traduction
effectuee en graphie tifinagh et latine
Azul a Dda Ramdan,
D’abord permettez moi de saluer l’éminent professeur de chimie que
vous êtes. A l’instar de tous les étudiants de technologie à
l'époque ou j'étais étudiant à Alger, je garde un très bon et
lointain souvenir de votre fameux livre de Chimie Générale, et qui
nous a fait tant aimé cette matière. Ensuite je tiens à vous
remercier et à saluer du fond de mon coeur vos efforts pour avoir
mis à la disposition des lecteurs amazighs une traduction complète
du Coran, et ce après tant d’années d’efforts. Et ainsi vous aurez
superbement couper l’herbe sous le pied de ceux qui ont toujours
utilisé l’argument coranique pour nous arabiser sous prétexte que le
livre saint des musulmans est écrit dans la seule langue supposément
être celle du dieu. Je suis d’autant plus content que la traduction
est faite dans les deux systèmes de transcriptions tifinagh et
latin. Et ainsi vous aurez répondu intelligemment à la provocation
du pouvoir en place qui a ordonné la traduction d’une partie du
coran en caractères arabes, et ce avec la complicité et le haut
patronage du roi Fahd d’Arabie saoudite qui a assuré l’impression de
la dite traduction. Ce qui m’a frappé encore plus en lisant la
traduction algéro-saoudienne en question, se sont deux choses :
les représentations approximatives, et conçus à la va-vite,
des nombreux sons amazighs comme les sons emphatiques,
labio-vélaires, occlusifs et spirants non existant en arabe.
Sachant que l’arabe possède 27 sons et le berbère 36. Donc il va
falloir bricoler 9 représentations différentes, sachant
qu’aucun pays/peuple/savant/chercheur arabe, et ce depuis 14
siècles, n’a fait une étude/analyse, écrit un livre ou mis en
place un institut, à l’image de l’INALCO, pour étudier la
problématique en question. Comme ça en paniquant suite au
phénomène d’évangélisation massive en Tamazgha, et dont la
conséquence première est la distribution des bibles entièrement
écrites en berbère académique, on décide de faire de même mais
maladroitement.
la traduction approximative utilise plus de mots arabes
qu’amazighs. Aucun effort n’a été fait pour puiser du riche
vocabulaire amazigh que nous trouvons facilement dans tout les
dictionnaires et les amawal(en) existants, ou à défaut chez nos
vieilles et vieux des montagnes.
Pour argumenter le deuxième point, je vous invite à lire juste la
Fatiha, traduite comme Lfattih’a au lieu de Taneldit, par
fainéantise et paresse intellectuelle puisque ce n'est pas
difficile. Ceci pour voir à quel point leur foi est mauvaise et
surtout malsaine. Pour ceux qui ne lisent pas l’arabe, voici
comment elle est traduite :
- S yisem arebi derah’man derah’im.
- Aneh’med rebbi atnecker, ad netta id bab netxelqit.
- Dereh’man derah’im.
- Ass n lh’eq netta i d bab-is.
- Adkec’ kan ara ne3bed, ad kec’ kan i dam3iwen.
- Amla& abrid is’ewben,
- Abrid bwid’ i tne3med’ fellasen
- Mac’i d widak kisarfen, ne& wid mu3erqen iberdan
- Amin
Vous voyez bien que 95% des mots sont en arabe. On dirait que
c’est un islamiste kabyle d’Alger, qui ne connaît du kabyle que la
structure grammaticale mais aucun vocabulaire de nos vieux ou
vieilles femmes ou qui n’a jamais lu l’Amawal de Mammeri ou tout
autre parmi les nombreux existants. Si on compare l’excellente
traduction partielle de Kamal Nait Zerrad, (que Vermondo a rappelé à
juste titre) quel régal de le lire tellement les mots sont très bien
recherchés et puisés du fin fond de Tamazight. Voici la Fatiha en
question, version Zerrad, et je vous laisse le soin de comparer :
- S yisem n Yakuc Amellay Amnaha&
- Tamayt i Yakuc, mass n ume&rad
- Amellay amnaha&
- Agellid n wass n wes&an
- D kec’ i nettmudu, &ur-ek la ntetter tullin
- Welleh-a& s abrid ama&ud
- Abrid n wid imi tessugted' tinufa, ur d wid &ef i terfid'̣,
ur d immunaf
- Amin
Un autre exemple que j'ai choisi est le plus petit verset, El
Ikhlas (Sincérité). Il est traduit par nos arabo baathistes,
fraîchement convertis en tamazight, comme :
A commencé par le titre, qui est : Qul Huwa Llahu Ah’ed (non
seulement il est en arabe mais il ne reflète en rien le mot
Sincérite, et ce toujours par paresse)
- S yisem arebi derah’man derah’im.
