphie tifinagh et latine

 

  Azul a Dda Ramdan,
  
  D’abord permettez moi de saluer l’éminent professeur de chimie que vous êtes. A l’instar de tous les étudiants de technologie à l'époque ou j'étais étudiant à Alger, je garde un très bon et lointain souvenir de votre fameux livre de Chimie Générale, et qui nous a fait tant aimé cette matière. Ensuite je tiens à vous remercier et à saluer du fond de mon coeur  vos efforts pour avoir mis à la disposition des lecteurs amazighs une traduction complète du Coran, et ce après tant d’années d’efforts. Et ainsi vous aurez superbement couper l’herbe sous le pied de ceux qui ont toujours utilisé l’argument coranique pour nous arabiser sous prétexte que le livre saint des musulmans est écrit dans la seule langue supposément être celle du dieu. Je suis d’autant plus content que la traduction est faite dans les deux systèmes de transcriptions tifinagh et latin. Et ainsi vous aurez répondu intelligemment à la provocation du pouvoir en place qui a ordonné la traduction d’une partie du
 coran en caractères arabes, et ce avec la complicité et le haut patronage du roi Fahd d’Arabie saoudite qui a assuré l’impression de la dite traduction. Ce qui m’a frappé encore plus en lisant la traduction algéro-saoudienne en question, se sont deux choses :
  
  
   les représentations approximatives, et      conçus à la va-vite, des nombreux sons amazighs comme les sons      emphatiques, labio-vélaires, occlusifs et spirants non existant en arabe.      Sachant que l’arabe possède 27 sons et le berbère 36. Donc il va falloir      bricoler 9 représentations différentes, sachant qu’aucun      pays/peuple/savant/chercheur arabe, et ce depuis 14 siècles, n’a fait une      étude/analyse, écrit un livre ou mis en place un institut, à l’image de      l’INALCO, pour étudier la problématique en question. Comme ça en paniquant      suite au phénomène d’évangélisation massive en Tamazgha, et dont la      conséquence première est la distribution des bibles entièrement écrites en      berbère académique, on décide de faire de même mais maladroitement.
  
  
   la traduction approximative utilise plus      de mots arabes qu’amazighs. Aucun effort n’a été fait pour puiser du riche      vocabulaire amazigh que nous trouvons facilement dans tout les      dictionnaires et les amawal(en) existants, ou à défaut chez nos vieilles      et vieux des montagnes.
  
 
 
  Pour argumenter le deuxième point, je vous invite à lire juste la Fatiha, traduite comme Lfattih’a au lieu de Taneldit, par fainéantise et paresse intellectuelle puisque ce n'est pas difficile. Ceci pour voir à quel point leur foi est mauvaise et surtout malsaine.  Pour ceux qui ne lisent pas l’arabe, voici comment elle est traduite :
  
  -         S yisem arebi derah’man derah’im.
  -         Aneh’med rebbi atnecker, ad netta id bab netxelqit.
  -         Dereh’man derah’im.
  -         Ass n lh’eq netta i d bab-is.
  -         Adkec’ kan ara ne3bed, ad kec’ kan i dam3iwen.
  -         Amla& abrid is’ewben,
  -         Abrid bwid’ i tne3med’ fellasen
  -         Mac’i d widak kisarfen, ne& wid mu3erqen iberdan
  -          Amin

 
 
  
  Vous voyez bien que 95% des mots sont en arabe. On dirait que c’est un islamiste kabyle d’Alger, qui ne connaît du kabyle que la structure grammaticale mais aucun vocabulaire de nos vieux ou vieilles femmes ou qui n’a jamais lu l’Amawal de Mammeri ou tout autre parmi les nombreux existants.  Si on compare l’excellente traduction partielle de Kamal Nait Zerrad, (que Vermondo a rappelé à juste titre) quel régal de le lire tellement les mots sont très bien recherchés et puisés du fin fond de Tamazight. Voici la Fatiha en question, version Zerrad, et je vous laisse le soin de comparer :
  
  -         S yisem n Yakuc Amellay Amnaha&
  -         Tamayt i Yakuc, mass n ume&rad
  -         Amellay amnaha&
  -         Agellid n wass n wes&an
  -         D kec’  i nettmudu, &ur-ek la ntetter tullin
  -         Welleh-a& s abrid ama&ud
  -         Abrid n wid imi tessugted' tinufa, ur d wid &ef i terfid'̣, ur d immunaf
  -         Amin

