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- Maroc : Le Réseau Amazighe Pour La Citoyenneté (Azetta) appelle à l’instauration d’une institution autonome pour la promotion de la civilisation amazighe à la place de l’IRCAM. 

28 mars 2006
IRCAM - Polémique amazighophone

Le Réseau Amazighe Pour La Citoyenneté (Azetta) appelle à l’instauration d’une institution autonome pour la promotion de la civilisation amazighe à la place de l’IRCAM. 

L’Institut Royal de la culture amazighe aura terminé ses quatre ans d’existence au mois de juin prochain. Date à laquelle devraient être renouvelées les instances de l’Institut et ce sera alors l’heure pour ses dirigeants de rendre des comptes. Azetta (réseau amazighe pour la citoyenneté), l’une des associations radicales du mouvement amazighe, dirigé par Ahmed Arehmouch, a déjà cloué au pilori l’IRCAM. Il l’accuse d’être derrière la situation défavorable dans laquelle se trouve la culture amazighe aujourd’hui.


 

Il a même appelé à la création d’une nouvelle « institution nationale autonome et active capable d’assurer la protection et la promotion de la langue, la culture et la civilisation amazighes ». C’est à cette fin que le Réseau a organisé, le 18 mars, un débat sur la question en soumettant aux participants une proposition de loi pour la création d’une nouvelle institution « autonome » qui remplacerait l’IRCAM. En plus de quelques militants du mouvement amazighe, Azetta a invité à ce débat des membres du conseil d’administration de l’IRCAM, notamment Ahmed Aâssid, l’un des penseurs du mouvement amazighe et membre du conseil d’administration de l’IRCAM. Ils ont défendu leur institution et ont expliqué les réalisations de l’Institut Royal de la culture amazighe. Les détracteurs de l’IRCAM lui reprochent le manque de transparence dans ses activités, le manque d’initiatives politiques, le manque d’équilibre entre les attributions dévolues aux autorités publiques et les attributions dévolues à l’Institut dans le dahir de sa création... En fait, une partie du mouvement amazighe reproche surtout aux membres du conseil d’administration d’avoir renoncé au militantisme afin de « siéger confortablement » au sein de l’IRCAM. Pour se défendre et défendre ses collègues, Ahmed Assid a souligné que le mouvement amazigh ne devrait pas opérer à partir du même front, il devrait travailler dans la complémentarité. Pour lui, l’évaluation des actions de l’IRCAM ne doit pas se faire en fonction du dahir de sa création mais à la lumière de ses réalisations. Il a essayé de convaincre ses opposants que l’action à partir de l’Institut royal est un acquis vu les circonstances actuelles et surtout « en raison de la faiblesse du mouvement amazighe et des moyens dont il dispose. Mais aussi en raison de l’absence d’alliés forts comme les partis politiques ou la société civile. S’ajoutent à cela la faible efficience du mouvement amazighe et l’échec de son regroupement en 1997 suite à la dislocation de son conseil national... De même la culture amazighe risque de disparaître d’autant plus que plus de 90 % des berbères ne parlent plus la langue amazighe », a-t-il souligné. Selon lui, il fallait agir « en tenant compte du pragmatisme politique » et l’IRCAM offrait cette opportunité étant donné que le mouvement amazigh n’a pas encore la force d’imposer une réforme constitutionnelle. Il a appelé les amazighes à ne pas faire « une fixation sur l’IRCAM et à travailler dans la complémentarité chacun à partir de son front (institutionnel et associatif). Son appel ne semble pas avoir eu d’échos auprès des membres d’Azetta qui ont souligné que l’IRCAM est une institution qui ne répond pas à leurs attentes et qu’ils présenteront, quand même, en juin prochain, leur projet de réforme de l’IRCAM.

Brahim Mokhliss

    Source : Lereporter.ma

 

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