- Ina-sen ednetta id reb wah’des
- D netta ih’ug’en lxelq-is
- Ur d ilul ur is3i mmis
- H’ed ur yelli d lmetl-is
Alors que nos frères amazighs du Souss (pour changer de Kamal Nait
Zerrad), il traduisent El ikhlas par : Amuzzu
- S isem n Yakuc amellay amnaha&
(Au nom de Dieu le clément et le miséricordieux)
misericordieux)
- Ini-d: Yakuc iga iyanen (Dit: Dieu est unique, ega=
verbe être)
- Yakuc iga ama&lal (Le Dieu est éternel)
- Ur irew, ur it ittrew (Il n a pas engendré et il n a pas
été engendré)
- D ur ili win ara igdun. (et n'a point d'égal).
A noter que Yakuc est dieu, Amnaha& veut dire miséricordieux; qui
vient de Aha& = grâce, et le féminin est Tinaha&en (faveur gratuite,
pardon, remise d'une peine).
Amellay veut dire Bon, Clément; Compatissant (le féminin est
Tamella qui est bonté, compassion, piété, grâce; mais aussi peut
signifier charme, harmonie, belle apparence. D’où la dérivée emel,
qui est louer (faire louange).
Est-ce que les arabo-baathistes ont fait ce minimum d’effort
intellectuel au lieu de tricher, façon de dire que le vocabulaire
des Amazighs, est non seulement très pauvre, mais surtout il est
essentiellement Arabe, et d'ou l'origine Arabe des amazighs et la
justification de l'hyothèse de la provenance de Yemen des imazighens.
C’est la seule explication que je vois pour expliquer ces
maladresses volontaires.
Sinon l’autre explication que je vois est que le pouvoir central
d’Alger, avec la complicité évidente des saoudiens, s’est précipité
trop et sans une préparation préalable, suite à la donne
d’évangélisation que j'ai évoqué préalablement. Ils ne s’attendaient
pas à ce que les évangélistes investissent le terrain identitaire et
utilisent la soif de tamazight dans la propagation de leur foi dans
la langue de Massinissa alors qu’eux autres se sont contentés
uniquement de celle de Omar Ibn El Khetab et des Qoreichs, en vue
d’assimiler le peuple Amazigh à l’arabe en jouant sur la fibre
religieuse et en profitant de la naïveté excessive des amazighs.
Mais ils se sont réveillés tardivement, et tant mieux je dirais,
et surtout maladroitement, si on compare leurs médiocres traductions
à celle des bibles écrites en tamazight, et ce à tout point de vue.
C’est mon point de vue, et pour finir, j’espère que la traduction
de Dda Ramdane, puisque je n’ai pas encore une copie, est a l’image
de celle partielle de Kamal Nait Zerrad ou complète de nos frères du
Maroc. Ce dont je ne doute nullement connaissant la maîtrise de la
langue kabyle et la force du verbe de Dda Ramdane. A ce titre
j’apprécierai l’envoi d’un verset ou deux, aussi bien en Tifinagh
qu’en Latin dans la mesure du possible, et ce en attendant d’acheter
le livre en question qui a eu bonne presse. Pourquoi je vous ai
demandé ce service, c’est au pour préparer un article sur le Coran
et les autres livres saint en Tamazight dans Wikipedia à l'image de
ceux en bas de ce message (Voir les liens), et que je vous invite à
visiter et éventuellement en préparer d’autres sur d’autres sujets
pour renforcer la wikipedia amazigh.