  
  Un autre exemple que j'ai choisi est le plus petit verset, El Ikhlas (Sincérité). Il est traduit par nos arabo baathistes, fraîchement convertis en tamazight, comme :
  
  A commencé par le titre, qui est : Qul Huwa Llahu Ah’ed (non seulement il est en arabe mais il ne reflète en rien le mot Sincérite, et ce toujours par paresse)
  
  -         S yisem arebi derah’man derah’im.
  -         Ina-sen ednetta id reb wah’des
  -         D netta ih’ug’en lxelq-is
  -         Ur d ilul ur is3i mmis
  -         H’ed ur yelli d lmetl-is

  
  Alors que nos frères amazighs du Souss (pour changer de Kamal Nait Zerrad), il traduisent El ikhlas par : Amuzzu
  
  -      S isem n Yakuc amellay amnaha& (Au nom de Dieu le clément et le  miséricordieux) misericordieux)
  -         Ini-d: Yakuc iga iyanen (Dit: Dieu est unique, ega= verbe être)
  -         Yakuc iga ama&lal (Le Dieu est éternel)
  -         Ur irew, ur it ittrew (Il n a pas engendré et il n a pas été engendré)
  -         D ur ili win ara igdun. (et n'a point d'égal).

  
  A noter que Yakuc est dieu, Amnaha& veut dire miséricordieux;  qui vient de Aha& = grâce, et le féminin est Tinaha&en (faveur gratuite, pardon, remise d'une peine).
 Amellay veut dire Bon, Clément; Compatissant (le féminin est Tamella qui est  bonté, compassion, piété, grâce; mais aussi peut signifier charme, harmonie, belle apparence. D’où la dérivée emel, qui est louer (faire louange).
 
 
  
  Est-ce que les arabo-baathistes ont fait ce minimum d’effort intellectuel au lieu de tricher, façon de dire que le vocabulaire des Amazighs, est non seulement très pauvre, mais surtout il est essentiellement Arabe, et d'ou l'origine Arabe des amazighs et la justification de l'hyothèse de la provenance de Yemen des imazighens. C’est la seule explication que je vois pour expliquer ces maladresses volontaires.
  
  Sinon l’autre explication que je vois est que le pouvoir central d’Alger, avec la complicité évidente des saoudiens, s’est précipité trop et sans une préparation préalable, suite à la donne d’évangélisation que j'ai évoqué préalablement. Ils ne s’attendaient pas à ce que les évangélistes investissent le terrain identitaire et utilisent la soif de tamazight dans la propagation de leur foi dans la langue de Massinissa alors qu’eux autres se sont contentés uniquement de celle de Omar Ibn El Khetab et des Qoreichs, en vue d’assimiler le peuple Amazigh à l’arabe en jouant sur la fibre religieuse et en profitant de la naïveté excessive des amazighs.
  
  Mais ils se sont réveillés tardivement, et tant mieux je dirais, et surtout maladroitement, si on compare leurs médiocres traductions à celle des bibles écrites en tamazight, et ce à tout point de vue.
  
  C’est mon point de vue, et pour finir, j’espère que la traduction de Dda Ramdane, puisque je n’ai pas encore une copie, est a l’image de celle partielle de Kamal Nait Zerrad ou complète de nos frères du Maroc. Ce dont je ne doute nullement connaissant la maîtrise de la langue kabyle et la force du verbe de Dda Ramdane. A ce titre j’apprécierai l’envoi d’un verset ou deux, aussi bien en Tifinagh qu’en Latin dans la mesure du possible, et ce en attendant d’acheter le livre en question qui a eu bonne presse. Pourquoi je vous ai demandé ce service, c’est au pour préparer un article sur le Coran et les autres livres saint en Tamazight dans Wikipedia à l'image de ceux en bas de ce message (Voir les liens), et que je vous invite à visiter et éventuellement en préparer d’autres sur d’autres sujets pour renforcer la wikipedia amazigh.
  
  
  Ger Tamawt (N.B.)
  
