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Chérifa Kerfit : chant
Aziz Aarim : lotar
Raho El Moussaoui : bendir
Salah Maroufi : bendir
« C’est une voix puissante, rugueuse,
suraiguë… Celle des chanteuses berbères imazighen du Moyen-Atlas, au
Maroc. (…) on reste, longtemps après l’avoir écouté, hanté par ce chant
antique, fait pour traverser les montagnes, venu du tréfonds de l’âme. » -
E. Azoulay - Télérama - Décembre 2000
Originaire de Khenifra, la petite ville à la couleur ocre des montagnes
avoisinantes, Chèrifa peut paraître, aux premiers abords, austère voire
masculine. Sa vie de chanteuse professionnelle lui confère un autre mode
de vie, un autre statut que celui des femmes marocaines traditionnelles.
Les Cheikhats possèdent un statut ambigu : femmes libres, elles sont en
mêmes temps les porteuses d’une parole qui appartient à la communauté et
qui révèle les pensées cachées de chaque être.
Dans le « tamawayt » le genre chanté berbère du Moyen-Atlas, elle déclame
les paroles des poètes de village, accompagnée du luth « lotar » d’Aziz
Aarim, musicien d’une rare fi nesse et dont le jeu nous évoque les
couleurs orientales et les teintes africaines de la musique berbère.
Les chants de Chèrifa se concluent souvent par le rythme de l’ahidous, la
danse et le chant communautaire des villages du Moyen-Atlas.
Dans l’Ahidous originel, le poète pénétrait au centre d’un cercle humain
aussi bien masculin que féminin pour déclamer un point de vue qui pouvait
être contredit en-suite par un autre membre du village. Les chœurs des
danseurs acquiesçaient par un jeu de formules responsoriales lors de fêtes
qui pouvaient durer plus de 4 heures.
L’énergie de ces danses catalysée par le raïs pour la musique et le
rythme, et le ma’llem pour l’organisation de la danse, entretient un rôle
unifi cateur au sein du village.
Appelé berbère par les anciens conquérants grecs et romains qui nommaient
ainsi tous ceux qui ne parlaient pas leur langue, ce peuple revendique
aujourd’hui une réelle identité culturelle et linguistique. Sa langue
d’origine karito-sémitique, donc relativement proche de l’arabe, se
subdivise en différents groupes, du dialecte touareg à celui chaoui des
montagnes de l’Aures, du Imazighen du Moyen-Atlas, la langue de Chérifa,
au chleuh du Haut et de l’Anti-Atlas.
Aujourd’hui les berbères tentent d’adapter à leurs dialectes respectifs
l’écriture touareg. Ce sont eux qui, de par leur noblesse « barbare », ont
forgé, par leur em-preinte, la musique marocaine d’aujourd’hui.
Alain Weber (avec la participation de Lahsen
Hira)
Cherifa
KERSIT en concert a la cite de la musique

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