Ger Tamawt (N.B.)
A yitsurfet a Dda Remdan imi ik nuri& s tutlayt tafrans’is’t imi
mac’i d yiwet n t&awsa i s3i& a ttidini& aken t walad’. Ulama mac’i
d awez&i felli, lamaana b&i& kan ad &iwle& bwaken nu& tanumi s
trumit i tuzel tira. Ma yeb&a Yilu (Yakuc) ad yas wass a n izmir a
nettaru idlisen ne& imagraden s tmazi&t aken i nu& tanumi s yal
tutlayt taberanit.
Acu i twalad’ d&a di leqdic aki i xedme&, kec’ ih’emlen tamedyazt:
RAM <ocoram@gmail.com> wrote:
Azul a gma, azul akw
Ma ulac u&ilif ad ak en jawbe& s tmazi&t. D nettsat ay d tameslayt
nne&, wur ts nessin a ts ih'fed'.
Ihi d nek, s tidets, i d irran Leqwr'an ar tmazi&t taqbaylit.
Lexbar' agi fki& in di Amazigh-net, 3 wagguren aya, iwakken d kunwi,
d imenza, ar a iawed' usali.
Nni& awen en belli amazrag Zyriab iâtt'el at id issufe&, axater' ur
izmir ara a d iffe&, mebla ttsrih' une&laf n ddin.
Ihi, ur telli "la collaboration avec le Ministère des Affaires
religieuses". Nitni ssuf&en amur si Leqwr'an s tmazi&t s isekkilen n
taâr'abt, maççi am win id nessufe&.nekwni.
Acimi it id nessufe& ? Atas' n ssebbat. Ad ak en fke& snat isâan
azal :
Leqbayel ad sslen, s tmeslayt nnsen, ayen iwumi qqar'en "awal n R'ebbi".
Tasekla tamazi&t a ttsawed' ar yal amkan, imi idlisen n ddin at'as
iten iqqar'en.
Qim di lehna
RAM
Le 21/01/07, Amenzu Amazigh <amenzu.amazigh@wanadoo.fr> a écrit :
azul,
Je m'adresse à RAM, s'il veut bien nous éclairer. Est-ce que Ramdane
At Mensour, traducteur du Coran en tamazight dont parle La Tribune
dans l'article ci-joint et Ramdane At Mensour (poète dont je connais
et possède les Isefra n at zik) sont les mêmes? Je n'avais pas fait
attention à ce jour à l'auteur de l'illustration de la couverture de
ce livre édité à compte d'auteur et que j'ai acheté à Paris, mais en
y regardant de près aujourd'hui, je m'aperçois qu'elle est de
Colette Ouahès Paulmier. Or le traducteur du Coran dont on parle ici
se fait appeler Ouahas. Coïncidence, malgré une lettre de différence
? Merci de nous éclairer. Il y a d'autres coïncidences, comme la
collaboration avec Youcef Nacib, mais j'espère que nous aurons un
éclairage bientôt si possible. Tannemirt. Si la réponse est
positive, j'aimerais savoir, bien sûr, l'intérêt de traduire le
Coran dans le contexte actuel de tamazight, non pas partiellement
pour des besoins académiques, mais intégralement en
collaboration avec le ministère des Affaires religieuses de
Bouteflika auquel est ainsi offerte l'occasion d'intensifier
l'islamisation de la Kabylie?
A l'initiative des éditions Zyriab
Remdan At Mensur traduit le Coran en tamazight
Samedi 20 Janvier 2007
Par Saliha Aouès
Le Coran en tamazight. Voilà un livre prestigieux, un travail
laborieux, un ouvrage méritoire à plus d'un titre.
M. Remdan At Mensur, universitaire et professeur de chimie (plus
connu sous le nom de M. Ouahas Remdan) s'y est attelé durant trois
ans et demi pour livrer la traduction intégrale de tout le Coran.