  A yitsurfet a Dda Remdan imi ik nuri& s tutlayt tafrans’is’t imi mac’i d yiwet n t&awsa i s3i& a ttidini& aken t walad’. Ulama mac’i d awez&i felli, lamaana b&i& kan ad &iwle& bwaken nu& tanumi s trumit i tuzel tira. Ma yeb&a Yilu (Yakuc) ad yas wass a n izmir a nettaru idlisen ne& imagraden s tmazi&t aken i nu& tanumi s yal tutlayt taberanit.
  
  Acu i twalad’ d&a di leqdic aki i xedme&, kec’ ih’emlen tamedyazt:
  
  http://incubator.wikimedia.org/wiki/Wp/kab/Sliman_%CE%A3azem
  
  http://incubator.wikimedia.org/wiki/Wp/kab/Ccix_Nuredin
  
  http://incubator.wikimedia.org/wiki/Wp/kab/Meksa_Abdelqader
  
  ne& wid ih’emlen addal (sport), walit:
  
  http://incubator.wikimedia.org/wiki/Wp/kab/Zinddin_Lyazid_Zidan
  
  http://incubator.wikimedia.org/wiki/Wp/kab/Addal
  
  
  Ar tuffat.
 
 Aitali  Qasi

 

RB  30308  moresco@berberescope.com
  
 



RAM <ocoram@gmail.com> wrote:                                  
Azul a gma, azul akw
 Ma ulac u&ilif ad ak en jawbe& s tmazi&t. D nettsat ay d tameslayt nne&, wur ts nessin a ts ih'fed'.
 Ihi d nek, s tidets, i d irran Leqwr'an ar tmazi&t taqbaylit. Lexbar' agi fki& in di Amazigh-net, 3 wagguren aya, iwakken d kunwi, d imenza, ar a iawed' usali.
 Nni& awen en belli amazrag Zyriab iâtt'el at id issufe&, axater' ur izmir ara a d iffe&, mebla ttsrih' une&laf n ddin.
 Ihi, ur telli "la collaboration avec le Ministère des Affaires religieuses". Nitni ssuf&en amur si Leqwr'an s tmazi&t s isekkilen n taâr'abt, maççi am win id nessufe&.nekwni.
 Acimi it id nessufe& ? Atas' n ssebbat. Ad ak en fke& snat isâan azal :
 Leqbayel ad sslen, s tmeslayt nnsen, ayen iwumi qqar'en "awal n R'ebbi".
 Tasekla tamazi&t a ttsawed' ar yal amkan, imi idlisen n ddin at'as iten iqqar'en.
 Qim di lehna
 RAM

 



 Le 21/01/07, Amenzu Amazigh <amenzu.amazigh@wanadoo.fr> a écrit :      azul,

Je m'adresse à RAM, s'il veut bien nous éclairer. Est-ce que Ramdane At Mensour, traducteur du Coran en tamazight dont parle La Tribune dans l'article ci-joint et Ramdane At Mensour (poète dont je connais et possède les  Isefra n at zik) sont les mêmes? Je n'avais pas fait attention à ce jour à l'auteur de l'illustration de la couverture de ce livre édité à compte d'auteur et que j'ai acheté à Paris, mais en y regardant de près aujourd'hui, je m'aperçois qu'elle est de Colette Ouahès Paulmier. Or le traducteur du Coran dont on parle ici se fait appeler Ouahas. Coïncidence, malgré une lettre de différence ? Merci de nous éclairer. Il y a d'autres coïncidences, comme la collaboration avec Youcef Nacib, mais j'espère que nous aurons un éclairage bientôt si possible. Tannemirt. Si la réponse est positive, j'aimerais savoir, bien sûr, l'intérêt de traduire le Coran dans le contexte actuel de tamazight, non pas partiellement pour des besoins académiques, mais intégralement en
 collaboration avec le ministère des Affaires religieuses de Bouteflika auquel est ainsi offerte l'occasion d'intensifier l'islamisation de la Kabylie?

