Le Réseau Amazighe Pour La Citoyenneté (Azetta) appelle à l’instauration
d’une institution autonome pour la promotion de la civilisation amazighe
à la place de l’IRCAM.
L’Institut Royal de la culture amazighe aura terminé ses quatre ans
d’existence au mois de juin prochain. Date à laquelle devraient être
renouvelées les instances de l’Institut et ce sera alors l’heure pour
ses dirigeants de rendre des comptes. Azetta (réseau amazighe pour la
citoyenneté), l’une des associations radicales du mouvement amazighe,
dirigé par Ahmed Arehmouch, a déjà cloué au pilori l’IRCAM. Il l’accuse
d’être derrière la situation défavorable dans laquelle se trouve la
culture amazighe aujourd’hui.
Il a même appelé à la création d’une nouvelle « institution nationale
autonome et active capable d’assurer la protection et la promotion de la
langue, la culture et la civilisation amazighes ». C’est à cette fin que
le Réseau a organisé, le 18 mars, un débat sur la question en soumettant
aux participants une proposition de loi pour la création d’une nouvelle
institution « autonome » qui remplacerait l’IRCAM. En plus de quelques
militants du mouvement amazighe, Azetta a invité à ce débat des membres
du conseil d’administration de l’IRCAM, notamment Ahmed Aâssid, l’un des
penseurs du mouvement amazighe et membre du conseil d’administration de
l’IRCAM. Ils ont défendu leur institution et ont expliqué les
réalisations de l’Institut Royal de la culture amazighe. Les détracteurs
de l’IRCAM lui reprochent le manque de transparence dans ses activités,
le manque d’initiatives politiques, le manque d’équilibre entre les
attributions dévolues aux autorités publiques et les attributions
dévolues à l’Institut dans le dahir de sa création... En fait, une
partie du mouvement amazighe reproche surtout aux membres du conseil
d’administration d’avoir renoncé au militantisme afin de « siéger
confortablement » au sein de l’IRCAM. Pour se défendre et défendre ses
collègues, Ahmed Assid a souligné que le mouvement amazigh ne devrait
pas opérer à partir du même front, il devrait travailler dans la
complémentarité. Pour lui, l’évaluation des actions de l’IRCAM ne doit
pas se faire en fonction du dahir de sa création mais à la lumière de
ses réalisations. Il a essayé de convaincre ses opposants que l’action à
partir de l’Institut royal est un acquis vu les circonstances actuelles
et surtout « en raison de la faiblesse du mouvement amazighe et des
moyens dont il dispose. Mais aussi en raison de l’absence d’alliés forts
comme les partis politiques ou la société civile. S’ajoutent à cela la
faible efficience du mouvement amazighe et l’échec de son regroupement
en 1997 suite à la dislocation de son conseil national... De même la
culture amazighe risque de disparaître d’autant plus que plus de 90 %
des berbères ne parlent plus la langue amazighe », a-t-il souligné.
Selon lui, il fallait agir « en tenant compte du pragmatisme politique »
et l’IRCAM offrait cette opportunité étant donné que le mouvement
amazigh n’a pas encore la force d’imposer une réforme constitutionnelle.
Il a appelé les amazighes à ne pas faire « une fixation sur l’IRCAM et à
travailler dans la complémentarité chacun à partir de son front
(institutionnel et associatif). Son appel ne semble pas avoir eu d’échos
auprès des membres d’Azetta qui ont souligné que l’IRCAM est une
institution qui ne répond pas à leurs attentes et qu’ils présenteront,
quand même, en juin prochain, leur projet de réforme de l’IRCAM.
Brahim Mokhliss
Source :
Lereporter.ma