Une traduction du texte saint accomplie pour la première fois dans
toute son entité. Ce projet, qui vient compléter les 46 langues dans
lesquelles a été traduit le Coran, a été mené à terme grâce à une
volonté plurielle, de longue haleine, réussie : celle des éditions
Zyriab, de son propriétaire Youcef Nacib, qui ont initié cette
traduction.
Les 60 hizb (chapitres) y sont compilés avec minutie et qualité sur
491 pages, présentées en livre reliure, cartonné et cousu, dont les
textes sont enrobés de lisérés, parfaitement ajustés. Pages doubles
qui se font face, réparties équitablement entre une surface écrite
en tifinagh, l'autre en caractères latins, pour en faciliter la
compréhension. Ce très bel ouvrage, qui livre le saint Coran dans
une traduction revue et corrigée par des érudits et des compétences
et dans la religion et dans la langue amazighe, a été avalisé par le
ministère des Affaires religieuses. L'institution s'est penchée à
travers des commissions de lecture, de révision, compétentes en la
matière, à superviser le contenu. Et a reconnu la valeur et la
qualité de la traduction titanesque. Cette belle réalisation a été
saluée par M. GhlamAllah, qui a rendu dans le livre un vibrant
hommage à ceux qui ont conçu cet ouvrage.
Les éditions Zyriab en ont livré 1 000 exemplaires, pour une
première impression faite à Tizi Ouzou. Une commande de cette ville,
qui a épuisé l'ouvrage en en prenant une centaine, a déjà été
écoulée. Le prix public est à 800 dinars et les Zyriab comptent
reprendre une autre édition très bientôt. Car, comme le précise
Noureddine Nacib, l'éditeur, «ce qui compte, ce n'est pas du tout de
rentabiliser financièrement ce livre, mais de le présenter comme un
ouvrage culturel, scientifique, intellectuel, qui participe à la
vulgarisation du texte saint pour qu'il parvienne à toutes les
couches sociales». C'est ainsi d'ailleurs qu'est en finition un
autre projet de même envergure, qui livre cette fois-ci le Coran,
toujours traduit en langue amazighe, en version arabe, à laquelle
fait face le texte en tamazight mais transcrit en caractères arabes
pour les autres communautés berbères du pays. A préciser que,
jusque-là et concernant la traduction du Coran en tamazight, des
tentatives
avaient précédé celle de M. Remdan At Mensur, mais avaient toujours
été partielles. Notamment, la première, de IBN Toumert, au XIIe
siècle, transcrite en caractères arabes, parue au Maroc, celle
ensuite de Kamel Naït Zerad, publiée en Europe, en 1998, dans une
transcription en caractères latins ; puis celle en caractères arabes
du Marocain Houcine Djouhadi, celle de Mohamed Haroun qui n'a pas
fait l'objet de publication, ou encore celle du ministère des
Affaires religieuses, ayant traduit seulement 13 hizb, et publiée en
Arabie saoudite. Il est encore à signaler que l'ouvrage est
accompagné d'un CD enregistré chez Universal Disque.
Re: [Amazigh-Net]
traduction du Coran en tamazight, question à RAM
Tannemirt Hocine,
Un trés bel article, qui résume parfaitement la situation.
L'utilisation de la religion de Mahommet par les pouvoirs nord
africains à des fins d'assimiliation du peuple amazigh à l'arabe,
est l'arnaque la plus reussie de l'histoire de l'humanité. Des
expressions comme nous sommes des berbères arabisés par l'islam,
prononcés par des présidents d'états devraient faire pleurer leurs
peuples au lieu de faire semblant de se sentir à l'aise dans leur
peaux d'assimilés par force.
C'est pour celà qu'il convient de saluer les initiatives
historiques, à l'instar de leurs aïeuls les Berghwatis, de Kamal
Nait Zerad, Lhusine Juhadi, et tout récemment Ramdan At Mansur,
que je remercie au passage de m'avoir envoyé un échantillon de sa
traduction en caractères Tifinagh et Latins.