amenzu

 



http://www.latribune-online.com/2001/divers.htm

 A l'initiative des éditions Zyriab  
Remdan At Mensur traduit le Coran en tamazight
Samedi 20 Janvier 2007
Par  Saliha Aouès
Le Coran en tamazight. Voilà un livre prestigieux, un travail laborieux, un ouvrage méritoire à plus d'un titre.
M. Remdan At Mensur, universitaire et professeur de chimie (plus connu sous le nom de M. Ouahas Remdan) s'y est attelé durant trois ans et demi pour livrer la traduction intégrale de tout le Coran. Une traduction du texte saint accomplie pour la première fois dans toute son entité. Ce projet, qui vient compléter les 46 langues dans lesquelles a été traduit le Coran, a été mené à terme grâce à une volonté plurielle, de longue haleine, réussie : celle des éditions Zyriab, de son propriétaire Youcef Nacib, qui ont initié cette traduction.  
Les 60 hizb (chapitres) y sont compilés avec minutie et qualité sur 491 pages, présentées en livre reliure, cartonné et cousu, dont les textes sont enrobés de lisérés, parfaitement ajustés. Pages doubles qui se font face, réparties équitablement entre une surface écrite en tifinagh, l'autre en caractères latins, pour en faciliter la compréhension. Ce très bel ouvrage, qui livre le saint Coran dans une traduction revue et corrigée par des érudits et des compétences et dans la religion et dans la langue amazighe, a été avalisé par le ministère des Affaires religieuses. L'institution s'est penchée à travers des commissions de lecture, de révision, compétentes en la matière, à superviser le contenu. Et a reconnu la valeur et la qualité de la traduction titanesque. Cette belle réalisation a été saluée par M. GhlamAllah, qui a rendu dans le livre un vibrant hommage à ceux qui ont conçu cet ouvrage.
Les éditions Zyriab en ont livré 1 000 exemplaires, pour une première impression faite à Tizi Ouzou. Une commande de cette ville, qui a épuisé l'ouvrage en en prenant une centaine, a déjà été écoulée. Le prix public est à 800 dinars et les Zyriab comptent reprendre une autre édition très bientôt. Car, comme le précise Noureddine Nacib, l'éditeur, «ce qui compte, ce n'est pas du tout de rentabiliser financièrement ce livre, mais de le présenter comme un ouvrage culturel, scientifique, intellectuel, qui participe à la vulgarisation du texte saint pour qu'il parvienne à toutes les couches sociales». C'est ainsi d'ailleurs qu'est en finition un autre projet de même envergure, qui livre cette fois-ci le Coran, toujours traduit en langue amazighe, en version arabe, à laquelle fait face le texte en tamazight mais transcrit en caractères arabes pour les autres communautés berbères du pays. A préciser que, jusque-là et concernant la traduction du Coran en tamazight, des tentatives
 avaient précédé celle de M. Remdan At Mensur, mais avaient toujours été partielles. Notamment, la première, de IBN Toumert, au XIIe siècle, transcrite en caractères arabes, parue au Maroc, celle ensuite de Kamel Naït Zerad, publiée en Europe, en 1998, dans une transcription en caractères latins ; puis celle en caractères arabes du Marocain Houcine Djouhadi, celle de Mohamed Haroun qui n'a pas fait l'objet de publication, ou encore celle du ministère des Affaires religieuses, ayant traduit seulement 13 hizb, et publiée en Arabie saoudite. Il est encore à signaler que l'ouvrage est accompagné d'un CD enregistré chez Universal Disque.    
 
S. A.

 

Date:  Mon, 22 Jan 2007 02:10:22 -0500 (EST)
De:   <bmaskat@yahoo.ca>
À:  RAM <ocoram@gmail.com>, Amenzu Amazigh <amenzu.amazigh@wanadoo.fr>
Cc:  Amazigh-Net <amazigh-net@yahoogroups.com>
Objet:  Re: [Amazigh-Net] traduction du Coran en tamazight, question à RAM
 
 

Tannemirt Hocine,

Un trés bel article, qui résume parfaitement la situation.
L'utilisation de la religion de Mahommet par les pouvoirs nord africains à des fins d'assimiliation du peuple amazigh à l'arabe, est l'arnaque la plus reussie de l'histoire de l'humanité. Des expressions comme nous sommes des berbères arabisés par l'islam, prononcés par des présidents d'états devraient faire pleurer leurs peuples  au lieu de faire semblant de se sentir à l'aise dans leur peaux d'assimilés par force.

C'est pour celà qu'il convient de saluer les initiatives historiques, à l'instar de leurs aïeuls les Berghwatis, de Kamal Nait Zerad, Lhusine Juhadi, et tout récemment Ramdan At Mansur, que je remercie au passage de m'avoir envoyé un échantillon de sa traduction en caractères Tifinagh et Latins.

Synthèse que j'ai tenu personnelement à compiler pour l'histoire en kabyle dans la Wikipedia kabyle, en préparation. Voir: http://incubator.wikimedia.org/wiki/Wp/kab/Leqran

Ar tayed,

R.B.

Azemz hocine <azemz2000@yahoo.fr> wrote:                                  
Azul,
  
        À l'évidence,  qu'il soit shiite ou sunnite, l'islam a été utilisé en Afrique du Nord comme vecteur de l'arabisation des Imazighen. La "sacralisation" de la langue arabe a toujours été, il est vrai même de nos jours, un subterfuge utilisé par les arabo-islamistes pour aliéner les musulmans non arabes. Une soft aliénation au point d'entendre un chef d'état dire que nous sommes "des berbères arabisés par l'Islam !", comme s'il y avait de quoi être fier de son aliénation, une espèce de légitimation de la perte de sa langue vernaculaire tamazight.
      Ce qui pose réellement problème c'est cette sacralisation de la langue arabe, et comme le dit si bien le Président du Congrès Mondial Amazigh : ..."Et l'amalgame entre la langue arabe érigée en langue «sacrée» du Coran et la religion musulmane est sciemment entretenu afin de culpabiliser les Berbères musulmans et de les  empêcher de s'opposer à l'arabisation, véhiculée par l'islam..." (http://www.harissa.com/D_forum/Autres/berberes.htm)
    
   Une des façons d'en finir avec cet amalgame serait la traduction du Coran en tamazight, comme l'avait fait au Xe siècle, le royaume des Barghwata (Maroc), et de défendre la laïcité qui a toujours caractérisé la Kabylie. Toutefois, la laïcité ne signifie pas l'interdiction aux gens de croire ou de pratiquer, mais la séparation de l'état et de la religion, la séparation de l'école de la religion, la multi-confessionalisme. N'oublions jamais qu'il y aura toujours des gens qui ont besoin de croire; le vide spirituel n'est pas la parade. Les "salafistes" ne s'engouffrent-ils pas déjà dans cette brèche ?
     Pour ceux qui appréhendent la traduction du coran en tamazight, il faut lire l'analyse d'Ibn Warraq : http://insoumission.wordpress.com/files/2006/07/ibn-warraq-a-savoir-avant-de-debattre-avec-un-musulman.pdf
     On sait que le pouvoir algérien, avait instauré en 1962, une arabisation obligatoire que l'écrivain algérien Mohamed Benrabah appelle un " totalitarisme politique". C'est selon lui, le "traumatisme linguistique" induit par cette arabisation qui est à l'origine de la tragédie algérienne (la décennie noire) qui a coûté la vie à plus de 200 000 algériens (voir: http://etudesafricaines.revues.org/document132.html).
    Les arguments de l'intraductibilité du Coran en tamazight ne résistent pas à l'exègèse, ni à la rationalité.   On peut lire dans "The Economist, February 13, 1999" une analyse fort intéressante concernant cette traduction du  Coran en tamazight (traduite par le Monde Berbère: http://www.mondeberbere.com/presse/CoranBerbere.htm)
  ..." Le Coran a été traduit en plus de 40 langues. La Turquie, le Pakistan, l'Indonésie et l'Iran ont tous leurs versions nationales, accompagnées de leurs interprétations. Les Berbères du Maroc, non. Au Xe siècle, le royaume des Barghwata traduisit son Coran en berbère. Mais les Barghwata furent vaincus par les "puritains" sunnites. Ces derniers, les accusant d'apostasie, firent brûler toutes les copies du Coran berbère. Il n'en reste que des fragments, conservés dans des musées occidentaux.
  L’absence de Coran berbère aide à comprendre pourquoi le Maroc (et l'Algérie) fait partie du monde arabe, contrairement à l'Iran ou à la Turquie, par exemple. Depuis que les Arabes ont islamisé l'Afrique, il y a mille quatre cents ans, une élite arabophone, investie du pouvoir d'interpréter la  parole d'Allah, domine la population berbère. Et les autorités entendent bien voir cette situation perdurer. Des sources proches du ministère des Affaires islamiques affirment que la publication de ce Coran berbère sera probablement interdite...".
  