À l'évidence, qu'il soit shiite ou sunnite, l'islam a été
utilisé en Afrique du Nord comme vecteur de l'arabisation des
Imazighen. La "sacralisation" de la langue arabe a toujours été,
il est vrai même de nos jours, un subterfuge utilisé par les
arabo-islamistes pour aliéner les musulmans non arabes. Une soft
aliénation au point d'entendre un chef d'état dire que nous sommes
"des berbères arabisés par l'Islam !", comme s'il y avait de quoi
être fier de son aliénation, une espèce de légitimation de la
perte de sa langue vernaculaire tamazight.
Ce qui pose réellement problème c'est cette sacralisation de
la langue arabe, et comme le dit si bien le Président du Congrès
Mondial Amazigh : ..."Et l'amalgame entre la langue arabe érigée
en langue «sacrée» du Coran et la religion musulmane est sciemment
entretenu afin de culpabiliser les Berbères musulmans et de les
empêcher de s'opposer à l'arabisation, véhiculée par l'islam..."
(http://www.harissa.com/D_forum/Autres/berberes.htm)
Une des façons d'en finir avec cet amalgame serait la
traduction du Coran en tamazight, comme l'avait fait au Xe siècle,
le royaume des Barghwata (Maroc), et de défendre la laïcité qui a
toujours caractérisé la Kabylie. Toutefois, la laïcité ne signifie
pas l'interdiction aux gens de croire ou de pratiquer, mais la
séparation de l'état et de la religion, la séparation de l'école
de la religion, la multi-confessionalisme. N'oublions jamais qu'il
y aura toujours des gens qui ont besoin de croire; le vide
spirituel n'est pas la parade. Les "salafistes" ne
s'engouffrent-ils pas déjà dans cette brèche ?
Pour ceux qui appréhendent la traduction du coran en
tamazight, il faut lire l'analyse d'Ibn Warraq :
http://insoumission.wordpress.com/files/2006/07/ibn-warraq-a-savoir-avant-de-debattre-avec-un-musulman.pdf
On sait que le pouvoir algérien, avait instauré en 1962, une
arabisation obligatoire que l'écrivain algérien Mohamed Benrabah
appelle un " totalitarisme politique". C'est selon lui, le
"traumatisme linguistique" induit par cette arabisation qui est à
l'origine de la tragédie algérienne (la décennie noire) qui a
coûté la vie à plus de 200 000 algériens (voir:
http://etudesafricaines.revues.org/document132.html).
Les arguments de l'intraductibilité du Coran en tamazight ne
résistent pas à l'exègèse, ni à la rationalité. On peut lire
dans "The Economist, February 13, 1999" une analyse fort
intéressante concernant cette traduction du Coran en tamazight
(traduite par le Monde Berbère:
http://www.mondeberbere.com/presse/CoranBerbere.htm)
..." Le Coran a été traduit en plus de 40 langues. La Turquie,
le Pakistan, l'Indonésie et l'Iran ont tous leurs versions
nationales, accompagnées de leurs interprétations. Les Berbères du
Maroc, non. Au Xe siècle, le royaume des Barghwata traduisit son
Coran en berbère. Mais les Barghwata furent vaincus par les
"puritains" sunnites. Ces derniers, les accusant d'apostasie,
firent brûler toutes les copies du Coran berbère. Il n'en reste
que des fragments, conservés dans des musées occidentaux.
L’absence de Coran berbère aide à comprendre pourquoi le Maroc
(et l'Algérie) fait partie du monde arabe, contrairement à l'Iran
ou à la Turquie, par exemple. Depuis que les Arabes ont islamisé
l'Afrique, il y a mille quatre cents ans, une élite arabophone,
investie du pouvoir d'interpréter la parole d'Allah, domine la
population berbère. Et les autorités entendent bien voir cette
situation perdurer. Des sources proches du ministère des Affaires
islamiques affirment que la publication de ce Coran berbère sera
probablement interdite...".
C'est probablement ces considérations qui avaient incité le
grand militant kabyle Mohamed Haroun, décédé des suites des
tortures subies dans les goeles du pouvoir arabo-islamiste
algérien, à traduire le coran en tamazight (non publiée).