   C'est probablement ces considérations qui avaient incité le grand militant kabyle Mohamed Haroun, décédé des suites des tortures subies dans les goeles du pouvoir arabo-islamiste algérien, à traduire le coran en tamazight (non publiée).  L’ouvrage publié en 1998 par Kamal Naït Zerrad est l’une des rares publications (graphie latine)de traduction du Coran en langue berbère avec celle du professeur soussi marocain Johadi Lhoucine (graphie arabe) en 1999.  Kabyle.com a déjà publié un article sur la traduction http://www.kabyle.com/Lexique-religieux-berbere-et,3458.html
     Récemment, poursuivant son  prosélitisme et son ethnocide en Kabylie, le pouvoir algérien a financé avec l'aide de l'Arabie Saoudite une tentative de traduction en tamazight (50% de mots en arabe) en utilisant la graphie ostentatoire arabe.  Cette publication du ministère des Affaires religieuses, ayant traduit seulement 13 hizb, et publiée en Arabie saoudite a été distribué en 10 000 exemplaires.
  
     Par ailleurs, à l’initiative des éditions Zyriab, Remdan At Mensur vient de traduire le Coran en tamazight en utilisant la graphie latine et le tifinagh. Certains critiques restent sceptiques, voir même opposés, à cette traduction. Ainsi, un texte alarmiste paru dans le site du MAK se demande "qui peut croire que cela arrêtera l’arabisation ?" (voir: http://www.makabylie.info/?breve1193).
      Notons enfin, qu'une traduction fidèle du Coran dans n'importe quelle langue soulève encore bien  des questions et exige la maîtrise non seulement de l'arabe des Qoreichs mais aussi de l'araméen, du syriaque..., car semble t-il, le Coran originale était écrit dans un arabe qui a emprunté des mots à ces langues là.
  
    En effet dans l'exégèse coranique de la mosquée de Paris, on peut lire :
    ..." Le Coran fut révélé en langue arabe, mais qui dit langue arabe dit en réalité deux groupes linguistiques synthétiques, l'un en usage dans l'Arabie du Sud ou groupe qahtanide, l'autre parlé en Arabie centrale et au Nord de l'Arabie, ou groupe muzarite. De chaque groupe, au reste, dérivaient des dizaines de dialectes ayant chacun sa propre sémantique, ses propres structures morphologiques, ses mots rares (shawâz), ses formes de pluriel, ses règles d'accord verbal et de déclinaison. Mais la précellence au point de vue pureté, était et sera plus tard, pour les philologues, la langue des bédouins de l'Arabie centrale, en  particulier le parler des Hawâzin qui nomadisaient ordinairement dans le voisinage de Tâ'if...".
        Le journaliste Roger-Pol Droit rapporte dans Le Monde du 06.05.03 (http://www.maison-issa.com/coran.html),le travail de l'Allemand Christoph Luxenberg sur la langue du Coran..." Ce philologue maîtrise l'arabe, littéral et dialectal, mais aussi le syriaque et "l'arabo-syriaque", langue largement répandue vers les VIe et VIIe siècles. Et il s'est demandé en quelle langue exactement était rédigé le Coran.
L'interrogation peut surprendre. En arabe, évidemment. Mais quel arabe ? La difficulté vient du fait que les plus anciens manuscrits connus ne comportent que l'écriture des consonnes. C'est plus tard, sans qu'on sache d'ailleurs au juste ni quand ni comment, que furent inventés les systèmes de points pour noter les voyelles et permettre ainsi de distinguer des termes s'écrivant  de manière identique mais se prononçant différemment. Ces hésitations sont bien connues, mais le savant fait un pas de plus en tentant de lire à partir du vocabulaire arabo-syriaque certains des passages obscurs du "Livre clair". Les résultats sont étonnants...Et si Luxenberg avait raison, le Coran n'aurait été d'abord qu'un lectionnaire (sens du terme en syriaque), une sorte de manuel destiné à expliquer la Bible, et non à la remplacer !...". C'est exactement la thèse d'EM Gallez qui est ici explicitée par oral, sur la radio quebecquoise en ligne "rockik" ici : http://www.rockik.com/fr/ cite
 explicitement EM Gallez.

 
Date:  Wed, 31 Jan 2007 08:57:23 -0500 (EST)
De:   <bmaskat@yahoo.ca>
À:  Azemz hocine <azemz2000@yahoo.fr>, portail@kabyle.com, amazigh-net@yahoogroups.com
Objet:  Re: [Amazigh-Net] De la traduction du coran en tamazight

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