L’ouvrage publié en 1998 par Kamal Naït Zerrad est l’une des
rares publications (graphie latine)de traduction du Coran en
langue berbère avec celle du professeur soussi marocain Johadi
Lhoucine (graphie arabe) en 1999. Kabyle.com a déjà publié un
article sur la traduction
http://www.kabyle.com/Lexique-religieux-berbere-et,3458.html
Récemment, poursuivant son prosélitisme et son ethnocide en
Kabylie, le pouvoir algérien a financé avec l'aide de l'Arabie
Saoudite une tentative de traduction en tamazight (50% de mots en
arabe) en utilisant la graphie ostentatoire arabe. Cette
publication du ministère des Affaires religieuses, ayant traduit
seulement 13 hizb, et publiée en Arabie saoudite a été distribué
en 10 000 exemplaires.
Par ailleurs, à l’initiative des éditions Zyriab, Remdan At
Mensur vient de traduire le Coran en tamazight en utilisant la
graphie latine et le tifinagh. Certains critiques restent
sceptiques, voir même opposés, à cette traduction. Ainsi, un texte
alarmiste paru dans le site du MAK se demande "qui peut croire que
cela arrêtera l’arabisation ?" (voir:
http://www.makabylie.info/?breve1193).
Notons enfin, qu'une traduction fidèle du Coran dans
n'importe quelle langue soulève encore bien des questions et
exige la maîtrise non seulement de l'arabe des Qoreichs mais aussi
de l'araméen, du syriaque..., car semble t-il, le Coran originale
était écrit dans un arabe qui a emprunté des mots à ces langues
là.
En effet dans l'exégèse coranique de la mosquée de Paris, on
peut lire :
..." Le Coran fut révélé en langue arabe, mais qui dit langue
arabe dit en réalité deux groupes linguistiques synthétiques, l'un
en usage dans l'Arabie du Sud ou groupe qahtanide, l'autre parlé
en Arabie centrale et au Nord de l'Arabie, ou groupe muzarite. De
chaque groupe, au reste, dérivaient des dizaines de dialectes
ayant chacun sa propre sémantique, ses propres structures
morphologiques, ses mots rares (shawâz), ses formes de pluriel,
ses règles d'accord verbal et de déclinaison. Mais la précellence
au point de vue pureté, était et sera plus tard, pour les
philologues, la langue des bédouins de l'Arabie centrale, en
particulier le parler des Hawâzin qui nomadisaient ordinairement
dans le voisinage de Tâ'if...".
Le journaliste Roger-Pol Droit rapporte dans Le Monde du
06.05.03 (http://www.maison-issa.com/coran.html),le
travail de l'Allemand Christoph Luxenberg sur la langue du
Coran..." Ce philologue maîtrise l'arabe, littéral et dialectal,
mais aussi le syriaque et "l'arabo-syriaque", langue largement
répandue vers les VIe et VIIe siècles. Et il s'est demandé en
quelle langue exactement était rédigé le Coran.
L'interrogation peut surprendre. En arabe, évidemment. Mais quel
arabe ? La difficulté vient du fait que les plus anciens
manuscrits connus ne comportent que l'écriture des consonnes.
C'est plus tard, sans qu'on sache d'ailleurs au juste ni quand ni
comment, que furent inventés les systèmes de points pour noter les
voyelles et permettre ainsi de distinguer des termes s'écrivant
de manière identique mais se prononçant différemment. Ces
hésitations sont bien connues, mais le savant fait un pas de plus
en tentant de lire à partir du vocabulaire arabo-syriaque certains
des passages obscurs du "Livre clair". Les résultats sont
étonnants...Et si Luxenberg avait raison, le Coran n'aurait été
d'abord qu'un lectionnaire (sens du terme en syriaque), une sorte
de manuel destiné à expliquer la Bible, et non à la remplacer
!...". C'est exactement la thèse d'EM Gallez qui est ici
explicitée par oral, sur la radio quebecquoise en ligne "rockik"
ici :
http://www.rockik.com/fr/ cite
explicitement EM Gallez.